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Voyager dans un camp de réfugiés au Kenya pour embaucher des employés

Lisa M. Smith, la directrice générale du manoir Glen Haven.

Lisa M. Smith, la directrice générale du manoir Glen Haven.

Photo :  CBC

Radio-Canada

Une résidence pour personnes âgées en Nouvelle-Écosse s’attaque à sa pénurie de personnels en offrant une deuxième vie à des réfugiés d’un camp au Kenya, en Afrique.

Le manoir de Glen Haven, à New Glasgow, développe un modèle qui, espère-t-il, permettra de donner à la fois des soins de qualité aux aînés et à la fois une deuxième vie à des gens dans le besoin.

Et les propriétaires de ce foyer de soins pensent qu'une partie de la solution à la pénurie de personnel se trouve dans un camp de réfugiés kenyan.

Des personnes âgées dans un salon écoutent de la musique.

Une résidence pour personnes âgées en Nouvelle-Écosse S’attaque à sa pénurie de personnels en offrant une deuxième vie à des réfugiés d’un camp au Kenya, en Afrique.

Photo :  CBC

Lisa M. Smith, la directrice générale du manoir Glen Haven, et plusieurs autres représentants du comté de Pictou se sont rendus au Kenya en novembre dans le cadre d’une mission de recrutement.

Ils ont mené des entretiens d'embauche à Nairobi et au camp de réfugiés de Dadaab, l'un des plus grands camps de ce type au monde.

« Le calibre des candidats était vraiment étonnant. C'était certainement plus que ce à quoi nous nous attendions », soutient Mme Smith.

Le manoir Glen Haven a présenté 11 offres d'emploi pendant le voyage au Kenya. Le foyer a également fait quatre offres à des candidats réfugiés qui ont été interviewés via Skype, depuis la Jordanie et le Liban, pour un total de 15 nouvelles offres.

Des réfugiés qui débordent de compétences

Tous les candidats ont une formation d'infirmier et travailleront comme assistants de soins continus jusqu'à ce qu'ils puissent devenir infirmiers autorisés au Canada.

« Ils étaient très enthousiastes et très émus », a déclaré Mme Smith. « Quelques candidats ont dit qu'ils étaient reconnaissants non seulement que nous ayons fait le voyage à Nairobi, mais aussi que nous leur ayons rendu leur dignité. »

L'offre d'emploi comprend la possibilité pour les candidats de faire venir leur famille au Canada. Ce n'était pas quelque chose que tous les candidats connaissaient lors de la candidature initiale, soutient Janice Jorden, la spécialiste des relations avec les employés du foyer.

Janice Jorden.

Janice Jorden, la spécialiste des relations avec les employés.

Photo :  CBC

« Il y a eu beaucoup de larmes d'excitation. Ce n'est pas quelque chose que j'ai l'occasion de vivre tous les jours », explique-t-elle.

« Bien sûr, j’affiche des offres d'emploi tout le temps, nous embauchons tout le temps, nous sommes une grande organisation. Mais de voir que cela change autant leur vie, de voir cette excitation dans leurs yeux, je ne vois pas cela très souvent. »

Les offres d'emploi dépendent de la réussite de la demande d'entrée au Canada de chaque candidat.

Les formalités administratives sont en cours et Mme Smith rapporte qu'elle s'attend à ce que les premiers candidats commencent à arriver à New Glasgow dans quelques mois déjà.

Un foyer de soins pour personnes âgées.

Un foyer de soins pour personnes âgées.

Photo : iStock

Le manoir est la propriété des villes de New Glasgow, Stellarton, Trenton et Westville, en Nouvelle-Écosse.

Elle compte 222 résidents et 300 employés, mais il faut davantage de personnel.

Bien que les recruteurs recherchent localement et au Canada pour attirer des assistants de soins continus, le foyer n'a pas pu pourvoir 20 postes.

Du chemin depuis 5 ans

Il y a cinq ans, ce foyer de soins a commencé à recruter au niveau international pour combler les lacunes en matière de personnel. Jusqu'à présent, une vingtaine de personnes ont choisi de venir d'autres pays dans la région du comté de Pictou, venant d'aussi loin que les Philippines et la République démocratique du Congo.

Noel Lagumbay est déménagé à New Glasgow en 2015 avec sa petite amie après avoir fait des recherches sur le Canada pendant environ un an.

Noel Lagumbay travaille.

Noel Lagumbay est déménagé à New Glasgow en 2015.

Photo :  CBC

Tous deux ont travaillé comme infirmières autorisées aux Philippines et sont devenus assistants en soins continus à Glen Haven. Depuis, ils ont obtenu leur titre d’infirmier canadien, se sont mariés et attendent une petite fille.

Il raconte que le déménagement était un grand changement pour lui et sa femme, que les gens étaient amicaux et que sa tante, qui vit à proximité, les a aidés à s'adapter. Enfant, monsieur Lagumbay rêvait d'être infirmier diplômé.

« J'aime parler aux gens et je m'y attache, donc je pense que cela m'aide beaucoup à poursuivre ma profession », dit-il. « J'aime mon travail et j'aime travailler avec différents types de personnes, écouter leurs histoires et établir des liens avec elles. »

Une femme avec les cheveaux blancs de dos assise dans une chaise regarde une pièce vide

La pénurie sévit sur l'ensemble du pays.

Photo : Radio-Canada / CBC

Noel Lagumbay a quelques pensées pour les 15 nouveaux membres du personnel qui arriveront bientôt d'autres pays.

« Mon seul conseil est de croire en vous et de continuer à poursuivre votre rêve », leur envoie-t-il.

Une joie et une gratitude incomparables

C'est un aspect qui n'est pas toujours prioritaire dans la réorganisation des réfugiés, soutient Simar Singh, le responsable des programmes de RefugePoint, l'organisation internationale qui a travaillé avec le manoir Glen Haven pour établir la longue liste des candidats à interviewer.

M. Singh explique que les réfugiés sont souvent interrogés sur les souvenirs douloureux qui les ont poussés à quitter leur maison.

Le camp de réfugiés où les responsables du manoir ont trouvé des employés.

Le camp de réfugiés où les responsables du manoir ont trouvé des employés.

Photo :  Getty Images

Il a remarqué que de nombreux candidats du manoir Glen Haven sont sortis des entretiens agréablement surpris qu'on ne leur demande pas de parler des difficultés qu'ils ont endurées, mais de leurs compétences et de leur formation.

« Nous avons ressenti une joie et une gratitude indéniables, en parlant à tous ces candidats réfugiés, où il semblait qu'ils avaient, même si ce n'était que brièvement, un moment pour revoir des aspects de leur vie que souvent on ne leur demande pas, ou qu'ils devaient d'une certaine manière laisser derrière eux », explique Simar Singh.

Ces travaillants fraîchement embauchés devraient découvrir leur nouvelle maison, en compagnie de leurs familles, d’ici les prochains mois. 

Avec les informations de CBC

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