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Démantèlement à Tyendinaga : les Mohawks de Kahnawake maintiennent leur barricade

Kenneth Deer parle entouré de journalistes.

Kenneth Deer, secrétaire de la nation mohawk de Kahnawake, dit être choqué par l'intervention de la Police provinciale de l'Ontario à Tyendinaga.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

Radio-Canada

Les Mohawks de Kahnawake maintiennent leur barricade qu’ils ont mise en place sur leur territoire en soutien aux chefs héréditaires de l'ouest du pays, après que la Police provinciale de l'Ontario est intervenue lundi matin à Tyendinaga pour déloger les manifestants autochtones qui bloquaient la voie ferrée.

Ils étaient des dizaines de manifestants regroupés lundi matin au campement, près de Châteauguay, en appui à la communauté britanno-colombienne wet'suwet'en. Vers 10 h 45, plusieurs véhicules ont quitté le camp pour aller barrer la route 132 en direction du pont Mercier. Les protestataires ont ralenti la circulation, mais n’ont finalement pas bloqué le pont.

Ce geste serait plutôt une démonstration de force des Mohawks pour marquer leur appui aux Wet'suwet'en et leur frustration à propos de l’intervention policière à la barricade de Tyendinaga, près de Belleville.

Kenneth Deer, secrétaire de la nation mohawk de Kahnawake, a déclaré à la presse être irrité par l'opération policière en Ontario.

Nous sommes vraiment choqués que la police de l’Ontario ait choisi d’intervenir maintenant. La situation aurait pu être évitée si la police avait attendu 12 heures de plus, a-t-il dit.

Il a ajouté : Tous les gens ici à Kahnawake sont mécontents. Nous allons maintenir les barricades en support à la nation wet'suwet'en.

Notre peuple est en colère. C’est tout un travail de tenter de calmer le jeu ici à cause de ces actions [l’arrestation des manifestants en Ontario, NDLR]. Les gens ne vont pas se retirer, la police ne viendra pas ici pour faire quoi que ce soit

Joe Norton, grand chef, conseil mohawk de Kahnawake

Par ailleurs, le conseil de Kahnawake a rendu public lundi un communiqué dans lequel il implore les dirigeants du Canada de prendre un moment pour réfléchir et agir avec prudence. Il est devenu très évident que l’utilisation d’injonctions et de la police contre les peuples autochtones qui défendent tout simplement leurs propres terres contre un développement indésirable ne produira pas une résolution pacifique.

Un nouveau barrage à Oka

Par ailleurs, des Mohawks bloquent la route 344 dans les deux directions à Oka entre les rangs Saint-Jean et de L’Annonciation.

Ce blocage est en lien direct avec l’arrestation de protestataires mohawks à Tyendinaga par la Police provinciale de l'Ontario et s'inscrit en solidarité avec les chefs héréditaires wet'suwet'en.

Vers 11 h 30, des dizaines de manifestants mohawks de la communauté de Kanesatake ont placé des véhicules en travers de la route, affiché leur drapeau et installé une pancarte sur laquelle on peut lire : « La Terre de nos ancêtres ».

Seuls les membres de la communauté de Kanesatake peuvent passer; les non-résidents doivent faire demi-tour. Les manifestants ordonnent aux médias de s’éloigner.

Ellen Gabriel, une militante de la communauté qui ne fait pas partie du conseil de bande, déplore l’intervention policière. Elle considère qu’il y a eu peu de changements depuis la crise d’Oka, en 1990.

On ne voudrait pas qu’il y ait plus de violence.

Ellen Gabriel, militante mohawk

La vraie solution, c’est d’être assis ensemble avec le gouvernement de bonne foi. D’avoir une discussion sur les problèmes historiques [qu’on a] vécus pendant des centaines d’années, affirme Ellen Gabriel.

En début de soirée, les manifestants ont rouvert une seule voie de la route 344.

Ils ne laissent pas passer les médias ni la police. Ils procèdent également à la vérification des véhicules.

Le maire d’Oka, Pascal Quevillon, a indiqué qu’il était en étroite communication avec la Sûreté du Québec et le ministère des Transports afin de suivre de près l’évolution de la situation concernant la déviation de la circulation, tout en précisant qu’il s’agit d’une manifestation pacifique qui n’est pas issue d’un conflit opposant la Municipalité d’Oka à la communauté de Kanesatake.

Legault appelle au démantèlement

À propos des barricades sur le territoire québécois, le premier ministre François Legault a déclaré lundi que « les Québécois ont assez souffert » et que « les barricades doivent être démantelées ».

Il est temps que ça finisse, a-t-il martelé, en rappelant que certains ont perdu leur emploi et que des gens souffrent.

Il a dit faire confiance aux policiers pour agir en temps et lieu.

On essaie de parler avec les Mohawks, mais à un moment donné il faut que les barricades soient démantelées, a-t-il affirmé.

Avec les informations de Valérie-Micaela Bain et Fannie Bussières-McNicoll

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