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Un projet minier divise à Saint-Michel-des-Saints

Le BAPE tient la deuxième partie de son audience publique à propos du projet de Nouveau Monde Graphite.

Un groupe d'opposants tient une pancarte sur laquelle il est indiqué « Non! au projet minier ».

La Coalition des opposants à un projet minier en Haute-Matawinie privilégie des projets économiques récréotouristiques clairement orientés vers le respect de la beauté de la nature et de la tranquillité des lieux.

Photo : Radio-Canada / MATHIEU BELHUMEUR

Mathieu Belhumeur

L'entreprise Nouveau Monde Graphite souhaite exploiter un gisement de graphite à proximité du village de Saint-Michel-des-Saints, dans Lanaudière. Si certains estiment que ce projet créera de bons emplois dans la région, d'autres craignent son impact sur l'environnement.

C'est à bord d'une camionnette que le géologue Antoine Cloutier nous conduit à l'endroit où le gisement a été découvert par lui et son équipe en 2015.

Sur les lieux, il y a une pelle mécanique et un petit amoncellement de roches. Des roches qui semblent banales à première vue, mais pas aux yeux du géologue.

On le voit, c'est tout ce qui brille et qui est de couleur métallique, explique M. Cloutier en montrant de petites paillettes argentées qui scintillent dans la roche.

Une fois extrait, le graphite sert à bien d'autres choses que de fabriquer des mines de crayons. D'ici deux ans, la compagnie Nouveau Monde Graphite voudrait vendre sa production afin de fabriquer notamment des batteries destinées aux voitures électriques.

La durée de vie de la mine actuellement est de 25 ans, donc, on est certain qu'on est capable de combler au moins plusieurs années de vie de cette mine-là avec les besoins nécessaires pour les batteries lithium-ion, soutient le géologue.

Toutefois, avant d'en arriver à exploiter ce gisement, des étapes doivent être franchies.

Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) entendra, au cours des trois prochains jours, les gens qui veulent donner leur opinion au sujet de ce vaste projet de mine à ciel ouvert.

Un homme montre des roches dans lesquelles on retrouve du graphite.

Antoine Cloutier, géologue pour Nouveau Monde Graphite, explique que la compagnie a trouvé une méthode très sécuritaire pour emprisonner les déchets miniers et éviter toute contamination.

Photo : Radio-Canada / MATHIEU BELHUMEUR

Une bombe à retardement, soutiennent des opposants

Pour bien des villégiateurs, qui sont propriétaires de résidences secondaires à Saint-Michel-des-Saints, ce projet ne doit pas voir le jour.

Depuis sa résidence, qui donne directement sur le lac Taureau, Daniel Tokatélof, de l'Association pour la protection du Lac Taureau, a surtout peur des déchets miniers. Il redoute les millions de tonnes de déchets miniers prévus, dont une partie pose des risques de contamination acide.

On nous reproche peut-être de défendre la beauté du pays, mais on le fait aussi pour les enfants, petits-enfants et arrières-petits-enfants de tout le monde. Pas seulement les villégiateurs. Parce que les déchets vont rester là à perpétuité, au-dessus de nos têtes. Une véritable bombe à retardement, témoigne-t-il.

Un déversement prendrait sept heures à atteindre le lac Taureau. C'est dur pour nous de comprendre la construction d'une mine à ciel ouvert dans le bassin versant du lac. Nous, on considère le lac Taureau comme un joyau.

Gilles Cartier, président de l'Association pour la protection du Lac Taureau

Antoine Cloutier, géologue pour Nouveau Monde Graphite, explique que la compagnie a trouvé une méthode très sécuritaire pour emprisonner les déchets miniers et éviter toute contamination.

Il dit avoir pigé sur plusieurs autres projets, un peu partout dans le monde, des techniques pour en arriver à isoler les résidus miniers pour ne pas qu'ils s'oxydent et libèrent de l'acidité dans les eaux souterraines, les lacs ou les rivières.

Rien de rassurant, selon Daniel Tokatélof : On veut gérer les déchets d'une façon expérimentale, qui n'a jamais été prouvée dans le monde. Il y a un risque énorme à ça!

Le projet de Nouveau Monde Graphite

  • L'exploitation s'étendrait sur 26 ans;
  • Les coûts en capitaux pour la construction, l'exploitation et la fermeture de la mine sont évalués à 350 millions de dollars;
  • Le projet vise à produire 100 000 tonnes par année de graphite naturel en paillettes;
  • Le projet créera 160 emplois directs.
Un homme est assis derrière un bureau, sur lequel se trouve un ordinateur portable.

Réjean Gouin, le maire de Saint-Michel-des-Saints, est favorable au projet de Nouveau Monde Graphite.

Photo : Radio-Canada / MATHIEU BELHUMEUR

Des emplois promis qui garantissent « une saine économie », dit Réjean Gouin

Réjean Gouin, le maire de la petite municipalité de 2400 habitants, est favorable au projet. Il rappelle que le village a vu l’un de ses plus importants employeurs fermer ses portes en 2007. Il s'agissait de l'usine de panneaux à copeaux orientés Louisiana Pacific Canada. Près de 300 personnes avaient alors perdu leur emploi.

La mine est un projet de 350 millions de dollars et créerait environ 160 emplois, selon le promoteur.

D'avoir une diversité d'emplois, ça garantit une saine économie dans une communauté, affirme-t-il, assis derrière son bureau. Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas les surveiller!

Le maire fait toutefois confiance aux promoteurs. Il raconte avoir visité les installations d'une mine de graphite à Mont-Laurier et a été rassuré par ce qu'il a vu. Cette mine, qui n'est pas exploitée par Nouveau Monde Graphite, arrive à la fin de son cycle d'exploitation. Elle doit fermer d'ici 2021.

Les conclusions du BAPE sont attendues d'ici quelques mois. Le rapport sera ensuite soumis au gouvernement qui devra donner ou non son aval au projet.

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