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chronique

Redécouvrir The Franklin Electric

Un homme vêtu de noir, au micro sur scène avec une guitare.

Le chanteur et multi-instrumentiste Jon Matte.

Photo :  courtoisie / Eric Brisson

Il y a des musiques que l’on écoute avec recueillement et d’autres qui servent à faire la fête. Il y a aussi des groupes dont on savoure le répertoire avec plus de plaisir dans un contexte bien précis. C’est ce qui s’est produit avec le collectif The Franklin Electric, qui avait réuni des conditions gagnantes, vendredi soir, au MTelus.

Rien à voir avec l’ambiance qui prévalait lors de la prestation de la bande à Jon Matte à l'été 2019, durant le festival Osheaga.

En août, The Franklin Electric avait interprété en plein air une poignée de succès et quelques nouvelles chansons du mini album In Your Head, paru 48 heures plus tôt. Le contexte : une prestation de moins d’une heure livrée devant 200 personnes, à 14 h, sous un soleil de plomb. Pas idéal, même si ce fut sympathique.

Vendredi soir, dans une salle bondée de 2300 personnes où Matte et ses musiciens étaient les têtes d’affiche, The Franklin Electric a offert un concert d’une heure et quarante minutes farci de succès et de plusieurs nouvelles chansons du mini album In Your Heart paru… le jour même.

Entre août et février, c’était le jour et la nuit…

Et la nuit sied nettement mieux à The Franklin Electric. Arrivée du groupe dans la pénombre sous les applaudissements, amorce vivifiante avec Made It Up In Your Head et son tempo d’ouverture infectieux : en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, l’auditoire était conquis.

La tête et le cœur

Mis en marché à quelque six mois d’intervalle, In Your Head et In Your Heart sont les deux parties complémentaires de la même période d’écriture de Matte, il y a près de deux ans. Et les chansons, que l’auteur-compositeur et interprète a décrites comme étant les plus intimes qu’il ait jamais composées, ont représenté la moitié du répertoire offert au MTelus. Nous étions presque en mode (re)découverte du collectif.

L’attention et l’écoute de la foule étaient pourtant au rendez-vous, hormis les quelques bavards incontournables qui polluent n’importe quel concert populaire en 2020. Il faut dire que Matte s’arrange pour accaparer l’attention de la bonne manière.

Le monsieur n’est pas une bête de scène, il n’y a aucun décor et le jeu de lumières ne pourrait être plus minimaliste. Matte a toutefois un fort joli timbre de voix qui vient vous chercher. Plusieurs de ses chansons sont structurées d’amorces lentes dont les rythmiques s’accélèrent avant de s’offrir une rupture au sommet d’un crescendo, histoire de reprendre au point de départ. Rien de révolutionnaire, mais rien de linéaire non plus. Efficace.

Le musicien sait aussi varier les offrandes, lui qui peut passer de la guitare électrique (Ghost) à l’acoustique (Trouble), tout en passant par les claviers (In Your Heart) ou la trompette (Anything For Love). Parfois, avec ses trois musiciens, il migre du mode électrique à l’acoustique, en bivouac, à l’avant de la scène. On oscille ainsi entre les ambiances allant du concert rock aux prestations folk avec aisance et sans heurts.

S’adressant plus souvent en français qu’en anglais à la foule, Matte a rappelé les modestes débuts du groupe à la Casa del Popolo et l’appui indéfectible du public montréalais.

Vous faites partie de cette histoire, a-t-il lancé à l’assistance avant d’interpréter I’ve Been Here Before. Les spectateurs ont spontanément chanté ici et là, notamment durant Strongest Man Alive, mais rien n’a battu la participation collective digne d’un chœur en finale de Are We Together Now.

L’ajout de cuivres (saxophone, trompette) au deux tiers de la soirée a donné du tonus à certains titres et a incité les spectateurs à battre la mesure plus souvent qu’à leur tour. Matte a improvisé quelques anciens titres à la guitare acoustique de façon un peu brouillonne, mais il a livré des versions inspirées de Unsatisfied (intense) et This is How I Let You Down (touchante), deux des chansons du premier disque qui ont révélé The Franklin Electric.

Cadeau de clôture : une interprétation du classique If You Could Read My Mind, de Gordon Lightfoot, que The Franklin Electric a intégré depuis longtemps à ses spectacles.

Cela dit, il était aisé de connaître l’état d’esprit de Jon Matte : il suffisait de voir son sourire éclatant face à la foule en liesse.

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