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La sécurité à la bibliothèque du millénaire suscite toujours des tensions

La bibliothèque du Millénaire à WInnipeg.

La bibliothèque du Millénaire a instauré un contrôle de sécurité à tous ses visiteurs le 18 février 2019.

Photo : Google Street View

Radio-Canada

Un an après le renforcement de la sécurité à la bibliothèque du millénaire de Winnipeg, les critiques sont toujours vives de la part de certains usagers qui se sentent discriminés.

Ces mesures de sécurité visant à réduire le nombre d'incidents à l’intérieur de l’établissement ont été mises en place sans consultation du conseiller municipal du quartier ni de la communauté.

Des contrôles similaires à ceux d’un aéroport ont donc été installés avec fouille des sacs, palpations et détecteurs de métaux.

Depuis, plusieurs protestations et manifestations se sont tenues pour dénoncer cette décision.

Selon Joe Curnow, l’une des membres du groupe Millenium For All, Winnipeg est la seule bibliothèque du Canada à faire cela.

Elle déplore que ce niveau de sécurité aille à l’encontre des principes éthiques des bibliothèques publiques et elle juge que ces contrôles sont racistes et créent une discrimination basée sur la classe sociale.

Barbara Beardy et son époux, Matthew Beardy, affirment qu’ils ont été tous les deux victimes de discrimination lorsqu’un agent de sécurité les a accusés d’être sous l’emprise de l’alcool.

Nous n’avons pas tous un endroit où vivre et beaucoup de gens ne comprennent pas cela. La bibliothèque est un endroit où on se sent chez soi et où l’on peut se détendre. C’est pour cela que nous venons ici.

Barbara Beardy

Soutien d’une partie des usagers

Malgré cela, la direction de la bibliothèque continue de défendre sa position et est appuyée par une partie de la clientèle qui juge nécessaires ces dispositions.

Alie Bagat, 43 ans, viennent régulièrement à la bibliothèque pour étudier. Depuis l’installation des mesures de sécurité, elle se sent protégée et en sécurité.

Ce sentiment est partagé par plusieurs employés de l’établissement, selon leur syndicat, la section locale 500 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP). Leur président, Gord Delbridge, affirme qu’ils sont moins anxieux.

Selon les chiffres de la Ville, le nombre d’incidents a baissé depuis le renforcement de la sécurité. On comptait 317 incidents en 2019 contre 560 en 2018.

Cette baisse du nombre d'incidents coïncide toutefois avec une baisse de la fréquentation d’environ 250 000 personnes entre les deux années. Une chute liée en partie aux nouveaux contrôles, selon un porte-parole de la Ville de Winnipeg.

Le directeur de la bibliothèque, Ed Cuddy, met en avant la diminution du nombre d'incidents pour défendre son action. La Ville de Winnipeg a refusé deux fois d’accorder une entrevue à CBC/Radio-Canada.

Des chiffres contestés

À l'automne dernier, le groupe Millenium For All a publié un rapport alternatif (Nouvelle fenêtre) (en anglais) sur le nombre d’incidents. Joe Curnow estime que ce rapport est nécessaire, car les chiffres de la Ville sont compliqués à interpréter.

Sarah Cooper, l'une des chercheuses de ce rapport alternatif affirme que les données fournies pour la Ville soulèvent plusieurs interrogations.

Bien sûr, les agressions, le harcèlement, les menaces, l’ivresse et les abus verbaux peuvent être de sérieux problèmes, reconnaît-elle.

Cependant, les données fournies par la bibliothèque montrent que ces incidents sont considérés comme sérieux à partir du moment où ils apparaissent, affirme Sarah Cooper.

L'ivresse, en particulier, ne donne pas forcément lieu à de la violence et les personnes sous l’emprise de l’alcool qui ne contreviennent pas à d’autres règles ne devraient pas être perçues comme des “incidents”.

Le 30 janvier, le comité exécutif de la Ville a adopté une proposition pour transformer l'ancien café de la Bibliothèque du millénaire en lieu de connexions communautaires pour les personnes dans le besoin. Le coût de cette transformation est estimé à 260 190 $.

Joe Curnow reste toutefois sceptique. Selon elle, la chose la plus facile, la moins coûteuse et la plus immédiate qu’il est possible de faire est d’abandonner les mesures de sécurité.

Avec les informations de Bryce Hoyce

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