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Coronavirus : près de 80 cas en Italie, au moins 11 villes en isolement

Les voies ferrées d'une gare déserte.

La gare de Codogno a été fermée par les autorités par mesure de précaution.

Photo : Reuters / Flavio Lo Scalzo

Agence France-Presse

L'Italie a annoncé samedi la mise en isolement pour environ deux semaines d'une dizaine de villes du nord du pays, après la découverte de 76 cas de contamination au nouveau coronavirus en deux jours, et deux décès, les premiers d'Européens sur le continent.

Dans les zones considérées comme des foyers, ni l'entrée ni la sortie ne sera autorisée sauf dérogation particulière, a déclaré devant la presse le premier ministre italien Giuseppe Conte, en soulignant qu'environ 50 000 personnes seront concernées.

À l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire de plus de quatre heures et au terme d'une journée de réunions tous azimuts, M. Conte a aussi annoncé la fermeture des entreprises et des établissements scolaires de ces zones ainsi que l'annulation de tous les événements publics (carnavals, compétitions sportives, sorties scolaires, etc.).

Trois matchs de championnat de Série A prévus dimanche ont été reportés: Inter-Sampdoria, Atalanta-Sassuolo et Vérone-Cagliari. Ils devaient se dérouler dans les deux régions les plus touchées: la Lombardie (autour de Milan) et la Vénétie (autour de Venise). Les universités de ces deux grandes régions seront fermées par précaution.

Le foyer principal se trouve autour de Codogno, à 60 km de Milan. Dans cette ville et neuf localités voisines, tous les lieux publics (bars, mairies, bibliothèques, écoles) sauf les pharmacies sont fermés depuis vendredi soir.

Une note dans une vitrine indique, en italien, qu'il n'y a plus de masques en stock

Une note dans la vitrine d'une pharmacie de Codogno indique qu'il n'y a plus de masques en stock.

Photo : The Associated Press / Luca Bruno

L'autre zone est le village de Vo' Euganeo où a été annoncé vendredi soir le premier décès d'un Italien (et Européen), un maçon de 78 ans nommé Adriano Trevisan. Le deuxième décès, d'une femme du même âge, s'est produit près de Codogno dans la nuit.

Selon M. Conte, les mesures d'isolement concerneront environ 52 000 personnes dont 47 000 près de Codogno, mais les personnes pourront circuler à l'intérieur de ces zones.

Au besoin, pour surveiller les points de contrôle, M. Conte a dit qu'il enverrait l'armée. Le décret-loi prévoit des sanctions pouvant aller jusqu'à trois mois de réclusion.

Le chef de la protection civile, Angelo Borelli, a annoncé un total de 79 malades à ce jour, dans lesquels il a inclut trois contaminations connues depuis des semaines, contractées hors d'Italie.

Les nouveaux cas sont au nombre de 76, dont 54 pour la seule Lombardie et 17 en Vénétie. Trois autres, deux en Emilie-Romagne et un dans le Piémont, dérivent apparemment du foyer de Codogno.

Sur le total de personnes testées positivement, 13 sont en thérapie intensive, 33 hospitalisées avec des symptômes et 11 simplement en isolement à domicile.

Selon les autorités de Lombardie, le foyer de cette région a pour origine Mattia, un chercheur de 38 ans, le patient 1, hospitalisé en soins intensifs depuis mercredi à Codogno et transféré samedi à Pavie.

Sa maladie est un mystère car il est exclu qu'il ait été contaminé par l'un de ses amis revenu de Chine en janvier. Sur la base des tests effectués, [l'ami] n'a pas développé les anticorps, a indiqué le ministre adjoint de la Santé, Pierpaolo Sileri.

Dans l'épicentre du foyer, Codogno – 15 000 habitants – des journalistes de l'AFP ont vu des rues désertes pour un samedi soir.

Nous avons tous peur, mais on croise les doigts, nous espérons que tout ira bien, dit à l'AFP Rosa, une pharmacienne, en disant craindre des problèmes de ravitaillement dans les prochains jours.

Les trains de la société privée Trenord ne s'arrêtent plus dans les gares de Codogno et deux villes voisines, habitées par beaucoup de personnes travaillant dans la métropole de Milan, capitale économique italienne.

Un homme au volant d'une automobile porte un masque. Un chapelet est accroché au rétroviseur.

À Codogno, un automobiliste portant un masque.

Photo : Reuters / Flavio Lo Scalzo

À Codogno, des panneaux lumineux annoncent : Coronavirus, la population est invitée à rester chez elle, par mesure de précaution. Des pancartes ont été placées sur les écoles, les églises, les salles de sport, les bibliothèques, les bars, restaurants et discothèques.

Erika, serveuse dans un restaurant qui a fermé pour 15 jours, avoue avoir un peu peur car on peut tous être contaminés. Nous achetons des provisions de nourriture car on ne sait pas si les supermarchés resteront ouverts, ajoute-t-elle, en soulignant que la famille a acheté des boissons pour passer une soirée tranquille mais tous enfermés à la maison.

Malgré des craintes, les défilés de la Semaine de la mode milanaise se sont poursuivis tranquillement, sans panique, a indiqué à l'AFP le président de la Chambre de la mode, Carlo Capasa.

Le désigner Giorgio Armani a toutefois annoncé samedi soir qu'il fera défiler ses mannequins à portes closes dimanche avec retransmission en direct sur son site pour ne pas mettre à risque la santé des participants.

Très sportif, le patient 1, cadre de la multinationale américaine Unilever, a participé à plusieurs marathons début février. Un total de 120 salariés du siège local, sur 160, ont été testés.

Involontairement, il a contaminé sa femme enceinte de huit mois, un ami avec lequel il jouait au soccer et trois habitués d'un bar local. Les autres cas du foyer sont des médecins, des aide-soignants, et des patients de l'hôpital de Codogno qui ont infecté leur entourage.

En Vénétie, sous le choc d'avoir enregistré le premier mort italien, les autorités ont soumis à des tests des ressortissants chinois qui fréquentaient le bar de Vo' Euganeo, comme le maçon Adriano Trevisan.

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