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Atténuer les changements climatiques grâce à la forêt québécoise

Un lac et un ciel bleu.

Le lac Demers, situé au nord de Québec

Photo : Radio-Canada / Maxime Denis

Érik Chouinard

Le Groupe de travail sur la forêt et les changements climatiques (GTFCC) propose des moyens pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre au Québec. Il estime que le secteur forestier a le potentiel d'atténuer les effets des changements climatiques.

Le rapport (Nouvelle fenêtre), rendu public samedi, a été commandé par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs conjointement avec le ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques ainsi qu'avec le Conseil de l'industrie forestière du Québec.

Il fait état de quatre scénarios potentiels basés sur différentes pratiques de foresterie qui pourraient aider à l’atteinte de l'objectif d'atténuation des changements climatiques. Ces scénarios et leurs effets ont été extrapolés sur une période allant de 2020 à 2089.

Durant celle-ci, le secteur forestier pourrait contribuer en moyenne à atténuer pour l’équivalent de 10,4 millions de tonnes d’émissions de CO2 par an, selon le scénario le plus optimiste.

Boiser et reboiser

Pour produire son rapport, le GTFCC s’appuie entre autres sur trois solutions exprimées par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

L’une des solutions proposées consiste ainsi à augmenter la superficie des forêts pour maximiser la séquestration du gaz carbonique.

Par la photosynthèse, les arbres, comme tous les végétaux, capturent le CO2 atmosphérique. Le gaz devient alors en partie séquestré dans le bois sous forme de carbone organique.

Un homme en habit de travail, avec des gants et une pelle à la main, entre des vieilles souches.

Un planteur d'arbres à l'oeuvre en Colombie-Britannique.

Photo : Tina Lovgreen/CBC

Le GTFCC recommande donc de boiser et reboiser 50 000 hectares par an des sites non forestiers ou improductifs pour l’industrie forestière jusqu’en 2030. Il suggère aussi une augmentation du reboisement de 17 000 hectares par an après les activités de coupes de bois à partir de cette année.

L'objectif est notamment d’augmenter le rendement et la productivité du secteur forestier, tout en respectant la biodiversité. Puisque, comme les auteurs le précisent, le bois n’est une ressource renouvelable que lorsque la forêt est exploitée et aménagée durablement de façon à maintenir les écosystèmes forestiers.

Couper des arbres pour emprisonner les GES

En plus de replanter des arbres, le GTFCC recommande aussi de faire évoluer les pratiques de récoltes du bois et de productions de ce secteur.

En favorisant les produits qui ont une plus longue durée de vie, comme les matériaux de construction, le carbone du bois reste emprisonné plus longtemps pendant que la forêt se régénère.

Dans son rapport, le groupe de travail souligne que le papier prendra deux ans a perdre la moitié de ce qu'il a emmagasiné alors que pour les produits de sciages, on parle d'une demie-vie de 35 ans.

Bâtiment public dont la structure est en partie faite de bois.

Le bois dans les constructions pour réduire les émissions de GES? C'est une des suggestions faites par le groupe de travail.

Photo : Radio-Canada / Dominic Brassard

L'augmentation de la récolte et du rendement du bois alloué aux produits de plus longue durée doit être accolée à une diminution de la proportion du bois destinée aux pâtes et papiers, toujours selon le rapport.

De plus, en favorisant l’utilisation du bois dans la construction, moins de GES sont émis que lors de l’usage d’acier et de béton, deux matériaux qui nécessitent plus d’énergie provenant des combustibles fossiles lors de leur production et de leur transformation.

Substituer les énergies fossiles

Les auteurs du GTFCC recommandent d'ailleurs de mieux valoriser les résidus provenant de la récolte et de la transformation du bois pour les convertir en bioénergie. Cette revalorisation des déchets permet de remplacer l’énergie qui devrait normalement être produite par des combustibles fossiles non renouvelables.

Des copeaux de bois en premier plan et des troncs d'arbres flous en arrière-plan.

Pour l’instant, seuls 48 % d'un arbre coupé sont utilisés pour en faire des produits de longue durée de vie.

Photo : Radio-Canada / Nelly Albérola

Le bois qui ne trouve pas preneur et qui est parfois laissé sur les sites de coupe peut aussi être utilisé pour former la biomasse nécessaire à la production de bioénergie.

L'un des principaux secteurs visés par cette substitution énergétique est celui du chauffage de bâtiments, d'autant plus que c'est l’un des plus grands émetteurs de GES.

Les défis de prédire l’incertain

La période de 69 ans couverte dans le rapport exclut plusieurs variables dont certaines sont elles-mêmes tributaires des changements climatiques.

Les auteurs citent d’ailleurs les perturbations naturelles de la forêt comme les feux et les insectes, des variables qui pourraient évoluer dans les prochaines années.

Ils notent aussi que les changements climatiques pourraient aussi avoir des effets sur la composition des forêts, ce qui pourrait aussi jouer sur les prévisions à plus long terme.

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Québec

Industrie forestière