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Bloqué à l’hôpital à cause de la crise du logement

Un homme.

Après avoir subi un accident vasculaire cérébral à l’âge de 27 ans, Patrick Kunkel a dû vivre dans des établissements de soins de santé pendant des mois. Il a maintenant des difficultés à trouver un logement abordable.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Patrick Kunkel a passé des mois à l’hôpital à se remettre d’une attaque cardiovasculaire. Il est maintenant prêt à sortir, mais fait face à un autre obstacle : trouver un logement abordable.

Après avoir subi un accident vasculaire cérébral à l’âge de 27 ans, Patrick Kunkel a dû subir une opération du cerveau qui lui a sauvé la vie. Il est tombé dans un coma à l'unité de soins intensifs de l'hôpital St Michael et il a vécu dans des établissements de soins de santé pendant huit mois.

Il lui est difficile de faire tout mouvement, que ce soit marcher, manger, avaler ou parler, mais il peut désormais poursuivre sa rééducation à domicile. Sa famille est cependant confrontée à un autre défi : trouver un logement.

Une femme en entrevue.

Valika Kunkel, mère de Patrick, a élevé ses quatre enfants seule et vit maintenant avec une pension à revenu fixe.

Photo : Radio-Canada

Cela met vraiment les gens dans une situation très précaire lorsqu'une tragédie comme celle-ci arrive à une famille, dans une ville où il n’y a pas d'options de logement abordable, dit sa mère Valika Kunkel, qui a élevé ses quatre enfants seule et vit maintenant avec une pension à revenu fixe. C'est très stressant.

Patrick Kunkel devait être libéré le 27 janvier, mais lundi, il doit déménager dans un établissement de soins de longue durée. Il ne peut pas emménager avec sa mère ou sa sœur aînée, Kayla, car toutes deux vivent dans des immeubles d'habitation qui ne sont pas accessibles en fauteuil roulant.

La famille s'est donc mise à la recherche d'une unité de location qui soit au rez-de-chaussée ou accessible par un ascenseur, avec des cadres de porte suffisamment larges pour accueillir un fauteuil roulant. Le logement devrait idéalement coûter autour de 1 200 $ par mois, puisque c’est le montant du seul revenu de M. Kunkel grâce au programme ontarien de soutien aux personnes handicapées.

Deux personnes en entrevue dans une chambre d'hôpital.

Patrick Kunkel (à g.) et sa soeur Kayla à l'hôpital.

Photo : Radio-Canada

Cela va être très difficile financièrement, dit sa sœur Kayla, qui prévoit de travailler à temps partiel pour devenir la principale aide-soignante de Patrick au cours des prochaines années. Je n'ai aucune idée de si cela va fonctionner, dans cette ville.

L'incertitude de leur future situation de vie, ajoute Kayla, fait suite à la terreur de perdre son frère après son accident vasculaire cérébral.

Des logements abordables et accessibles spécialisés difficiles à trouver

Le Dr. Mark Bayley, directeur médical de l'Institut de réhabilitation de Toronto, explique que les gens dans ces situations compliquées font souvent face à ce problème.

Un homme en entrevue.

Le Dr.Mark Bayley est le directeur médical de l'Institut de réhabilitation de Toronto.

Photo : Radio-Canada

Bien que l'hôpital offre des travailleurs de soutien et d'autres services pour aider les patients à faire la transition à la maison, trouver un logement spécialisé reste un défi.

Selon un rapport de l'Association canadienne pour la santé mentale publié en 2018, plus de 13 000 personnes sont inscrites sur la liste d'attente pour un logement destiné à la santé mentale et à la lutte contre les dépendances à Toronto. Au cours des deux années précédentes, plus de 4 000 nouvelles personnes ont fait une demande, tandis que moins de 600 ont été placées dans des unités adaptées.

Un homme en entrevue.

Geordie Dent est le directeur exécutif de la Fédération des associations de locataires métropolitains.

Photo : Radio-Canada

Selon Geordie Dent, directeur exécutif de la Fédération des associations de locataires métropolitains, l’impact se retrouve dans d’autres secteurs : Vous le voyez dans le système autour de l'incarcération. Nos centres d'accueil pour sans-abri sont bourrés à craquer. Il y a des camps de sans-abri partout dans la ville en ce moment, dit-il.

La liste d'attente pour les logements sociaux de la ville devrait passer de plus de 90 000 à près de 120 000 d'ici 2031, et potentiellement à plus de 135 000 dix ans après.

La Ville tente de trouver une solution

De façon générale, malgré une augmentation de la population dans la région du Grand Toronto, un rapport de 2019 du Centre canadien d'analyse économique et de l'Institut urbain du Canada suggère que le marché du logement n'a pas suivi le rythme des besoins.

Les élus municipaux ont proposé une feuille de route pour la création de 600 unités de logements supervisés chaque année, qui offriraient des services complets pour que les gens puissent rester chez eux.

Leur plan d'action pour le logement à Toronto, de 23,4 milliards de dollars, vise à créer 40 000 nouveaux logements locatifs abordables dans toute la ville.

Mais c'est sur une période de 10 ans, et c'est après des décennies d'inaction, déplore M. Dent. D’habitude, ce sont les gouvernements fédéral et provincial qui fournissent ce genre de financement, estime le directeur, qui estime que ceux-ci ne donnent pas signe de vouloir construire plus de logements.

Lundi cependant, le ministre ontarien des Affaires municipales et du Logement, Steve Clark, a annoncé l'octroi d'une aide pouvant atteindre 3,9 millions de dollars pour aider 42 municipalités à, entre autre, accélérer le processus d'approbation des nouveaux logements et des développements commerciaux. Ce financement sera assuré par le Programme pour la modernisation au niveau municipal.

Avec les informations de CBC

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