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Une chercheuse de l'UQAC souhaite que Québec encadre les diagnostics de TDAH

La chercheuse pose avec le sourire.

Marie-Christine Brault, professeure à l’UQAC et cotitulaire de la Chaire sur les conditions de vie, la santé, l’adaptation et les aspirations des jeunes.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Comme la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean est championne du recours à la médication chez les enfants ayant un TDAH, les conclusions de la commission parlementaire portant sur la consommation préoccupante de psychostimulants y sont fort attendues. La chercheuse de l'UQAC qui a démontré que l'immaturité des jeunes est souvent confondue avec un TDAH, espère que les diagnostics seront enfin encadrés par Québec.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, 11 % des jeunes de 0 à 25 ans sont médicamentés pour un TDAH. C'est deux fois plus que la moyenne québécoise.

Jusqu'à la moitié des diagnostics pourraient toutefois être erronés. La chercheuse Marie-Christine Brault a d'ailleurs démontré que l'immaturité des enfants les plus jeunes d'une classe est souvent perçue à tort comme un déficit d'attention ou une hyperactivité.

Mon étude conclut jusqu'à maintenant qu'on est vraiment dans une médicalisation de l'immaturité. Les enfants immatures présentent davantage d'hyperactivité, d'impulsivité, d'inattention puis ces comportements sont pris pour du TDAH quand ce n'est pas nécessairement le cas. Cette immaturité est moins tolérée de la part des adultes, précise-t-elle.

La professeure de l'UQAC fait partie des experts qui ont témoigné en novembre dernier à la commission parlementaire portant sur l'augmentation préoccupante de la prise de médicaments par les jeunes en lien avec un TDAH.

Ça amène des conséquences dans le sens que maintenant on est face à un problème social, mais on lui offre une réponse individuelle via le diagnostic et via la consommation de médicaments.

Marie-Christine Brault, professeure à l’Université du Québec à Chicoutimi

La direction de la santé publique attend avec impatience les conclusions de cette commission pour passer à l'action.

Il faut faire attention quand on voit des phénomènes de fond comme ça. La tentation est de dire : il y en a trop, il faut arrêter d'en prescrire. Mais il faut comprendre le phénomène avant de donner des recommandations aussi brutales.

Jean-François Betala Belinga, médecin-conseil

Marie-Christine Brault espère que le gouvernement donnera plus d'outils aux écoles et qu'il encadrera le processus diagnostique des médecins.

Il faut qu'on resserre les règles pour poser le diagnostic. Est-ce que ce serait par exemple d'obliger une évaluation en neuropsychologie ou d'obliger une évaluation complète de plusieurs sphères de l'enfant?

Chose certaine, le milieu de la santé et le milieu scolaire devront collaborer pour réajuster le tir.

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Saguenay–Lac-St-Jean

Santé