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La famille d'un Autochtone abattu par la police envisage une action au civil

Greg Ritchie, 30 ans, a été tué dans le stationnement d'un centre commercial en janvier 2019.

Un homme en costume.

Greg Ritchie était membre de la Première Nation Saugeen dans le Sud de l'Ontario.

Photo : Courtoisie : Chantel Ritchie

Radio-Canada

La famille d'un Autochtone tué par balles par deux agents du Service de police d'Ottawa (SPO) dit qu'elle envisage d'autres actions, y compris la possibilité d'une action au civil — mais elle veut d'abord voir plus de preuves.

Vendredi, l'Unité des enquêtes spéciales (UES) a indiqué n'avoir trouvé aucun motif raisonnable pour porter des accusations criminelles contre deux agents policiers d'Ottawa.

Greg Ritchie est mort après avoir été atteint par trois balles, dans le secteur du centre commercial Elmvale Acres, boulevard Saint-Laurent. Les agents de police enquêtaient sur ce qu'ils ont appelé un incident suspect dans la zone.

Le rapport de l'UES a révélé que Greg Ritchie portait un bâton de 40 centimètres de long avec une pierre attachée à une extrémité et qu'il l'avait balancé dans la direction d'un policier avant d'être tué.

L'un des officiers a tiré deux fois sur la victime avec un pistolet Taser, selon l'UES. Un premier agent a pointé son pistolet sur Greg Ritchie. Il a tiré deux, et possiblement trois, coups de feu. À peu près au même moment, un second agent a tiré sept coups de feu et possiblement huit, selon le rapport.

Trois balles ont atteint Greg Ritchie, qui est tombé sur le trottoir, près des portes d’entrée.

Pour ce qui est de la force meurtrière utilisée par les agents, bien qu’elle soit tragique puisqu’elle a entraîné la mort du plaignant, je suis d’avis qu’elle constituait une force raisonnablement nécessaire dans les circonstances, conclut le directeur de l'UES, Joseph Martino. Il n’y a donc pas lieu de déposer des accusations criminelles dans cette affaire, et le dossier est clos.

Pour sa part, l'avocat de la famille, Ewan Lyttle, conteste la nature de ces preuves.

Par exemple, il y avait 13 témoins de ce qu'il s'est passé. Il y a une vidéo de surveillance. Il y a la vidéo d'un téléphone portable, a expliqué l'avocat à CBC samedi.

Le directeur dans son rapport ne cite pas ce que chaque témoin a vu ou entendu, et n'explique pas ce que l'on peut voir dans la vidéo, a-t-il poursuivi.

Un homme assis pose pour une photo.

Ewan Lyttle est l'avocat de la famille de Greg Ritchie.

Photo : Radio-Canada / Natalia Goodwin

Des incohérences?

L'avocat a demandé ces preuves à l'UES, ajoutant que la famille de la victime est ouverte à l'idée d'engager une procédure civile si elle suggère qu'une telle procédure pourrait être possible.

Une enquête du coroner pourrait également être une étape ultérieure, a-t-il dit.

Me Lyttle a déclaré qu'il voyait déjà certaines incohérences dans le rapport — par exemple, le fait que des témoins ont déclaré avoir vu et entendu des coups de feu juste avant 8 heures du matin, mais qu'un des agents a tiré avec son pistolet Taser à 8 h 07.

[Cela] laisse supposer que des coups de feu ont été tirés avant le déploiement du pistolet Taser, en a-t-il déduit.

Un groupe de défense des droits des Autochtones de la région d'Ottawa estime que de telles affaires ont une incidence sur la manière dont les membres de la communauté interagissent avec la police.

Je pense qu'ils vont avoir peur, pour commencer, a affirmé le chef de la Coalition des Autochtones en Ontario, Elmer St. Pierre.

Pourquoi ont-ils dû le tuer? Ils auraient pu lui tirer dans le bras, lui tirer dans la jambe, n'importe où. Mais tirer neuf fois sur une personne, c'est ridicule

Elmer St. Pierre, chef de la Coalition des Autochtones en Ontario
Une photo de Greg Ritchie dans une voiture montrant une toile.

Greg Ritchie, 30 ans, est mort sous les balles des policiers d'Ottawa le 31 janvier 2019 (archives).

Photo : Gracieuseté de Chantel Ritchie

La famille est « bouleversée »

Pour l'instant, la famille Greg Ritchie — membre de la Première Nation Saugeen dans le Sud de l'Ontario — ne parle que par l'intermédiaire de son avocat. Elle avait pourtant déjà expliqué qu'il souffrait de problèmes de santé mentale au moment de sa mort.

Ils sont profondément bouleversés. [...] Ils ont été très patients et très stoïques, mais ils attendent toujours des réponses. Et ça fait longtemps, assure l'avocat à propos des membres de la famille de Greg Ritchie.

Il devrait rencontrer la famille et l'UES dans une semaine ou deux et recevoir les preuves citées dans le rapport dans un mois environ.

Après l'avoir examiné, la famille décidera de la prochaine étape, a-t-il conclu.

Avec les informations de Natalia Goodwin de CBC

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