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Trudeau croit encore à une résolution pacifique de la crise autochtone

Justin Trudeau debout à la Chambre des communes.

Justin Trudeau a dû défendre sa gestion de la crise qui perturbe le transport ferroviaire au Canada, lundi à la Chambre des communes.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Le gouvernement Trudeau maintient qu’une solution pacifique à la crise autochtone qui perturbe le pays est possible, bien que la Police provinciale de l'Ontario soit intervenue à Tyendinaga lundi matin, procédant à au moins quatre arrestations.

Le premier ministre Justin Trudeau a réuni d'urgence lundi matin le Groupe d’intervention en cas d’incident, qui inclut entre autres ses ministres de la Sécurité publique, Bill Blair, des Transports, Marc Garneau, et des Services aux Autochtones, Marc Miller.

Le gouvernement du Canada reste déterminé à trouver une solution pacifique et durable visant à mettre fin aux blocages d'une telle façon que la primauté du droit soit protégée et que la confiance et le respect entre toutes les parties concernées soient renforcés, peut-on lire dans un communiqué publié par le Cabinet du premier ministre.

Lundi, Justin Trudeau a été bombardé de questions au sujet de la crise à la Chambre des communes. Il a réitéré sa préférence pour une résolution pacifique du conflit et son intention de poursuivre le travail de réconciliation avec les Autochtones.

Nous avons démontré un engagement positif envers la réconciliation et le dialogue pendant dix jours. Après que ce soit devenu clair que les communautés autochtones n’étaient pas prêtes à négocier de bonne foi avec nous, nous avons changé notre position. Je dois souligner évidemment que toutes les décisions policières sont prises indépendamment, a-t-il affirmé.

Critiqué pour sa gestion de la crise, M. Trudeau s’est défendu d’avoir manqué de leadership. On a reconnu que c’est du leadership national que ça prenait, et c’est exactement ce qu’on a démontré en rassemblant les gens pour des négociations, en cherchant des façons de résoudre cette crise pacifiquement, a-t-il dit.

Malheureusement, quand on a vu que les négociations n'étaient pas faites de bonne foi, il a fallu changer de posture. Nous soulignons que nous sommes encore profondément engagés envers la réconciliation, a-t-il ajouté.

À propos de la barricade de Kahnawake, M. Trudeau souligne que son démantèlement relève des autorités québécoises. On va continuer de s’attendre à ce que les lois soient suivies, c’est l’important dans toute cette situation, a-t-il déclaré.

On est aussi depuis plusieurs jours en train de travailler avec le CN et les autres transporteurs ferroviaires pour s’assurer qu’on puisse faire parvenir le plus de marchandises et de biens possibles. On est en train de regarder des solutions de rechange.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada
Carolyn Bennett s'adresse à la presse.

La ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, a assuré que le poste de la GRC sur le territoire des Wet'suwet'en était fermé.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

De la méfiance

De son côté, le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, a lui aussi plaidé pour une solution non violente à la crise.

Moi et la ministre Bennett avons travaillé toute la fin de semaine pour convaincre les gens sur les barricades ainsi que le leadership héréditaire wet'suwet'en que le centre communautaire de police sur l’allée qui mène au projet Coastal GasLink était bel et bien démantelé. Malheureusement, on n’a pas pu les convaincre, même si on avait des preuves à l’appui, a-t-il dit.

Il a poursuivi : Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’autres lueurs d’espoir. C’est à cela qu’on travaille aujourd’hui. Mais c’est clair qu’on faisait face à beaucoup de méfiance et beaucoup de demandes du leadership wet'suwet'en.

Interrogé sur une apparente lassitude du gouvernement fédéral face à ce conflit qui persiste, Marc Miller a répondu qu’il importait de respecter les leaders wet'suwet'en. Évidemment, ils ont leurs façons de faire. Ils ont leurs demandes qui visiblement n’étaient pas assouvies, a-t-il affirmé.

Le dialogue avec Coastal GasLink se poursuit avec la Colombie-Britannique. C’est un projet d’ordre provincial, et ce sont eux [le gouvernement] qui font ce travail, a précisé la ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett.

Un échéancier proposé

Les chefs héréditaires wet'suwet'en réclament que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) quitte les terres ancestrales de la nation et que cesse la construction du pipeline Coastal GasLink.

Tel que réclamé par les chefs héréditaires, la GRC a proposé lundi un échéancier pour le démantèlement du centre temporaire d'opérations situé sur la route de service du chantier de construction. Elle juge qu'il lui faudrait deux semaines afin de mettre un terme aux opérations du centre, a indiqué le chef John Ridsdale.

La GRC de la Colombie-Britannique avait déplacé vendredi son poste mobile sur le territoire des Wet’suwet’en vers un détachement à proximité. Or, la GRC effectue des patrouilles dans le territoire des Wet’suwet’en alors que ces derniers réclament le retrait complet des agents, selon des membres de la Première Nation.

Malgré la proposition d'échéancier de la GRC, le chef John Ridsdale n'estime pas qu'il y a eu du progrès dans les échanges entre le gouvernement et les manifestants.

Nombre de chefs héréditaires des Wet'suwet'en sont opposés au gazoduc, parce qu'il serait construit sur leur territoire.

Les chefs héréditaires (un mode de gouvernance traditionnel) affirment qu'ils sont les seuls à pouvoir consentir à un projet qui traverse leur territoire ancestral, qui n'a jamais été cédé par traité. Ils s'inquiètent du rétrécissement des portions de ce territoire qui restent exemptes de développement.

De leur côté, 20 conseils de bande, dont 5 conseils de bande wet'suwet'en, répartis le long du tracé du gazoduc, ont approuvé le projet.

D'une longueur de 670 kilomètres, l'infrastructure de transport de gaz est en construction depuis le début de 2019. À terme, le gazoduc devrait faciliter l'exportation de près de 700 000 litres de gaz naturel par jour.

Le gazoduc de Coastal GasLink, une filiale de TC Energy (anciennement TransCanada), est un élément clé du projet de terminal et d'exportation LNG Canada, à Kitimat. Estimé à 40 milliards de dollars, le terminal doit permettre d'acheminer le gaz naturel vers les marchés internationaux. Il se trouve sur le territoire de la nation haisla, qui soutient le projet.

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