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Les accusations à l’encontre de Jean Vanier font réagir dans la région

Jean Gauthier, écrivain et ancien professeur de théologie, face à la caméra

Jacques Gauthier, écrivain et ancien professeur de théologie, a vécu quelques mois en colocation avec Jean Vanier. Il se dit choqué par les révélations qui concernent le fondateur de L'Arche.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une enquête révèle que Jean Vanier, le fondateur de L’Arche qui est décédé l’an dernier, a abusé sexuellement de femmes vulnérables. Ceux qui le connaissaient à Ottawa et Gatineau se disent choqués par la nouvelle.

Jean Vanier était une personnalité respectée et couverte des plus grands honneurs. Mais une enquête commandée par L’Arche, l’organisation accueillant des personnes vivant avec une déficience intellectuelle qu’il a lui-même fondée, jette le discrédit sur les agissements du Canadien.

Jean Vanier

Jean Vanier est mort en mai 2019 à l'âge de 90 ans.

Photo : Associated Press / Lefteris Pitarakis

L'organisation a reçu un premier témoignage inquiétant en 2016, puis un autre en mars 2019, deux mois avant la mort de son fondateur. Grâce aux témoignages de victimes couvrant la période de 1975 à 2000, les enquêteurs concluent que Jean Vanier a entretenu des relations sexuelles manipulatrices avec au moins six femmes adultes et non handicapées.

C’est un choc. C’était un ami, un modèle pour moi. J’ai vécu avec Jean Vanier en 1973 quand j’avais une vingtaine d’années. C’était un modèle, je n’aurais jamais pu penser ça, a indiqué Jacques Gauthier, écrivain et ancien professeur de théologie, à l'Université Saint-Paul.

Un sentiment de trahison

L’an dernier, M. Gauthier avait écrit des éloges sur son blogue au sujet de Jean Vanier.

Je le prenais pour un Saint, j’ai écrit qu’il sera peut-être un jour officiellement canonisé, mais là, la statue tombe.

Une citation de :Jacques Gauthier, écrivain et ancien professeur de théologie.

L’écrivain et théologien ajoute : Ça n'enlève pas tout le bien qu’il a fait. C’était un homme de compassion, mais il a eu cette faiblesse-là avec des abus de pouvoir qui ont dégénéré dans des abus sexuels de femmes adultes. C’est désarçonnant et c’est un petit peu comme si on avait été trahis.

Consternation à l'Arche Agapè de Gatineau

L'onde de choc s'est propagée jusqu'à l'Arche Agapè, l'une des branches de la fondation L'Arche, située sur le territoire de Gatineau. Elle compte une communauté de 18 bénéficiaires et près de 15 assistants vivant ensemble.

Nous étions tous choqués d’apprendre cette nouvelle. Cependant, il faut faire la différence entre un homme et ses actions et la grande mission de L'Arche. Donc, après avoir absorbé le choc, on se concentre sur la mission et ce qui nous tient le plus à cœur, soit les personnes qu’on accueille, a régi Nancy Lamothe, directrice de l’Arche Agapè de Gatineau.

Mme Lamothe dit redouter la manière dont la nouvelle sera reçue par les personnes accueillies dans les foyers. On sait que certaines personnes ont été abusées dans leur histoire, elles sont passées au travers de ça et on ne sait pas ce que cela va faire de réentendre ce genre de message là aujourd'hui, donc c'est important de les accompagner, a souligné Mme Lamothe.

La directrice de l'organisme de Gatineau s'est dite fière de la transparence dont a fait preuve L'Arche internationale dans ce dossier et espère que cela n'aura pas d'impact négatif sur l'implication des donateurs et des bénévoles.

Vanier, un nom très présent dans la région

Si ces révélations suscitent une onde de choc chez ceux qui connaissaient Jean Vanier ou son travail, elles posent aussi la question des hommages qui lui ont été rendus.

Une dizaine d’écoles catholiques portent son nom en Ontario. Et le nom Vanier est très répandu dans des rues ou des établissements de la région d’Ottawa et de Gatineau : le quartier Vanier, la promenade Vanier, l'ancien chemin Vanier ou encore le pavillon Vanier à l’Université d’Ottawa.

Michel Prévost, président de la Société d’histoire de l‘Outaouais, nuance : Il faut savoir qu’à l’exception des écoles, ces noms-là sont en mémoire des parents de Jean Vanier, le général Georges Vanier, ancien gouverneur général du Canada, et son épouse Pauline Vanier, qui était aussi très populaire.

Michel Prévost, président de la Société d’histoire de l‘Outaouais, face à la caméra.

Michel Prévost, président de la Société d’histoire de l‘Outaouais, rappelle que la majorité des lieux publics nommés Vanier dans la région sont un hommage aux parents de Jean Vanier.

Photo : Radio-Canada

Revoir les règles de toponymie?

L’historien rappelle que des règles existent et sont définies par la Commission de toponymie du Québec. Au Québec, il faut attendre au moins un an après la mort d’une personne avant de nommer un lac, un pont ou encore une place, parce que c’est souvent après la mort des individus qu’on peut trouver des squelettes, a précisé M. Prévost.

Il confirme qu’il arrive encore fréquemment qu’on nomme des écoles ou des parcs du nom de personnes vivantes. Je pense qu’il faudrait généraliser l’approche et dire qu’avant de nommer un endroit, il faut attendre que la personne soit décédée depuis un certain temps. Peut-être même qu’un an c’est un peu trop court, a ajouté l'historien.

Le président de la Société d’histoire de l‘Outaouais anticipe aussi une révision des termes utilisés dans l’Encyclopédie canadienne. On le présentait comme un chef spirituel, avec un immense respect pour les personnes [...] je suis certain qu’on va devoir réviser le texte, a-t-il prédit.

Avec les informations de Boris Proulx

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