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L'Assemblée législative reprend ses travaux en Alberta

Plan large du Palais législatif de l'Alberta, en hiver.

L'Assemblée législative de l'Alberta reprendra ses travaux après une pause de plus de deux mois.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Mirna Djukic

Les travaux de l’Assemblée législative de l’Alberta reprendront sur les chapeaux de roues cette semaine, avec un nouveau budget qui sera déposé à peine deux jours après le Discours du Trône. Le premier ministre a déjà donné le ton, lundi, en annonçant un durcissement des peines contre les manifestants qui bloquent des voies ferrées.

Après avoir critiqué pendant des semaines « l’inaction » du gouvernement fédéral face aux barrages des voies ferrées en appui aux chefs héréditaires Wet’suwet’en, Jason Kenney veut passer à l’acte.

Le premier projet de loi qu’il déposera mardi imposera « de nouvelles et lourdes punitions à quiconque provoque une émeute ou cherche à perturber des infrastructures essentielles à l’économie, incluant les voies ferrées en Alberta ».

Il veut ainsi envoyer le message que « le gouvernement de l’Alberta est prêt à faire tout ce qu’il faut pour protéger notre futur économique [...]. Nous ne reculerons pas ».

Il maintient que c’est le manque d’initiative d’Ottawa à cet égard qui a poussé Teck Ressources à abandonner le mégaprojet minier Frontier. Le directeur général de la compagnie a aussi pointé du doigt l’incertitude créée par les désaccords entre les gouvernements et l’absence d’un cadre juridique qui « réconcilie le développement des ressources et les changements climatiques ».

Jason Kenney assure cependant que son gouvernement a contribué plus que sa part dans les négociations avec le fédéral à ce sujet.

Il prévoit que leurs relations seront encore plus difficiles au cours des prochains mois en raison de l’annulation du projet Frontier.

Réformes démocratiques à venir

Le gouvernement a également l’intention de déposer « dans les prochains jours » un projet de loi qui permettrait aux Albertains de déclencher des référendums sur des questions de politiques publiques s’ils récoltent un appui populaire suffisant.

« Si un nombre significatif d’Albertains considère qu’un enjeu est assez important, ils pourront le soumettre au vote », explique Jason Kenney.

Il affirme qu’il s’agit d’un morceau « de notre agenda plus large de réformes démocratiques pour donner plus de pouvoir aux Albertains ordinaires ». La plateforme électorale du Parti conservateur uni contenait quelques engagements en ce sens, incluant la tenue d’élections sénatoriales et une loi permettant aux citoyens de révoquer leurs députés. Ces deux mesures ont été adoptées l'automne dernier.

Par ailleurs, en novembre dernier, le ministère de la Justice a déclaré à un juge qu’il allait abroger ou modifier la Loi sur les finances électorales avant l’été. Cette loi impose certaines normes de transparence aux candidats et aux partis. Elle fixe aussi des plafonds de dépenses lors des élections.

Le gouvernement avait refusé de donner davantage de détails sur ses intentions à ce propos.

Un retour à l’équilibre budgétaire qui n’avance pas comme prévu

Quatre mois après avoir déposé son premier budget, le gouvernement devra répéter l'exercice, jeudi.

Selon le professeur en Économie et Politiques publiques de l’Université de Calgary Blake Shaffer, il n’aura pas le choix de revoir sa stratégie, s'il souhaite garder le cap vers l'équilibre budgétaire.

« L’économie ne s’est pas améliorée autant que ce qui était [... prévu en] octobre », explique-t-il.

Les cours du pétrole sur le marché international, entre autres, sont plus bas que prévu. Les projections du prix du baril pour les prochaines années ont chuté de presque 10 $ depuis octobre, selon l’expert. Il estime que ce facteur à lui seul pourrait faire augmenter le déficit de deux à trois milliards et que du coup, le plan pour atteindre le déficit zéro en 2022 a perdu beaucoup de crédibilité.

« Maintenant, ça sera peut-être impossible si on ne fait pas plus de réductions dans les dépenses », croit-il.

La seule autre solution, selon lui, serait une augmentation d’impôts ou une taxe de vente. Bien que cette mesure soit historiquement très impopulaire en Alberta, il remarque que les compressions budgétaires aussi commencent à causer de la grogne.

Il se demande si le gouvernement ne commencerait pas à l’envisager. Il sera à l’affût des signaux qui pourraient être envoyés à ce sujet dans le Discours du Trône.

La chef de l’opposition officielle, Rachel Notley, est cependant certaine que la seule chose à laquelle les Albertains devraient s’attendre c’est davantage de compressions.

« Je suis très inquiète que ça fasse du mal aux Albertains, que ce soit des aînés, des patients en milieu rural ou des enfants dans des classes surpeuplées », dit-elle, promettant du même souffle de s’y opposer férocement.

Les députés siégeront jusqu'au 4 juin.

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