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Dix ans plus tard, le tourisme autochtone profite encore des Jeux olympiques de 2010

Candace Campo dirige Talaysay Tours, une entreprise qui offre des promenades d’interprétation dans le parc Stanley de Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Maryse Zeidler

Radio-Canada

Selon l’Association touristique autochtone du Canada, les Jeux olympiques d’hiver de Vancouver en 2010 ont changé la vie d’un bon nombre de ses membres.

C’est le plus grand événement de l’histoire du Canada pour le tourisme autochtone. Ça nous a fait connaître dans le monde entier, croit le président-directeur général de l’Association touristique autochtone du Canada, Keith Henry.

Nombreux sont ceux qui sont d’accord avec lui et qui reconnaissent que les Jeux olympiques de Vancouver ont été sans précédent sur le plan de l’inclusivité et de la représentation des cultures autochtones à un événement olympique.

John Furlong, ancien président-directeur général du comité organisateur de Vancouver, affirme qu’il était important d’établir un partenariat solide avec les Premières Nations locales.

Ce n’était pas quelque chose de facile à faire, mais nous en sommes tous fiers, dit-il.

Même le grand chef de l’Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique Stewart Philip, un ardent critique des jeux, admet que l’événement de 2010 a fait la promotion des Premières Nations dans le monde entier.

Je ne pense pas qu’il y ait de doute que les Jeux olympiques de 2010 ont mis en valeur la diversité, la beauté et la force de la culture autochtone ici en Colombie-Britannique, souligne-t-il.

Candace Campo dirige une entreprise qui offre d’authentiques expériences culturelles autochtones avec des guides provenant de Premières Nations de la province.

Elle voit encore les effets bénéfiques de la visibilité apportée par les Jeux olympiques de Vancouver. 

Les affaires ont augmenté dans les dernières années, mais c’est juste avant les Jeux olympiques de 2010 qu’elle a vraiment commencé à constater une augmentation de la demande pour les services de son entreprise.

La promotion de nos communautés autochtones a été très forte et en tant que petite entreprise touristique ç’a été vraiment bénéfique pour nous, dit-elle.

Une demande qui entraîne des défis

Keith Henry mentionne toutefois que bien que la représentation a amené une demande touristique jamais vue auparavant, elle vient aussi avec certaines difficultés.

Keith Henry en entrevue dans son bureau.

Keith Henry est président-directeur général de l'Association touristique autochtone du Canada.

Photo : Radio-Canada / Christian Amundson

Il mentionne entre autres les problèmes d’authenticité et de représentation.

Les oeuvres d’art autochtones valent des milliards de dollars au Canada en ce moment. La plupart d’entre elles n'ont malheureusement aucun lien avec la communauté autochtone locale, dénonce-t-il en citant en exemple les nombreux objets souvenirs fabriqués en Chine.

Un ours en peluche en habit de la police montée du Canada, un autre porte un chandail rouge avec une feuille d'érable et le mot Canada, une tasse, des cartes et des décorations de Noël inspirées d'art autochtone.

Le président-directeur général de l'Association touristique autochtone du Canada dénonce que beaucoup d’art autochtone vendu dans les magasins de cadeaux n’a aucun lien avec les Premières Nations locales.

Photo : Radio-Canada / Maryse Zeidler

La question de la représentation touche également les voyagistes désireux de tirer parti de la forte demande, mais qui ne fournissent pas un produit authentique local.

Keith Henry donne en exemple des entreprises qui offrent une tournée de tipis sur la côte ouest, même si les tipis étaient surtout utilisés par des groupes autochtones des Plaines.

L’industrie touristique est aussi confrontée à son lot de stéréotypes de la part de leurs clients, dont certains ne comprennent pas que les cultures autochtones ne sont pas ancrées dans le passé et ont évoluées avec le temps.

Candace Campo elle, croit qu’il y a dans ces rencontres avec les touristes la chance d’éduquer les gens en dissipant les idées fausses et en partageant des renseignements plus exacts. 

Elle-même ancienne enseignante, elle croit aussi que l’éducation de ses clients procure des avantages personnels.

En ayant la chance de partager notre histoire et notre culture, nous pouvons nous-même guérir. Je parle de mes ancêtres et du fait que je viens d’un peuple autochtone exceptionnel et ça, ça nourrit l’âme, conclut-elle.

Avec les informations de Jason D'Souza et Mike Killeen

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