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Les services en français à la GRC de Whitehorse font l’objet de plaintes officielles

Façade d'un édifice en hiver avec des drapeaux qui flottent au vent.

Le détachement de la Gendarmerie royale du Canada de Whitehorse compte présentement 13 employés bilingues,

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Claudiane Samson

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) fait l’objet de 20 plaintes au Commissariat aux langues officielles du pays pour ses communications avec le public et ses prestations de services. Deux de ses plaintes touchent le détachement de Whitehorse.

Il s’agit des deux premières plaintes depuis 2017, mais le problème existe depuis longtemps, selon la présidente de l’Association franco-yukonnaise, Jeanne Beaudoin.

Ça a toujours été une préoccupation parce que c'est un milieu où les clients sont souvent dans un état de vulnérabilité où la communication est extrêmement importante pour bien comprendre les enjeux [et] que les clients sachent ce qui les attend.

Jeanne Beaudoin, présidente de l'Association franco-yukonnaise

Impliquée depuis plus de 30 ans dans la communauté francophone, Jeanne Beaudoin, affirme qu’au fil des ans, le même type de plaintes ne fait que se répéter.

L'an dernier, un francophone qui devait se faire servir en français parce que son anglais n'était pas suffisant [...] a attendu 20 minutes et c'est un agent de la GRC qui a [dû faire] l'intermédiaire entre la réception et le francophone, alors on est loin de parler d'un service équivalent.

Un employé derrière une vitre recouverte d'une affiche.

La réception du détachement de la GRC de Whitehorse n'offre pas de service en français en tout temps, mais un employé bilingue est appelé en cas de besoin.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Plus récemment, un autre Franco-Yukonnais qui préfère garder l'anonymat pour des raisons professionnelles rapporte avoir attendu 25 minutes avec deux autres francophones qui eux aussi demandaient à se faire servir en français.

Le premier aurait obtenu l’aide d’un agent, les deux autres auraient été obligés d’accepter anglais.

En fin de compte, mes empreintes se sont faites en anglais uniquement. Tous les trois nous disions qu'il était inacceptable que dans la troisième juridiction la plus bilingue au Canada, il soit si difficile d'obtenir un service équivalent dans notre langue, note-t-il.

Selon le Commissariat aux langues officielles, les institutions fédérales doivent pouvoir accueillir les gens en français et en anglais, répondre au téléphone dans les deux langues et afficher des pancartes bilingues.

« On fait notre possible »

Au détachement de Whitehorse, le surintendant francophone en poste depuis novembre dernier, Chan Daktari Dara, répète que le personnel fait tout en son pouvoir pour trouver quelqu’un qui puisse répondre dans les plus brefs délais à une demande de services en français.

L’officier dénombre une douzaine d’employés bilingues au détachement de Whitehorse et affirme qu’une personne est soit en poste, soit sur appel à tout moment pour assister un francophone.

Chan Daktari Dara sourit à la caméra dans une salle de conférence.

Le surintendant Chan Daktari Dara est officier responsable des opérations criminelles de la Gendarmerie royale du Canada au Yukon depuis novembre 2019.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

S'il n'y a pas d'agent disponible, on va en chercher. Donc le service des fois n'est pas instantané, mais on va activement chercher. Et peut-être qu'il peut y avoir un léger délai.

Chan Daktari Dara, surintendant de la GRC de Whitehorse

La durée d’un délai acceptable toutefois n’est pas déterminée, selon le surintendant.

Quand on lui demande si 20 minutes d’attente sont acceptables, Chan Daktari Dara répond ceci : Je ne pourrais pas vous répondre si c'est acceptable ou pas, ça dépend des circonstances parce que si on a un appel urgent et tous les agents sont déployés, il n'y a personne dans le bureau, il faut attendre que la personne qui parle français revienne au bureau.

Service 911 d'une « extrême importance »

Jeanne Beaudoin affirme que la notion du délai est d’autant plus préoccupante en ce qui a trait au service d’urgence 911, un contrat octroyé par le gouvernement du Yukon, mais qui ne contient aucune clause concernant les services en français, selon le ministère de la Justice.

Au niveau de la GRC, on fait les plaintes au Commissariat aux langues officielles. Là où c'est peut-être un peu plus compliqué, c'est la question du 911 et j'ai l'impression qu'on joue encore la joute [entre] le niveau fédéral et le fédéral qui dit c’est de niveau territorial.

Jeanne Beaudoin croit que la seule solution possible en revient à la révision de la Loi sur les langues officielles réclamée par les organismes francophones.

[Il faut] créer une instance qui aurait du mordant, par exemple au Conseil du trésor, qui pourrait donner des sanctions aux ministères qui ne respectent pas leurs obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles.

Jeanne Beaudoin, présidente de l'Association franco-yukonnaise

La présidente entend poursuivre la discussion avec la Gendarmerie royale du Canada, qui tient tous les ans une table de concertation avec des organismes francophones.

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