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Coronavirus : des travailleurs de Montréal-Trudeau s'inquiètent pour leur santé

Malgré l’épidémie, Air China continue d’assurer une liaison directe entre Montréal et Pékin.

Des écrans indiquant le statut des arrivées et des départs, à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, à Montréal.

Les avions vont et viennent à Montréal-Trudeau, et ce, malgré l'épidémie de coronavirus.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L’ambiance est quelque peu tendue, ces jours-ci, à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal.

L’épidémie de coronavirus, qui ne cesse de prendre de l’ampleur, sème l’inquiétude au sein du personnel aéroportuaire, qui s’interroge sur le maintien des vols Montréal-Pékin par le transporteur Air China.

Je trouve ça vraiment étrange, parce que nous, on a suspendu tous nos vols, rappelle un employé d’Air Canada, qui a annoncé le 29 janvier dernier la suspension temporaire de toutes ses liaisons directes avec Pékin et Shanghai. Mais à quoi ça sert de faire ça si, de l’autre côté, la porte est ouverte?

Les travailleurs avec qui nous nous sommes entretenus, qui ont presque tous requis l’anonymat, se demandent aussi pourquoi l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ne contrôle pas systématiquement la température des voyageurs en provenance de l’Asie, comme c’est le cas dans plusieurs autres pays.

J’ai l’impression qu’on met ma vie en danger.

Un travailleur de l’aéroport Montréal-Trudeau

Pour se protéger, certains membres du personnel évitent même d’entrer en contact avec les voyageurs asiatiques qui circulent dans l’aéroport.

En tant que maman, je ne peux pas me permettre d’être malade, affirme une autre employée du service à la clientèle d’Air Canada, qui explique n’avoir droit qu’à un nombre limité de congés de maladie par année.

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Ces préoccupations liées à la santé sont partagées par le local 9554 du Syndicat des Métallos, qui représente les agents de contrôle préembarquement de la firme Securitas.

Ces agents, qui portent toujours des gants lorsqu’ils fouillent les bagages des voyageurs, ont obtenu l'autorisation de mettre des masques de façon volontaire, explique le conseiller syndical Michel Courcy. Mais d’autres gestes pourraient être posés pour rassurer le personnel de l’aéroport Montréal-Trudeau, selon lui.

On apprécierait que Santé Canada informe mieux les gens et prenne moins de risque en ne contrôlant pas les passagers qui arrivent de l’extérieur, que ce soit par un vol direct ou d’autres pays où des cas similaires sont rapportés, dit-il.

portrait de Jean-Pierre Fortin.

Le président du Syndicat des douanes et de l’immigration, Jean-Pierre Fortin

Photo : La Presse canadienne / DARRYL DYCK

Même son de cloche au Syndicat des douanes et de l’immigration, qui souligne que Santé Canada n’a déployé qu'un nombre restreint d’émissaires à l’aéroport Montréal-Trudeau.

Les agents sont pas mal laissés à eux-mêmes, constate son président, Jean-Pierre Fortin qui, sans parler de panique, admet qu’il y a tout de même un fond d’inquiétude parmi ses membres.

L’ASFC leur a fourni des masques N95, des lunettes et des gants, mais les agents des services frontaliers sont parfois démunis devant les questions les plus simples.

L’autre jour, il y a des voyageurs qui ont demandé à nos agents si les bornes d’enregistrement en libre-service étaient stérilisées… et on ne savait pas quoi leur répondre, raconte M. Fortin.

Le fait de ne pas avoir l’information, parfois, c’est ça qui crée de l’insécurité.

Jean-Pierre Fortin, président du Syndicat des douanes et de l’immigration

Air China a annoncé le 8 février dernier l’annulation de nombreux vols entre la Chine et les États-Unis, mais plusieurs liaisons directes ont été maintenues. Ses activités se poursuivent d’ailleurs sans interruption dans presque tous les pays du monde.

C’est aussi le cas des autres transporteurs chinois.

Santé Canada s’en remet à l’OMS

Au Canada, la vaste majorité des voyageurs qui proviennent de la Chine arrivent aux aéroports de Vancouver, de Toronto et de Montréal.

Depuis l’annulation des liaisons d’Air Canada entre les deux pays, Air China est le seul transporteur aérien qui permet aux voyageurs de relier Montréal et Pékin sans escale. Ses avions se posent à Dorval environ cinq fois par semaine avec à leur bord un maximum de 290 passagers.

Et malgré la crainte de certains travailleurs aéroportuaires, Santé Canada n’a pas l’intention d’interdire les vols en provenance de la Chine.

Compte tenu de l’information sur le COVID-19 actuellement disponible, l’OMS conseille la prise de mesures visant à limiter le risque d’exportation ou d’importation de la maladie, sans imposer de restrictions inutiles aux voyages internationaux, explique-t-on sur le site web créé par le gouvernement fédéral dans la foulée de l’épidémie (Nouvelle fenêtre).

Quant à l’implantation d’un système de contrôle de la température corporelle des voyageurs en provenance de l’Asie, Santé Canada rappelle que lors de l’éclosion du SRAS, en 2003, plus de 6,5 millions d’opérations de dépistage ont eu lieu dans les aéroports canadiens sur des voyageurs entrants et sortants [et que], de ce nombre, 2,3 millions de voyageurs ont fait l’objet d’un dépistage au moyen d’analyseurs thermiques.

Or, aucun cas de SRAS n’a été détecté à l’aide de ces méthodes, a souligné une représentante du gouvernement dans un courriel transmis lundi à Radio-Canada.

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