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Seconde poursuite contre l'industrie de la téléréalité en Ontario

Des écrans de télévision tapissent un mur.

La téléréalité a fait son apparition il y a 20 ans.

Photo : iStock

Jean-Philippe Nadeau

Une seconde compagnie spécialisée dans la production d'émissions de téléréalité fait face à une poursuite devant les tribunaux ontariens pour atteinte aux droits des travailleurs.

Cette fois, c'est l'entreprise Insight Productions qui est poursuivie pour 35 millions de dollars pour avoir prétendument contrevenu durant des années à la Loi sur les normes d'emploi de l'Ontario.

Le recours collectif représente une centaine d'employés, anciens ou actuels, de l'industrie de la téléréalité et certains d'entre eux sont des travailleurs contractuels indépendants.

Les plaignants, qui ne sont pas syndiqués, soutiennent que leur employeur leur doit de nombreuses heures supplémentaires, des primes, des congés et des jours fériés impayés. Ils allèguent par ailleurs qu'ils travaillent durant de longues heures, parfois six à sept jours par semaine.

Extrait de l'émission The Amazin Race Canada que produit Insight Productions.

Extrait de l'émission The Amazin Race Canada que produit Insight Productions

Photo : La Presse canadienne / Mark O'Neill

L'entreprise Insight Productions produit notamment les séries Amazing Race, Big Brother et Battle of the Blades à CBC.

Les syndicats CWA-Canada et IATSE appuient la démarche des plaignants, mais assurent qu'ils ne paient pas leurs honoraires d'avocats.

Ils militent d'ailleurs depuis six ans pour que les employés qui travaillent dans ce type de production aient les mêmes conditions de travail que ceux dans les productions de cinéma et de télévision traditionnelle.

Le président de CWA-Canada, Martin O'Hanlon, soutient que le monde de la téléréalité est un véritable Far West en matière de lois du travail. Cette industrie tente de faire des économies sur le dos de ses travailleurs, alors nous espérons que cette poursuite les forcera à revoir leurs obligations, précise-t-il.

Les deux syndicats disent avoir tenté d'approcher la compagnie Insight Productions de bonne foi, mais sans succès.

Ekaterina Gordeeva et Valeri Bure pendant l'émission Battle of the BladesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ekaterina Gordeeva et Valeri Bure pendant l'émission Battle of the Blades

Photo : La Presse canadienne

M. O'Hanlon reconnaît que cette industrie particulière n'a pas autant de moyens financiers que le monde du cinéma ou le secteur de la télévision conventionnelle, mais cela ne devrait pas être une raison, selon lui, pour ne pas payer ses travailleurs correctement. Il ajoute que les conditions de travail dans le monde du divertissement diffèrent d'un secteur à l'autre.

Nous ne leur demandons pas d'offrir au secteur de la téléréalité d'aussi bonnes conditions de travail qu'à leurs confrères des autres secteurs, mais à tout le moins le minimum conformément à la loi ontarienne sur les normes d’emploi, ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle.

Martin O'Hanlon, président de CWA-Canada

Dans un communiqué, l'entreprise affirme que ce recours collectif n'a aucun fondement et qu'elle compte se défendre bec et ongles devant les tribunaux. Son PDG, John Brunton, dit que [sa] compagnie offre des conditions de travail justes, respectueuses et sécuritaires assorties de bonnes indemnités et d'occasions de développement professionnel.

John Brunton est le PDG d'Insight Productions.

John Brunton est le PDG d'Insight Productions.

Photo : La Presse canadienne / Peter Power

Une poursuite semblable du même cabinet d'avocats, de 35 millions de dollars également, avait déjà été déposée contre la compagnie Cineflix en octobre 2018 pour les mêmes motifs. Cineflix produit notamment l'émission canadienne Property Brothers en association avec le diffuseur HGTV.

Dans un communiqué qu'elle avait adressé à l'époque à CBC, la multinationale démentait, elle aussi, tout manquement de sa part aux lois canadiennes du travail.

Aucune date n'a encore été fixée pour entendre les deux causes devant la Cour supérieure de l'Ontario. Un juge devra au préalable déterminer si les accusations sont fondées avant d'autoriser ces recours judiciaires.

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Toronto

Procès et poursuites