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Numériser des artéfacts nord-côtiers

L'objectif du projet est de permettre à la population de découvrir des objets comme des pierres, des pointes de flèches et des morceaux de céramique en lien avec l'histoire du territoire de la Côte-Nord.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Radio-Canada

L'organisme Archéo-Mamu a obtenu 77 000 $ du ministère du Patrimoine canadien pour numériser 500 artéfacts trouvés un peu partout sur la Côte-Nord.

L'équipe a mené de nombreuses fouilles dans certains des 1500 sites nord-côtiers. Les artéfacts ont été récoltés de Tadoussac jusqu'à Blanc-Sablon, indique le coordonnateur du projet, Jean-Simon Labbé.

En fait, c'est 500 artéfacts, 250 préhistoriques, 250 historiques.

Jean-Simon Labbé, coordonnateur pour Archéo-Mamu

On veut représenter le plus possible qui était sur la Côte-Nord, que ce soit des Autochtones [ il y a ] 8000 ans et plus ou des Européens, Eurocanadiens [ il y a ] plus ou moins 500 ans, explique M. Labbé.

Des gouges, des têtes de haches, et même des céramiques; les artéfacts numérisés sont nombreux et diversifiés.

Habituellement, les artéfacts recueillis par l'équipe d'Archéo-Mamu sont envoyés au Laboratoire et Réserve d'archéologie du Québec (LRAQ), où ils sont conservés. Il est donc difficile pour le public d'y accéder, même si certaines pièces sont parfois accessibles lors d'expositions. La numérisation de ces objets les rendra accessibles en tout temps.

Le processus de numérisation

Deux techniques de numérisation sont utilisées par l’équipe d’archéologues.

La photogrammétrie est une méthode qui consiste à prendre un très grand nombre de photos de l’objet, entre 100 et 500, et d’utiliser un logiciel qui en fera l’assemblage numérique.

On prend toutes ces photos-là, on les met dans le programme et boum, ça va nous faire le modèle dans une couple d'heures, explique le coordonnateur du projet.

Ainsi, avec la numérisation, tout le monde pourrait examiner un artéfact derrière son écran.

Numérisation d'une pointe de flèche.

Le scanner 3D est la seconde technique utilisée pour numériser des artéfacts par l’équipe d’Archéo-Mamu.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Des sites en entier sont parfois numérisés.

Considérant que l'archéologie, c'est une science qui détruit, c'est le fun d'avoir des traces en 3D de ce qu'on a fait.

Jean-Simon Labbé, coordonnateur pour Archéo-Mamu

Archéo-Mamu a notamment tenté l'expérience sur le site d'une ancienne maison à Pessamit.

Le défi de la transparence des objets

Les pierres transparentes donnent toutefois des maux de tête aux archéologues.

Pour la numérisation 3D, les lasers passent à travers, donc ne détectent pas. Et la photogrammétrie, c'est tellement transparent, blanc, qu'on dirait que ça n'arrive pas à connecter les points, explique Jean-Simon Labbé.

L’équipe d’Archéo-Mamu essaie de trouver une façon de tout de même numériser ces objets. Si on n’a pas ces objets-là, on ne va pas vraiment avoir une bonne vision de la Côte-Nord au temps préhistorique, précise-t-il.

Une fois numérisés, les 500 artéfacts seront accompagnés d’un petit paragraphe descriptif afin de les mettre en contexte. Des détails concernant les fouilles qui ont permis de les trouver seront notamment répertoriés.

Les instigateurs du projet souhaitent que les artéfacts numérisés soient accessibles au grand public afin de stimuler l’intérêt de la population pour l’histoire et la richesse du territoire de la Côte-Nord, mais la plateforme sur laquelle ils pourront être observés n'a pas encore été déterminée.

Avec les informations de Marlène Joseph-Blais

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