•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Blocages ferroviaires : les producteurs exhortent Ottawa à agir pour limiter les pertes

En arrière-plan, des silos à grain, en avant-plan, de la machinerie agricole.

Les barricades sur les voies ferrées ont déjà créé un retard qu’il sera difficile à rattraper dans les prochains mois, selon Marc Hutlet.

Photo : Radio-Canada / Laïssa Pamou

Laïssa Pamou

Depuis le début des blocages des voies ferrées au Canada dans le cadre des manifestations contre le projet de gazoduc de Coastal GasLink en Colombie-Britannique, les producteurs agricoles perdent environ 9 millions de dollars chaque jour, selon la Western Grain Elevator Association.

Ces conséquences financières pourraient se poursuivre à moyen terme même après la libération des voies, d’après Marc Hutlet, le président d’une compagnie de distribution de grain située à Dufresne, au Manitoba.

L’entreprise de M. Hutlet revend du maïs et du soja provenant de fermiers manitobains, ontariens et américains. Il explique que les barricades sur les voies ferrées ont déjà créé un retard qu’il sera difficile de rattraper dans les prochains mois.

Comme les producteurs ne pourront pas vendre leurs produits à temps, il leur sera difficile de payer leur facture au printemps ou au début de l’été, d’après Marc Hutlet.

Au mois de juin, dans les années normales, la majorité des producteurs ont vendu beaucoup de leur récolte. Cette année, ça peut changer. C’est possible qu’au mois de juin on ne fasse que commencer s'il faut qu’on attende, dit-il.

Les inquiétudes des producteurs de grains sont partagées par les producteurs de porc comme Richard Prejet, selon qui, même si les conséquences financières ne sont pas encore enregistrées dans leur secteur, elles ne sauront tarder.

M. Prejet est dans l’industrie depuis 30 ans et exhorte le gouvernement fédéral à faire le nécessaire pour résoudre au plus vite cette crise qui bloque les voies ferroviaires.

Il faut terminer cette situation, dit-il. Il y a beaucoup de produits qui sont transportés par rail ici au Manitoba, au Canada et ce sont les produits qui rentrent dans les fermes.

Plan serré de deux porcs qui passent leur museau entre les barreaux de leur enclos.

Richard Prejet rappelle que les producteurs font déjà face à de nombreux problèmes liés au commerce international notamment avec la Chine et ne souhaitent pas en avoir davantage.

Photo : iStock

Il note que si rien n’est fait, les retards causés par les barrages installés sur les voies par des manifestants pourront également avoir des conséquences sur la réputation des producteurs canadiens à l’étranger.

On vend beaucoup de porcs à l’exportation. Alors les autres pays comptent sur nous, alors ça pourrait faire beaucoup de dommage à notre réputation si ça [le blocage des voies] continue, dit-il.

M. Prejet rappelle que les producteurs font déjà face à de nombreux problèmes liés au commerce international notamment avec la Chine et ne souhaitent pas en avoir davantage. On n’a pas besoin d’une autre chose qui nous cogne sur la tête, lance-t-il.

Ottawa cherche une solution pacifique

Lundi matin, le premier ministre Justin Trudeau a réuni d'urgence le Groupe d’intervention en cas d’incident, dont font partie, entre autres, les ministres de la Sécurité publique, Bill Blair, des Transports, Marc Garneau, et des Services aux Autochtones, Marc Miller.

Le gouvernement du Canada reste déterminé à trouver une solution pacifique et durable visant à mettre fin aux blocages d'une telle façon que la primauté du droit soit protégée et que la confiance et le respect entre toutes les parties concernées soient renforcés, indique le communiqué du bureau du premier ministre.

Avec des informations de Patrick Foucault

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Manitoba

Agriculture