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Adèle Haenel : « Récompenser Polanski, c’est cracher au visage de toutes les victimes »

La jeune femme pose pour les photographes.

Le fait de remettre un prix à Roman Polanski équivaudrait selon Adèle Haenel à affirmer que « ce n’est pas si grave de violer des femmes ».

Photo : Getty Images / Vittorio Zunino Celotto

Radio-Canada

Dans le premier entretien qu’elle a accordé depuis son témoignage contre le réalisateur Christophe Ruggia, en novembre dernier, l’actrice française discute du mouvement #MoiAussi et des changements nécessaires pour combattre les violences faites aux femmes.

À quelques jours de la cérémonie des Césars, où le film de Roman Polanski J’accusese retrouve en tête des nominations, Adèle Haenel s’est exprimée dans une entrevue accordée au New York Times.

Le fait de remettre un prix au réalisateur franco-polonais équivaut selon elle à affirmer que ce n’est pas si grave de violer des femmes.

L’actrice déplore également les dérives des discussions sur les agressions sexuelles en France.

Le débat est orienté sur la question de la liberté d’importuner [les femmes], et sur le prétendu puritanisme des féministes, alors qu’une agression sexuelle est une agression, pas une pratique libertine.

Adèle Haenel

Le problème est structurel, pas personnel

Critiquée par certaines personnes pour son choix initial de témoigner dans les médias plutôt qu’au sein du système de justice, Adèle Haenel affirme que celui-ci ne fait pas des violences faites aux femmes sa priorité.

Le mouvement #MoiAussi a aidé l’actrice à prendre conscience que le problème des violences sexuelles était structurel plutôt que lié à sa personnalité. [J’ai réalisé] que mon histoire n’était pas juste personnelle, que c’était une histoire de femmes, d’enfants, qu’on porte toutes.

Les pistes de solution doivent selon elle être également structurelles. Elle regrette d’ailleurs que le gouvernement français n’en fasse pas davantage pour lutter contre les violences sexuelles. La lenteur de la réactivité du gouvernement à l’égard du phénomène #MoiAussi laisse penser que les pouvoirs publics tolèrent une marge de violence sur les femmes. Cela reste, dans une certaine mesure, encore accepté.

Interrogée sur les impacts de ses accusations sur sa carrière, l’actrice considère avoir fait quelque chose de bien pour le monde et pour son intégrité. Quand les gens me remercie [pour mon témoignage], ça me touche, puisque le but, c’était d’aider. Ça me rend fière et joyeuse.

Avec les informations de New York Times

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