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Coronavirus : l’épidémie s’aggrave en Iran et progresse en Italie

Le coronavirus continue sa propagation à l’extérieur de la Chine, berceau de l’épidémie. La prolifération du virus est particulièrement rapide et meurtrière en Iran, où en moins d’une semaine 15 personnes sont mortes.

Un employé portant un masque désinfecte un sanctuaire. Deux religieux sont assis par terre et étudient.

Un employé désinfecte le sanctuaire de Masumeh, à Qom, une ville sainte chiite qui attire pèlerins et théologiens du monde entier.

Photo : AFP / Getty Images / Mehdi Marizad

Radio-Canada

Le président iranien, Hassan Rohani, a appelé au calme, après que les autorités eurent annoncé mardi trois nouveaux décès dus à l'épidémie de pneumonie virale.

Deux des victimes étaient des femmes âgées et la troisième, un malade qui recevait des soins spéciaux, a indiqué l’agence officielle Irna.

Le vice-ministre iranien de la Santé, Iraj Harirchi, a lui-même contracté la maladie. Lors d'une conférence de presse lundi avec le porte-parole du gouvernement, il a toussé plusieurs fois et paraissait transpirer.

J'avais de la fièvre la nuit dernière et les tests préliminaires se sont révélés positifs vers minuit.

Iraj Harirchi, le vice-ministre iranien infecté par le coronavirus

Un autre politicien, le député réformiste Mahmoud Sadégui, a aussi annoncé être infecté. J'ai peu d'espoir pour ma survie, a-t-il écrit sur Twitter.

Face à la progression foudroyante du virus en Iran, qui a contaminé 95 personnes dans le pays, selon le dernier bilan officiel, des équipes sanitaires ont été déployées pour désinfecter les espaces publics.

Des événements religieux prévus à Qom, ville sainte chiite et épicentre de l’épidémie, ont été suspendus le temps de désinfecter les lieux.

Le pays est encore à la recherche de l'origine du virus sur son territoire. Le ministre de la Santé, Saïd Namaki, a toutefois affirmé qu'une des personnes mortes à Qom était un commerçant local ayant effectué plusieurs voyages en Chine.

Les derniers chiffres

  • 79 331 cas confirmés à travers le monde
  • 77 262 cas confirmés en Chine (en comptant Hong Kong et Macao), dont 2595 morts
  • 96 % des décès et 83 % des cas confirmés en Chine sont répertoriés dans la province de Hubei
  • 2069 cas confirmés ailleurs dans le monde, dont 23 morts
  • Les principaux foyers de contamination hors de Chine sont en Corée du Sud (763 cas), au Japon (144), en Italie (124), à Singapour (89) et en Iran (43)
  • 695 passagers du bateau de croisière Diamond Princess ont contracté le COVID-19, soit 61 de plus que la veille
  • L’Autriche et la Croatie ont signalé des premiers cas mardi. L’Italie, touchée dans le nord, recense un premier cas au sud de Rome, en Sicile.
  • Le Canada recense officiellement 10 cas, soit 4 en Ontario, et 6 en Colombie-Britannique (un 7e  reste à être confirmé)

Les Émirats arabes unis ont suspendu mardi tous les vols en provenance et à destination de l'Iran pour une semaine renouvelable. Selon l'Autorité générale de l'aviation civile, cette suspension concerne les vols de passagers comme les avions-cargos.

Les Émirats arabes unis ont enregistré 13 cas de personnes contaminées par le virus, dont trois ont guéri. Les deux cas d'infection les plus récents sont ceux de deux ressortissants iraniens de 70 et 64 ans.

Le royaume de Bahreïn a aussi signalé six nouveaux cas de coronavirus mardi. Toutes ces personnes revenaient d'Iran, selon l'agence de presse officielle.

À Washington, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a appelé l'Iran à dire la vérité sur la propagation de la maladie. Ces propos font écho à ceux d'un député ultraconservateur iranien, qui a accusé lundi les autorités iraniennes de masquer la réalité.

Les États-Unis sont profondément préoccupés par les informations indiquant que le régime iranien aurait caché des détails vitaux sur l'épidémie dans ce pays. Tous les pays, y compris l'Iran, doivent dire la vérité sur le coronavirus et coopérer avec les organisations d'aide internationale.

Mike Pompeo, secrétaire d'État américain

La maladie continue de progresser en Italie

Quatre autres Italiens sont morts après avoir contracté le COVID-19, ont annoncé mardi les autorités du pays. Les victimes sont trois octogénaires qui vivaient en Lombardie, la région la plus touchée du pays, et une septuagénaire de la Vénétie.

Le nombre de cas est passé à 322, soit 93 de plus que la veille, a précisé le chef de la Protection civile italienne, Angelo Borrelli. Il n'y en avait que 6 vendredi dernier.

La grande majorité des malades se trouvent dans le nord de l'Italie, mais de nouveaux cas ont été détectés mardi dans le centre du pays, en Toscane, et dans le sud, en Sicile.

Malgré la hausse des cas, les pays voisins de l'Italie se sont engagés à garder ouvertes leurs frontières, car les fermer serait une erreur et disproportionnée, a annoncé mardi le ministre de la Santé, Roberto Speranza.

Plus tôt dans la journée, le premier ministre italien Giuseppe Conte a critiqué la gestion d'un hôpital pour expliquer la propagation rapide du virus dans le nord du pays.

Il y a eu une gestion au niveau d'une structure hospitalière pas complètement appropriée [...] et cela a certainement contribué à la diffusion de [l'épidémie].

Giuseppe Conte, premier ministre italien

La petite ville de Codogno, située à 60 km au sud de Milan, a été identifiée comme étant le foyer de l’épidémie. Les autorités croient que le patient à l’origine de la propagation du COVID-19 en Lombardie est un cadre de 38 ans.

Selon les médias, le patient 1 a contaminé sa femme, enceinte de huit mois, et d'autres proches. Il aurait aussi transmis la maladie à plusieurs médecins et infirmiers qui l'ont examiné.

Afin d'endiguer la propagation du virus, les autorités ont pris les grands moyens. Le gouvernement confine depuis samedi soir plus de 50 000 habitants de 11 communes du nord du pays.

Nouvelle mise en garde d'Ottawa

Prenant acte de plusieurs cas de propagation communautaire du COVID-19 dans le nord de l'Italie, Ottawa a invité certains voyageurs à envisager de reporter leur voyage. L'avertissement vise les personnes âgées et les personnes dont le système immunitaire est affaibli ou les personnes souffrant de problèmes médicaux sous-jacents, puisqu'elles présentent un risque plus élevé de développer une maladie grave.

Le transporteur Air Canada a aussi annoncé qu'il prolongeait la suspension de ses vols vers Pékin et Shanghai jusqu'au 10 avril prochain.

Depuis l'Italie, la maladie essaime en Europe

Plusieurs voisins de l'Italie et des pays d'Europe se préparent à une possible épidémie du COVID-19 sur leur territoire.

En Autriche, les autorités ont annoncé avoir détecté deux premiers cas de la maladie. Il s'agit d'un couple d'Italiens originaires de la Lombardie qui étaient arrivés dans le pays vendredi dernier. Ils sont hospitalisés à Innsbruck.

Les autorités autrichiennes ont par la suite mis en quarantaine un hôtel d'Innsbruck. Selon des médias, une réceptionniste italienne y aurait été contaminée par le coronavirus.

Une porte-parole du gouvernement du Tyrol a refusé d'identifier l'établissement, mais selon des médias autrichiens, il s'agit du Grand Hotel Europa, un établissement de 108 chambres dans le centre-ville.

La Croatie a annoncé mardi son premier cas de coronavirus. Le premier ministre croate a indiqué qu'un jeune homme, revenu récemment d'Italie, avait contracté la pneumonie virale.

La Suisse a également confirmé son premier malade mardi. Il s'agit d'un homme de 70 ans qui a contracté la maladie dans le canton du Tessin, à la frontière avec l'Italie.

La personne infectée était en Italie il y a une dizaine de jours et a participé à un événement près de Milan, a indiqué le ministère de la Santé de la Confédération dans un communiqué, sans préciser de quel événement il s'agit.

Les autorités sanitaires de la Catalogne ont aussi rapporté qu'une femme de 36 ans a contracté la maladie après avoir séjourné dans le nord de l'Italie.

Il s'agit du quatrième cas diagnostiqué en Espagne, mais le premier à être déclaré par le pays sur le continent européen. D'autres cas autres cas avaient précédemment été rapportés aux Canaries et à Majorque.

Des centaines de touristes sont d'ailleurs confinés dans un hôtel sur l'île espagnole de Tenerife, dans les Canaries. Les autorités régionales craignent qu’un Italien qui a séjourné dans cet établissement soit porteur du coronavirus.

Le premier test de dépistage de ce vacancier s'est révélé positif, a annoncé le ministère espagnol de la Santé, qui attend maintenant les résultats d'un second test.

Deux nouveaux cas de COVID-19 ont aussi été confirmés en France, portant le bilan à 14 dans le pays. Les deux nouveaux malades sont une Chinoise revenue de Chine et un Français revenant d'un séjour en Lombardie.

La progression de la maladie en Europe continue de plomber les marchés. D'importantes baisses ont de nouveau été enregistrées mardi à Paris (- 1,94 %), Londres (- 1,94 %) et Francfort (-1,88 %). Les marchés nord-américains suivent le même mouvement.

200 000 membres d'une secte testés

En Corée du Sud, l'un des principaux foyers de l'épidémie en dehors de la Chine, les autorités ont décidé d’imposer un dépistage aux 200 000 membres d'une secte, soupçonnée d'être à l'origine de la flambée du nouveau coronavirus dans le pays.

Selon les derniers chiffres officiels, 977 personnes ont contracté la pneumonie virale et 10 malades sont morts en Corée du Sud.

Près de sept cas sur dix sont liés à la secte chrétienne Shincheonji, qui appartient au messie autoproclamé Lee Man-hee. Une membre de la secte de 61 ans, connue sous le nom de patient 31, est suspectée d’être à l’origine de nombreuses contaminations.

Des travailleurs portant un masque et une combinaison marchent dans un marché, à Séoul.

Des travailleurs de l'association antiparasitaire de Corée nettoient un marché, à Séoul, pour empêcher la propagation du coronavirus.

Photo : AFP / Getty Images / Jung Yeon-Je

Les membres de la secte, critiqués pour avoir dans un premier temps refusé de se soumettre à des tests de dépistage, ont été placés en quarantaine par le Centre de contrôle et dépistage des maladies.

Le président sud-coréen Moon Jae-in s'est rendu mardi à Daegu, dans le sud de la péninsule, où se trouve le siège de la secte. Qualifiant la situation de très grave, il a prévenu que la semaine à venir serait capitale pour combattre le virus.

Les autorités ont testé lundi 13 000 personnes et devaient en examiner 12 500 autres mardi. Le bureau du premier ministre souhaite que les membres de la secte subissent des tests de dépistage dans les plus brefs délais afin de contenir la propagation du virus et réduire l'inquiétude publique.

Avec les informations de Agence France-Presse, et REUTER

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