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Nomination critiquée au Service des bibliothèques publiques du Nouveau-Brunswick

Kevin Cormier

Kevin Cormier est le nouveau directeur général du Service des bibliothèques publiques du Nouveau-Brunswick.

Photo : Facebook/Kevin Cormier

Radio-Canada

L'homme récemment nommé à la direction des 64 bibliothèques du Nouveau-Brunswick ne semble pas avoir de formation ni d’expérience en ce domaine.

Kevin Cormier a été nommé directeur général du Service des bibliothèques publiques du Nouveau-Brunswick la semaine dernière. Ce poste comprend une rémunération de près de 114 000 $ par année.

L’offre d’emploi précisait qu’une maîtrise en bibliothéconomie ou des études accréditées par l'Association des bibliothèques américaines étaient des qualifications essentielles recherchées.

Le curriculum vitae de Kevin Cormier sur le site LinkedIn indique qu’il a étudié un an à la Schulich School of Business de l’Université York à Toronto (en 2005) et deux ans au Moncton Flight College (1998-2000).

Le poste de directeur général du service des bibliothèques exigeait aussi au moins huit ans d’expérience professionnelle pertinente comportant des responsabilités de plus en plus grandes, y compris trois ans d’expérience de gestion de ressources humaines et financières dans un environnement opérationnel complexe.

Une équivalence en éducation, en formation et en expérience de travail pouvait être considérée, indiquait aussi l’offre d’emploi.

Kevin Cormier était l’an dernier conseiller en stratégie au Bureau du conseil exécutif, au gouvernement. Il travaillait avec des agences, des commissions et des conseils d’administration des services publics.

Il était auparavant président-directeur général de la société responsable du village historique Kings Landing. Il a exercé cette fonction pendant sept ans.

Il compte aussi de l'expérience professionnelle en publicité et en mise en marché. Il a notamment dirigé sa propre entreprise de commercialisation.

Les bibliothèques sont « à risque », selon une intervenante

La nomination de Kevin Cormier est étonnante et décevante, selon Courtney Pyrke, qui possède une maîtrise en bibliothéconomie de l’Université Western Ontario, qui compte 18 mois d’expérience professionnelle à la bibliothèque de Saint-Jean et qui étudie au doctorat à l’Université du Nouveau-Brunswick.

Kevin Cormier n’a pas l’air d’avoir d’expérience professionnelle ni d’études en bibliothéconomie, affirme Mme Pyrke. Elle juge que c’est problématique. Le fait de mal comprendre certains concepts de bibliothéconomie, dont le développement de collections et les relations communautaires, peut mettre à risque le service des bibliothèques, selon elle.

C’est comme embaucher un économiste pour diriger un ministère du développement social, affirme Joann Hamilton-Barry, ancienne directrice de la bibliothèque de Saint-Jean, comptant 33 ans d’expérience à ce poste. Lorsque d’autres provinces ou des municipalités ont embauché des non-bibliothécaires pour diriger leurs bibliothèques, cela ne s’est généralement pas très bien passé, dit-elle.

L'absence de compétence ou même de compréhension des compétences requises pour travailler en tant que bibliothécaire remet en question le processus d’embauche en ce domaine, ajoute Courtney Pyrke. Elle dit que cela l'empêche de vouloir travailler elle-même dans le service des bibliothèques.

Nommé par l’entremise d’un programme de gestion du talent

Le ministère de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail n’a pas voulu accorder d’entrevue au sujet de la nomination de Kevin Cormier.

Mais le ministère est convaincu que son expérience, ses compétences et ses aptitudes seront très utiles au service des bibliothèques, explique la porte-parole Leigh Watson dans un courriel. Elle n’a pas fait plus de commentaire en disant qu’il s’agit d’une question interne de ressources humaines.

La directrice par intérim des communications du ministère, Erika Jutras, précise que le poste faisait l’objet d’un concours avant d’être pourvu par l’entremise du Programme de gestion du talent au niveau du gouvernement.

Ce programme du gouvernement provincial fournit à des cadres actuels ou potentiels des possibilités pour perfectionner leurs compétences en leadership des cadres à l'intérieur et/ou à l'extérieur de leur ministère actuel.

Kevin Cormier a la formation, l’expérience et les qualités de direction que le ministère cherchait pour ce poste, assure Erika Jutras.

Kevin Cormier n'a pas répondu à une demande d’entrevue.

Plaidoyer pour des nominations basées sur les qualifications

Le porte-parole de l’opposition en matière d’éducation postsecondaire, le député libéral Guy Arseneault, ne fait pas de commentaires sur le curriculum vitae de M. Cormier, mais il soutient que les embauches faites par le gouvernement devraient être basées uniquement sur les qualifications des candidats.

Le député Arseneault dit remettre en question certaines nominations récentes à des postes bien rémunérés. Cette nouvelle nomination, si elle est d’origine politique, ternit un peu plus l’image du gouvernement Higgs, selon lui. Il dit souhaiter que M. Cormier n'a pas été embauché pour faire des compressions au service des bibliothèques.

Guy Arseneault en entrevue

Les embauches dans la fonction publique devraient être basées uniquement sur les qualifications, estime le député libéral de Campbellton-Dalhousie, Guy Arseneault.

Photo : CBC/Ed Hunter

Certaines autres autorités, dont la Colombie-Britannique, ont une loi stipulant que la personne nommée à la direction des bibliothèques doit être un bibliothécaire qualifié.

Une note de service annonçant la nomination de Kevin Cormier indique qu’il apporte une expérience diversifiée à son nouveau poste.

Dans la note de service datée du 20 février, M. Cormier est décrit comme un penseur original, une personne créative, dynamique et orientée sur le travail d’équipe.

Kevin Cormier a fait les manchettes en 2018 lorsque Kings Landing, sous sa gouverne, a remplacé des interprètes par des expositions fixes dans trois maisons historiques.

La décision a fait l’objet de nombreuses critiques, de réunions publiques et de pétitions. Les gens qui s’y opposaient disaient que les interprètes donnent aux visiteurs un meilleur aperçu de la vie en milieu rural au 19e siècle et qu’ils sont cruciaux pour cette attraction touristique populaire.

Kevin Cormier à côté d'une maison

Kevin Cormier a essuyé des critiques lorsqu'il était PDG de Kings Landing et qu'il a remplacé des interprètes par des expositions fixes.

Photo : CBC/Sarah Petz

Puis, en mars 2019, Kevin Cormier a annoncé un plan pour que des interprètes en costume d'époque accueillent à nouveau les visiteurs dans ces trois maisons historiques.

Sur sa page LinkedIn, Kevin Cormier se décrit comme un homme passionné qui aime faire avancer les choses, que ce soit en dirigeant des équipes et des organismes dans les secteurs public ou privé, en développant de nouveaux produits et des moyens de les expérimenter, en construisant des relations avec des partenaires ou en facilitant les relations entre les entreprises et leur clientèle.

Avec les renseignements de Bobbi-Jean MacKinnon, de CBC

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