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Autochtones : les manifestations et les blocages se multiplient au pays

Une dizaine de personnes sont assises près de tentes installées sur les rails.

Des policiers surveillent des manifestants qui bloquent le chemin de fer à Hamilton, le 25 février 2020.

Photo : The Canadian Press / Frank Gunn

Radio-Canada

Au lendemain du démantèlement du barrage ferroviaire sur le territoire mohawk de Tyendinaga, en Ontario, les Autochtones poursuivent leurs manifestations en soutien à des chefs héréditaires wet'suwet'en qui s'opposent au projet de gazoduc Coastal GasLink. Au Québec, en Ontario et en Colombie-Britannique, ils continuent de bloquer des voies ferrées ou manifestent tout près des chemins de fer.

Marc Miller, ministre fédéral des Services aux Autochtones, a réitéré mardi en début d’après-midi qu’Ottawa travaille à la « désescalade » du conflit entre la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et les chefs héréditaires wet'suwet'en en Colombie-Britannique.

Quant aux chefs, on ne connaît pas leurs intentions pour le moment.

Le ministre dit que le gouvernement essaie toujours de trouver un accord avec eux relativement à leurs demandes pour que la GRC évacue totalement leur territoire. Les agents fédéraux ont quitté un avant-poste sur une route d'accès au projet de gazoduc Coastal GasLink, vendredi, un geste insuffisant aux yeux des chefs héréditaires, puisque la GRC patrouille toujours sur le territoire wet’suwet’en.

Il n'était pas question d'enlever la GRC de ce territoire de 22 000 kilomètres carrés, mais bel et bien de ce centre [...] qui causait pour les chefs héréditaires cette friction, a répété le ministre, estimant que c'est là la seule demande des chefs wet'suwet'en et de tous ceux qui bloquent voies ferrées et routes pour leur venir en appui.

Sinon, Marc Miller a mentionné les discussions tenues lundi entre la GRC en Colombie-Britannique et les chefs pour expliquer son optimisme. La réunion a eu lieu. Je ne suis pas en mesure de vous en dévoiler le contenu et la conclusion, a-t-il dit.

La crise continue ainsi de retenir l'attention à Ottawa, où l'opposition a encore une fois, mardi, mis de la pression sur le gouvernement Trudeau pour qu'il règle le dossier.

Lors de la période des questions en Chambre, on a eu droit à quelques flèches envoyées aux différents ministres concernés ainsi, bien sûr, qu'au premier ministre.

Est-ce que le gouvernement peut considérer autre chose que ce qui a mené à l’échec? Est-ce qu’on peut demander une suspension temporaire des interventions policières? Est-ce que le premier ministre peut mettre son popotin ministériel dans un avion et aller en Colombie-Britannique avec les ministres régler ça par la négociation, s’il vous plaît?, a notamment demandé le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

Pas de trains entre Toronto et l'Est

Mardi après-midi, donc, les trains ne circulent toujours pas entre Toronto et l'est du pays, un corridor crucial pour l'économie canadienne. Sur le territoire de Tyendinaga, près de Belleville, en Ontario, un premier train a roulé, lundi soir, vers 18 h 30, mais depuis, c'est le calme plat sur les rails, selon nos informations.

C'est que, tout juste après la reprise du service ferroviaire, des manifestants ont jeté un pneu sur les voies et y ont mis le feu.

Un pneu brûle sur les voies du CN à Tyendinaga, près de Belleville, en Ontario, lundi vers 19 h.

Un pneu brûle sur les voies du CN à Tyendinaga, près de Belleville, en Ontario, lundi vers 19 h.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Mardi matin, une poignée de manifestants étaient de retour dans le secteur autour de la barricade qui a été démantelée la veille. Ils sont entourés de nombreux policiers de la Police provinciale de l’Ontario (PPO) qui montent la garde et font respecter l'injonction. Le contingent des forces de l'ordre est de plus petite taille que celui de lundi.

Si le camp principal est démantelé, une présence mohawk subsiste toutefois dans un deuxième camp non loin, où une barrière de béton a été installée sur les rails. Il y avait environ cinq manifestants mohawks sur la route près des voies mardi matin.

Les arrestations de la veille parmi les manifestants de Tyendinaga ont aussi provoqué d'autres manifestations et barrages ailleurs en Ontario et au pays.

À Hamilton notamment, en banlieue de Toronto, une nouvelle barricade est apparue lundi soir, ce qui touche le service de train de banlieue GO de la grande région de Toronto. Le service est toujours suspendu partiellement, mardi après-midi, sur la ligne Lakeshore West, à l'ouest de la ville.

Les trains ne desservent pas non plus les gares de Niagara Falls et de St. Catharines.

À Caledonia, à une vingtaine de kilomètres au sud de Hamilton, une nouvelle barricade a aussi été dressée.

En Colombie-Britannique, l'entrée principale du port de Vancouver a été rouverte à la circulation de camions en fin d'après-midi après avoir été bloquée pendant près de 24 heures par une cinquantaine de manifestants.

Beaucoup d'entre eux avaient passé la nuit dans des sacs de couchage près de Clark Drive et de la rue Hastings Est. Une autre entrée du port était toutefois demeurée ouverte à la circulation.

Le port avait obtenu une injonction de la Cour suprême de la Colombie-Britannique le 9 février. C'est le Service de police de Vancouver qui s'est rendu sur place pour la faire respecter mardi. Six personnes ont été arrêtées.

Dans le nord de la province la nuit dernière, à New Hazelton, la GRC a arrêté sept manifestants qui bloquaient les voies ferrées du Canadien National. Mardi après-midi, les trains circulaient de nouveau.

Un autre groupe de manifestants a passé la nuit sur les marches du parlement, à Victoria, et ils étaient toujours présents en après-midi mardi. Ils souhaitent symboliquement empêcher l'entrée, et des agents du Service de police de Victoria sont sur place. Aucune arrestation n'est prévue pour l'instant.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Blocages : comment sortir de la crise?

Pendant ce temps, au Québec, le Canadien Pacifique a obtenu une injonction pour que soit démantelée la barricade dans la communauté mohawk de Kahnawake, au sud de Montréal. Ce blocage touche le service de train de banlieue de l'entreprise exo sur sa ligne 4 entre Candiac et Montréal, interrompue depuis le 10 février.

À Sherbrooke, une vingtaine de manifestants cagoulés qui bloquaient la voie ferrée dans le secteur Lennoxville depuis 9 h 45 mardi matin ont finalement été arrêtés en milieu d'après-midi.

En Gaspésie, les Micmacs de Listuguj continuent leur blocage et mènent des actions sur la route 132. Le gouvernement du Québec, qui est propriétaire des rails, vient toutefois d'obtenir une injonction.

Avec les informations de La Presse canadienne

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