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Collusion : l’ex-PDG de Genivar écope d'une amende de 75 000 $

Pierre Shoiry.

L'ex-PDG de Geneviar Pierre Shoiry

Photo : WSP

Pour ne pas voir joué son rôle de « gardien » afin de mettre fin à la collusion, Pierre Shoiry écope d’une amende de 75 000 $. C'est la deuxième sanction en importance imposée par le conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs du Québec.

De 2003 à 2010, des employés de Genivar ont participé à un système illégal de partage de contrats et à un stratagème de financement politique, indique une décision disciplinaire rendue lundi.

Pierre Shoiry, qui en était alors le PDG,  n’a pas mis en place les mesures nécessaires  pour  arrêter ou prévenir ces activités illégales, ajoute le document.

Les gestes pour lesquels Pierre Shoiry a plaidé coupable entachent l’image et la réputation des milliers de membres de l’Ordre qui exercent quotidiennement leur profession avec honneur et dignité, ajoute la décision.

En plus d’une amende de 75 000 $ payable d’ici 90 jours, M. Shoiry renonce de manière permanente à son titre d’ingénieur.

C’est la première fois que le président d’une firme de génie est sanctionné pour le rôle qu’a joué sa compagnie dans le cartel des ingénieurs qui sévissait dans différentes villes du Québec.

Pierre Shoiry, qui n’était pas accusé d’avoir participé directement au système de collusion, a admis sa responsabilité en tant que dirigeant d’entreprise.

Je n’ai jamais participé à des gestes de partage de contrats, à de la corruption ou à des contributions politiques illégales, avait-il dit lorsqu’il a plaidé coupable en novembre dernier. Il n’en demeure pas moins, cependant, que ces gestes se sont déroulés alors que je dirigeais l’entreprise. À ce titre, j’en prends la responsabilité et je mesure l’importance symbolique de cette décision.

M. Shoiry est le neuvième ingénieur de la firme Genivar à être reconnu coupable par le conseil de discipline de l’Ordre d’actes en lien avec un système illégal de partage de contrats.

Genivar, qui a changé de nom pour WSP en 2014, est l’une des plus importantes firmes de génie du monde. Elle emploie quelque 48 000 personnes, dont 8000 au Canada.

Au cours des dernières années, WSP a versé 4 millions de dollars au Bureau de la concurrence du Canada dans le cadre d’un règlement à l'amiable. La compagnie a aussi participé au programme de remboursement volontaire mis en place par le gouvernement du Québec.

M. Shoiry, qui n’est plus le dirigeant de la société, est présentement vice-président du conseil d’administration et travaille en collaboration avec le nouveau PDG sur certains dossiers.

Logo de Genivar devant un immeuble de bureaux.

Logo de Genivar devant un immeuble de bureaux.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Liasses d’argent

Devant la commission Charbonneau, l’ingénieur François Perreault avait expliqué comment fonctionnait le cartel des firmes de génie à Montréal.

Cet ancien vice-président de Genivar, en poste alors que M. Shoiry en était le PDG, remettait d’importantes sommes à l’argentier d’Union Montréal, défunt parti politique du maire Gérald Tremblay.

Union Montréal demandait une ristourne de 3 %, en argent comptant, sur la valeur des contrats octroyés frauduleusement. Un système de fausse facturation avait été mis en place pour obtenir l’argent liquide destiné à Union Montréal.

En Outaouais, un autre employé de Genivar a avoué avoir participé au cartel des firmes de génie qui sévissait dans la région. Puisque les représentants des compagnies craignaient que leurs conversations téléphoniques soient sous écoute électronique, ils avaient élaboré un système de codes, utilisant des dates et des heures, pour truquer les montants des soumissions aux contrats publics.

Procès Fronde

L’enquête policière sur le cartel des ingénieurs à Montréal, baptisée Fronde système, a débouché sur des accusations criminelles.

Selon le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), l’ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal Frank Zampino et le collecteur de fonds Bernard Trépanier – aujourd'hui décédé – avaient implanté un système criminel de partage des contrats dans la métropole.

Frank Zampino a obtenu l’arrêt des procédures en raison d’écoute électronique illégale. Le DPCP a porté cette décision en appel.

Les autres accusés ont aussi annoncé vouloir déposer une requête en arrêt des procédures dans l'espoir de bénéficier d'une décision similaire.

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