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Le statu quo règne à Tyendinaga au lendemain de la conférence de Trudeau

Une personne marche le long de la voie ferrée près d'un blocus à Tyendinaga où l'on aperçoit un paysage enneigé.

Une personne marche le long de la voie ferrée près d'un blocus à Tyendinaga, près de Belleville, en Ontario, le samedi 22 février 2020.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

Radio-Canada

À peine 24 heures après l'appel au démantèlement des barricades lancé par premier ministre Justin Trudeau, une nouvelle manifestation a eu lieu près d'une voie ferroviaire à Saskatoon.

La police locale dit surveiller la situation de près, mais a refusé de commenter plus amplement. Le cabinet du premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, a indiqué que les manifestants avaient laissé passer un train.

Ces blocages de voies ferrées, comme celle en cours sur le territoire mohawk de Tyendinaga, dans l'est de l'Ontario, sont une riposte à la décision de la GRC d'exécuter une injonction de la cour en Colombie-Britannique, ordonnant aux manifestants de cesser de bloquer l'accès à un chantier de construction d'un gazoduc sur le territoire ancestral des Wet'suwet'en, dans le nord de la province.

Un manifestant regarde à travers une paire de jumelles la voie ferrée fermée de Tyendinaga, près de Belleville, en Ontario, où l'on voit des drapeaux flottés aux vents.

Un manifestant observe à travers une paire de jumelles la voie ferrée fermée de Tyendinaga, près de Belleville, en Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

L'attention se tourne vers les corps policiers canadiens depuis que M. Trudeau a demandé à ce que les injonctions soient respectées pour lever les barricades sur les voies ferrées. Il n'a pas précisé ni quand ni comment il compte faire respecter ces injonctions.

Un chef héréditaire des Wet'suwet'en a dit que les manifestants ne retireront pas les barricades par eux-mêmes tant et aussi longtemps que les agents de la GRC n'auront pas quitté son territoire ancestral. Il a aussi réclamé que la Coastal GasLink cesse ses travaux de construction.

Le chef Woos (Frank Alec) s'adresse à des reporters.

Le chef Woos (Frank Alec) exige que la GRC quitte son territoire ancestral et que Coastal GasLink cesse ses travaux de construction, avant de négocier avec Ottawa.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Woos, de la maison des Grizzlies, a indiqué que ces dirigeants autochtones n'amorceront pas les négociations tant que ces deux conditions n'auront pas été respectées. M. Trudeau a dit que les manifestants devaient obéir aux injonctions et que la loi devait être respectée.

Deux barricades ont été levées au Québec, la première à St-Lambert, la seconde à Île-Verte.

Mais celle de Tyendinaga demeurait encore en place, samedi. D'autres manifestations sont prévues pour le 20 mars le long des limites du Manitoba.

Un contre-manifestant tient des pancartes face à un blocus constitué de voitures et de drapeaux près d'une voie ferrée.

Un contre-manifestant, Chander Datta, de Kingston, tient des pancartes près du blocus ferroviaire à Tyendinaga, près de Belleville, en Ontario, pour demander de lever le blocage qui paralyse une partie du pays.

Photo : La Presse canadienne / Lars Hagberg

La Police provinciale de l'Ontario a dit qu'elle ne comptait pas intervenir à Tyendinaga dans un avenir immédiat.

Les partisans des chefs héréditaires disent avoir été amèrement déçus par les déclarations de M. Trudeau. Une manifestante a même dit que le changement de ton du premier ministre canadien l'avait incitée à parcourir 40 kilomètres pour se rendre à la barricade installée en territoire mohawk.

Je voulais venir, mais ce qui m'a convaincue, c'est ce qu'il a dit hier vendredi, a expliqué Sarah Dear, qui avait apporté de petits cadeaux du Mexique. J'ai voté pour Trudeau en 2015 parce qu'il avait promis une réconciliation significative. Mais, de mon point de vue, il a brisé cette promesse.

Cory Clark vit sur le territoire de Tyendinaga même s'il n'est pas un Autochtone. Lui aussi estime que M. Trudeau a pris une mauvaise décision en adoptant un mauvais ton.

Il ne parle pas aux bonnes gens. Tenter d'imposer la loi ne fonctionnera pas, souligne-t-il. Il y a toute une génération prête à se lever contre plusieurs choses qui ne fonctionnent pas.

Selon lui, si la police tente de démanteler les barricades par la force, les manifestants leur opposeront une résistance.

Pour Justin Trudeau, les Canadiens ont assez souffert des inconvénients causés par ces blocages de voies ferrées.

Soyons francs : tous les Canadiens en paient le prix. Certains ne peuvent plus aller travailler, d'autres ont perdu leur emploi, a-t-il déclaré au cours de sa conférence de presse de vendredi. Des produits essentiels ne peuvent plus être acheminés.

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