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En Israël, vers le troisième épisode électoral en un an

Deux bannières électorales, côte à côte, représentant les deux candidats.

Sur les artères de Tel Aviv, de grandes affiches électorales ont fait leur apparition.

Photo : Reuters / Ammar Awad

Radio-Canada

Élections israéliennes, prise trois! Le premier ministre Benyamin Nétanyahou, inculpé pour corruption, et son rival Benny Gantz entament la dernière semaine d'une campagne électorale aux airs de déjà-vu. Dimanche, le candidat Nétanyahou a dégainé un nouvel argument électoral : la possibilité d'importer le modèle canadien en matière de cannabis.

Après des scrutins en avril et septembre 2019 où le Likoud de Benyamin Nétanyahou et le parti centriste Bleu-blanc de Benny Gantz sont arrivés au coude-à-coude, les Israéliens sont appelés le 2 mars à mettre fin à la plus longue crise politique de l'histoire du pays.

Dimanche, M. Nétanyahou a tenté de se démarquer en mentionnant la possibilité d'importer le modèle canadien pour légaliser le marché du cannabis.

Israël a déjà donné son feu vert à l'exportation de cannabis médical, mais la production, la vente, l'achat et l'utilisation pour des usages récréatifs restent des infractions.

Benyamin Nétanyahou a précisé qu'il souhaitait ainsi désengorger les tribunaux, voire effacer les condamnations du casier judiciaire pour les dizaines de milliers d'Israéliens condamnés pour utilisation personnelle ou possession de cannabis, ce qui provoque des souffrances inutiles.

M. Nétanyahou est devenu le seul premier ministre de l'histoire d'Israël inculpé en étant en fonction, avec à la clé un procès qui s'ouvre à la mi-mars.

Fin janvier, il s'est rendu à Washington pour l'annonce d'un projet de paix pour le Proche-Orient qu'il juge historique, puis a ramené de Moscou une Israélienne qui y était emprisonnée.

Et pourtant, rien ne bouge. Les derniers sondages placent les listes de MM. Nétanyahou et Gantz à une quasi-égalité, et nul camp ne semble en mesure de rallier une majorité de sièges au Parlement.

Le premier ministre réussit toutefois, d'une certaine manière. Il n'attire pas plus d'électeurs, mais il n'en perd pas non plus, malgré son inculpation, souligne Gideon Rahat, professeur de sciences politiques à l'Université hébraïque de Jérusalem.

Benyamin Nétanyahou affiche un air songeur.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a été inculpé en novembre pour corruption, malversation et abus de confiance dans trois affaires.

Photo : Reuters / Ronen Zvulun

Procès imminent pour corruption

Le plus pérenne des chefs de gouvernement de l'histoire d'Israël avec ses 14 ans au pouvoir, M. Nétanyahou a été inculpé en novembre pour corruption, malversation et abus de confiance dans trois affaires.

Dans l'un des dossiers, la justice le soupçonne d'avoir accordé des faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars au patron de la société de télécoms Bezeq, en échange d'une couverture médiatique favorable d'un média du groupe.

M. Nétanyahou a dénoncé un coup d'État ourdi contre lui par la justice et mobilisé ses électeurs contre cette accusation, qu'il juge biaisée.

Ces dernières semaines, il a concentré ses attaques contre les partis arabes d'Israël, et des affiches avec le slogan sans Ahmed Tibi, un ténor de la Liste unie des partis arabes, ont fait leur apparition sur les artères du pays.

Lors des dernières élections, les partis arabes avaient causé la surprise en terminant en troisième place et soutenu, sans succès, Benny Gantz, pour le poste de premier ministre.

Si le Likoud ne gagne pas, il y aura soit une quatrième élection, soit un gouvernement de gauche dirigé par Gantz et dépendant d'Ahmed Tibi et de la "Liste unie", a indiqué M. Nétanyahou au Jerusalem Post.

Si M. Nétanyahou ne peut pas être simple ministre dans une éventuelle coalition en raison de son inculpation, il peut cependant rester premier ministre.

D'où la nécessité pour lui de remporter la mise pour faire partie du prochain gouvernement. Mais comme les intentions de vote ne bougent pas, le mot d'ordre reste simple : Allez voter!

Le coronavirus s'immisce dans la campagne

Un inconnu s'est invité dans cette dernière semaine de campagne : le nouveau coronavirus, à la une de l'actualité.

Un premier cas en Israël a été confirmé vendredi et quelque 200 écoliers ont été priés dimanche de rester chez eux pour avoir été en contact avec des touristes sud-coréens ayant contracté le virus.

Il y a des craintes que le coronavirus ait un impact sur les élections [...], car certains pourraient tenter de propager de fausses nouvelles sur cette question afin d'influencer la participation le jour du vote, a déclaré dimanche Gilad Erdan, ministre de la Sécurité intérieure, après une réunion d'urgence avec le premier ministre et les autorités sanitaires.

Dans sa dernière ligne droite, Benny Gantz s'est retrouvé malgré lui sous les feux de la rampe.

Un procureur a lancé cette semaine une enquête criminelle sur l'octroi de fonds publics, sans appel d'offre, d'une valeur d'environ un million d'euros à la société de cybersécurité Fifth Dimension, anciennement présidée par M. Gantz.

Le procureur général a rapidement dissipé des soupçons en soutenant que M. Gantz n'était pas inquiété dans cette affaire.

Mais cela n'a pas empêché Benyamin Nétanyahou de saisir la balle au bond en demandant à Benny Gantz, dans une vidéo, si obtenir frauduleusement un contrat n'était pas de la corruption de premier ordre.

Avec les informations de Agence France-Presse

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