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Parcourir 1062 km à vélo dans le désert en deux jours

Deux hommes sont à vélo dans une côte de Taïwan. Ils portent le même ensemble, blanc avec des oiseaux bleus.

Les deux cyclistes ont chacun leurs forces. Jeff excelle sur le plat alors que Cristian est un excellent grimpeur.

Photo : Ray Tsui/BikingMan

Raphaël Guillemette

L’Ontarien Jeff Webb prendra le départ d’une compétition de cyclisme extrême au Moyen-Orient « pour le plaisir », dit-il. Compléter l’épreuve lui demandera près de deux jours.

En fait, c’est vraiment simple. C’est 1000 et quelques kilomètres, indique le natif de Huntsville, sourire en coin. Le départ est à une certaine heure et puis on [roule] jusqu’à la fin. Y’a pas d’étapes comme le Tour de France.

L’athlète de 49 ans sait bien de quoi il parle. Il est lui-même un ancien cycliste qui a couru pour des équipes professionnelles en France, pendant sa vingtaine, notamment. Il a aussi tenté de se tailler une place pour les Jeux olympiques de Barcelone en 1992, avec l’équipe canadienne de cyclisme sur piste.

À pareille date l’an dernier, il a pris part à sa première compétition d’ultracyclisme, au Sultanat d’Oman. Plutôt que de pédaler seul, Webb a décidé de faire équipe avec « un vieux copain de vélo », l’Italien Cristian Auriemma.

Cristian Auriemma célèbre la fin de sa course avec son coéquipier. Jeff Webb reçoit sa médaille à ses côtés.

La satisfaction d'avoir complété une épreuve de plus de 1000 kilomètres du BikingMan n'a rien de comparable.

Photo : Ray Tsui/BikingMan

C’est lui qui l’a attiré vers ce sport. Il a dit ''Allez, viens!" et j’ai dit oui!

Afin d’enregistrer un chrono respectable, Webb, Auriemma et leurs homologues du BikingMan, un circuit mondial d’ultracyclisme, iront jusqu’à se priver de sommeil pendant la compétition. Ceux qui le font très rapidement ne dorment pas. Certains le font en cinq jours, comme un Tour, mais pas nous!

La première fois qu’on était à Oman, on a dormi un peu trop [...] en tout cas pour faire ça rapidement. À Taïwan, on a dormi beaucoup moins et on a terminé deuxièmes, soit le meilleur résultat au classement général pour une équipe de deux coureurs lors d’une épreuve du BikingMan.

Pour terminer parmi les cinq ou dix premiers, il ne faut pas dormir plus d’une heure ou deux.

Jeff Webb

À Taïwan, on a roulé 17, 23 et 26 heures avec trois heures de sommeil seulement entre chaque fois. Qu’on arrive à faire ça, c’est incroyable!

Un homme prend un égoportrait alors que son coéquipier le suit à vélo.

L'Ontarien Jeff Webb en sera à sa troisième épreuve d'ultracyclisme, au Sultanat d'Oman.

Photo : Courtoisie: Jeff Webb

Je me rappelle qu’il y a un an et demi, je pensais que faire 200 kilomètres ou 7-8 heures de vélo, c’était long!, raconte celui qui agit désormais à titre de président-directeur général de FARA, une compagnie de vélo qu’il a fondée en Norvège avec des partenaires.

Intense à sa façon

Les coureurs ont une limite de cinq jours pour compléter l’épreuve d’Oman du BikingMan, mais la paire canado-italienne entend prendre seulement 45 heures cette fois.

En 2019, les deux hommes avaient mis 58 heures 59 minutes pour franchir la ligne d’arrivée. Ils avaient complété la boucle en 12 heures de moins que la meilleure paire de l’année précédente.

Ce qu’il y a, c’est que par rapport au Tour de France où ils [les cyclistes] vont à fond, tout le temps et c’est crevant. Nous, on y va assez doucement. On ne roule pas à fond. On roule à 50 %, 60 % de notre maximum.

En fait, c’est une question de mentalité. Il faut le vouloir, tout le temps. Il faut continuer même si on en a marre.

Deux hommes pédalent sur une route au cœur de la jungle de l'île de Taïwan.

L'Ontarien de 49 ans a déjà pris part à deux épreuves du BikingMan avec son coéquipier, l'Italien Cristian Auriemma.

Photo : Ray Tsui/BikingMan

À Oman, Jeff Webb et Cristian Auriemma auront à composer avec le désert, un défi bien différent de celui de l’épreuve de Taïwan qu’ils ont complétée de brillante façon en novembre dernier.

Je crois qu’il y a une partie à la toute fin, c’est 250 kilomètres sur la même autoroute. C’est pas super intéressant... et surtout la nuit parce qu’on ne voit rien. Seulement la lumière devant, concède l’Ontarien à quelques heures de prendre le départ de sa troisième course du genre.

Je trouve que c’est très intéressant de pousser son cœur, sa machine pour voir de quoi on est capables!

Lors des épreuves du BikingMan, les coureurs peuvent s’arrêter à tout moment et même passer la nuit dans un hôtel, mais le chrono n’arrête pas. Ils ne peuvent être suivis ou aidés par une voiture de ravitaillement comme les cyclistes professionnels du Tour de France, par exemple. On peut acheter des choses au magasin!

L’étape d’Oman est une boucle de 1062 kilomètres à travers le désert. Les cyclistes doivent négocier avec plus de 9000 mètres de montées et descentes, mais ce n’est rien pour décourager la paire qui espère terminer la course lundi alors que la plupart de leurs compatriotes retourneront au boulot après un week-end passé à relaxer à la maison.

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Toronto

Cyclisme