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Besoins pressants de pédiatres et d’orthophonistes francophones sur l’Île

Un homme parle au micro.

Le Réseau santé en français Î.-P.-É. présentait en fin de semaine le résultat de recherches et consultations sur l'accès aux services en santé pour les touts-petits.

Photo : Radio-Canada / Gilles Landry

Radio-Canada

Le Réseau santé en français Î.-P.-É. présentait en fin de semaine le résultat de recherches et consultations sur l'accès aux services en santé pour les touts petits. Parmi les priorités identifiées : le manque de pédiatres et d'orthophonistes francophones.

On évoque souvent les défis de l'accès aux soins de santé en français pour les Insulaires, en particulier pour la population vieillissante. Mais cette fois-ci, ce sont les touts petits qui intéressent le Réseau de santé en français de l’Î.-P.-É.

Les enfants de 0 à 6 ans dont la langue maternelle est le français ne forment que 2,5% des familles de l'Île… ce qui veut dire qu’ils reçoivent moins d’accès à des soins de santé dans leur langue que leurs homologues anglophones.

Karine Gallant.

Karine Gallant, maman de deux jeunes enfants.

Photo : Radio-Canada / Gilles Landry

« Je dirais qu'il y avait clairement plus de confort quand il pouvait communiquer ouvertement avec son professionnel », rapporte Karine Gallant, maman de deux jeunes enfants, qui participait au Forum provincial de la petite enfance en santé, samedi.

« On a été quelques années au Nouveau-Brunswick et maintenant on est à l'Île, alors c'est vraiment différent quand ça vient au service en français. »

Des parents inquiets pour leurs enfants

Elle n’est pas la seule à faire face à de tels obstacles, plusieurs parents ont exprimé des histoires très semblables lors des consultations.

Juliana Timon est mère de quatre enfants qui ne maîtrisent pas l’anglais. Chaque fois que l’un d’eux tombe malade, elle sait qu’elle trouvera difficilement du service dans la langue de Molière.

Juliana Timon.

Juliana Timon est mère de quatre jeunes enfants qui ne maîtrisent pas l’anglais.

Photo : Radio-Canada / Gilles Landry

« Moi j'ai quatre enfants et je trouve, quand ils sont tombés malades, grâce à des étudiants, aux étudiants qui étaient là, on a au moins compris [mais] il manque de services en français », partage Mme Timon.

Les consultations auprès d'une centaine de parents ont tout de même révélé que les touts petits de familles francophones grandissent dans des familles favorisées.

Un tableau.

Les chiffres démontrent que les enfants qui vivent en français sont souvent issus de familles mieux nanties à l'île-du-Prince-Édouard.

Photo : Petite enfance en santé Î.-P.-É.

Maurice Chiasson, consultant pour le Réseau de santé en français de l’Île-du-Prince-Édouard, soutient que les chiffres démontrent que les enfants qui vivent en français sont souvent issus de familles mieux nanties.

« L'enfant en milieu minoritaire se retrouve dans un contexte économique beaucoup plus avantageux que les enfants du même âge dans l'ensemble de la province », dit-il.

Mais le contexte économique n’exclut pas le fait que ces enfants souffrent du manque de services en pédiatrie et en orthophonie dans leur langue.

Se faire soigner dans une autre langue

« Comment fait-on justement au niveau du langage quand le service est en anglais pour un enfant qui a des difficultés de langage? », se questionne M. Chiasson.

Maurice Chiasson.

Maurice Chiasson, consultant pour le Réseau de santé en français de l’Île-du-Prince-Édouard

Photo : Radio-Canada / Gilles Landry

Il s’inquiète de la situation, surtout dans des contextes de détresse psychologique où la compréhension des soins offerts devient très importante pour les patients.

« [...] quand on parle du domaine de la santé mentale, souvent la santé mentale on pense aux jeunes, aux adolescents. Mais il faut quand même s'y attaquer très très jeune », illustre Maurice Chiasson.

« Imaginez si le professionnel ne s'exprime pas dans la langue de l'enfant et du parent, ça peut être préjudiciable. »

Les résultats de ces consultations seront présentés à d'autres organismes francophones et ministères de la province, dans l’espoir de trouver des pistes de solutions.

« Nous, on a eu la chance de consulter la communauté, les parents ont participé au processus, mais maintenant c'est à notre tour [au] Réseau [de santé], de renforcer notre rôle de réseautage, puis d'aller présenter ça au comité consultatif acadien, puis dire ‘’voici ce que la communauté a à prioriser au niveau des enfants’’ », ajoute la directrice générale du Réseau de santé en français de l’Île-du-Prince-Édouard.

Les Insulaires devraient prendre connaissance d’un nouveau plan de la part du Réseau de santé dans la prochaine année. 

Avec les renseignements de Rose St-Pierre

Avec les informations de CBC

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