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Un anniversaire amer pour les Algériens

Des manifestants portant le drapeau algérien.

Vendredi, la 53e manifestation hebdomadaire consécutive a drainé une foule immense dans les rues d'Alger, en Algérie.

Photo : afp via getty images / RYAD KRAMDI

Radio-Canada

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées samedi au cœur d'Alger, tout comme à Montréal, en ce jour anniversaire du déclenchement du « Hirak », cette mobilisation populaire inédite qui agite l'Algérie depuis un an.

Le mouvement de contestation populaire contre le régime en Algérie, qui est aussi appelé la « révolution du sourire », ne s'est pas essoufflé depuis ses débuts.

Nous sommes venus vous dégager!, le peuple veut faire chuter le régime, ont scandé à l'adresse des dirigeants algériens les protestataires rassemblés autour de la Grande Poste, lieu de regroupement historique des manifestations hebdomadaires du « Hirak » dans la capitale depuis le 22 février 2019.

Non au pouvoir militaire, État civil et non militaire, était-il également inscrit sur une grande banderole, en référence à l'autorité exercée de façon opaque par le haut commandement militaire sur le pouvoir civil depuis l'indépendance du pays en 1962.

Les manifestants ont tenté samedi de progresser vers le palais d'El Mouradia, le siège de la présidence algérienne, mais ils en ont été empêchés par des cordons des forces de la police antiémeute, qui a fait usage d'un canon à eau pour les bloquer et les repousser, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Quelques personnes ont été interpellées brièvement avant d'être relâchées.

Le calme est ensuite revenu et une foule compacte est retournée vers l'esplanade de la Grande Poste en criant le slogan phare du premier anniversaire du « Hirak » : Nous ne sommes pas venus faire la fête, mais nous sommes venus vous dégager.

Les derniers groupes de protestataires ont été dispersés par la police en fin d'après-midi.

Appel à la mobilisation

Des appels à manifester samedi avaient été lancés sur les réseaux sociaux pour célébrer le premier anniversaire de ce mouvement de contestation, qui continue semaine après semaine à réclamer le changement total du « système » au pouvoir.

Vendredi, la 53e manifestation hebdomadaire consécutive a drainé une foule immense dans les rues d'Alger et dans de nombreuses autres villes du pays, démentant de manière cinglante les récents propos du président Abdelmadjid Tebboune, élu en décembre, qui a affirmé que « les choses commencent à s'apaiser » dans la rue.

À Montréal, près d'un millier de personnes ont défilé samedi midi dans les rues de la ville pour se rendre au consulat algérien, où avait lieu un rassemblement.

Y a-t-il beaucoup de peuples sur la planète qui ont marché, chaque semaine, dans toutes les villes d’Algérie, à Montréal, à Paris ou encore à New York, sans aucun élément de violence, a notamment souligné une manifestante, qui a participé à la mobilisation montréalaise.

Une manifestation a également eu lieu le 16 février dans les rues de Paris pour marquer l’événement.

Pacifiques, mais déterminés

Le 22 février 2019, les Algériens, perçus comme résignés et dépolitisés, descendaient en masse dans les rues des grandes villes du pays, notamment à Alger où toute manifestation est pourtant interdite, pour s'opposer à la volonté annoncée du président Abdelaziz Bouteflika, profondément diminué par la maladie, de briguer un cinquième mandat.

Six semaines de manifestations de plus en plus massives ont contraint, le 2 avril, le haut commandement de l'armée, pilier du régime, à exiger et obtenir la démission de M. Bouteflika, au pouvoir depuis 20 ans.

Mais le « Hirak », qui exige une véritable « rupture avec les institutions actuelles » et refuse que le processus soit confié au pouvoir en place, n'a pu empêcher l'organisation d'une présidentielle en décembre et l'élection de M. Tebboune, ancien fidèle de M. Bouteflika, malgré une abstention record, soit plus de 60 %.

Avec les informations de Michel Marsolais.

Avec les informations de Agence France-Presse

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