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Incertitudes dans les services de garde scolaires devant la réforme de l’éducation

Des sacs à dos d'élèves accrochés sur un mur.

Selon les plus récentes données de l'Association québécoise de la garde scolaire, 60 % des élèves du primaire fréquentent un service de garde.

Photo : CBC/Robert Short

Un syndicat qui représente les éducateurs des services de garde en milieu scolaire estime que le gouvernement a raté une belle occasion de reconnaître cette profession dans sa réforme de l’éducation.

Éric Pronovost, président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS), confirme avoir présenté des solutions au gouvernement lors d'une commission parlementaire avant l’adoption du projet de loi 40 sur la réforme de l’éducation il y a deux semaines.

Finalement, on s’est fait rentrer un projet de loi en bâillon et on ne sent pas que le ministre nous a écoutés, dit-il, on a pourtant remis nos recommandations, parce que nos employés sont peu ou pas valorisés.

M. Pronovost est éducateur en milieu scolaire. Il soutient que ses collègues et lui sont particulièrement inquiets de la possible augmentation de la sous-traitance.

Avec les commissions scolaires qui deviennent des centres de services scolaires, ça va vraiment ouvrir la sous-traitance. Les centres vont vouloir se regrouper et nos gens vont devoir se déplacer d’un endroit à l’autre, croit-il.

Le président de la FPSS aurait voulu plus de clarté en ce sens dans le projet de loi, puisque selon lui, les employés des services de garde dans les écoles scolaires méritent cette reconnaissance.

Une homme avec des lunettes, debout devant un panneau sur lequel on peut lire Fédération du personnel de soutien scolaire (CSQ).

Éric Pronovost, président de la FPSS-CSQ

Photo : FPSS-CSQ

Avec l’abolition des élections scolaires, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge souhaite faire des économies de 10 millions de dollars par année. Les centres de services scolaires permettent de décentraliser la prise de décision. Selon le gouvernement les parents et les écoles auront plus de pouvoir.

Rappelons que les quelque 30 000 membres de la FPSS ont débuté les négociations avec le gouvernement pour le renouvellement de la convention collective des employés du secteur public de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

C’est naviguer dans l’incertitude

La réforme de l’éducation soulève de nombreuses questions, dit un technicien en service de garde de Québec.

Il faut que je réponde à mes éducatrices, affirme Éric Gagné,je dois répondre à leurs questions sur la période des affectations qui arrive en juin. Elles se demandent si elles restent dans leur milieu, ou si elles tentent de trouver une école urbaine, où il y a plus de services.

M. Gagné, qui est sur l’exécutif du syndicat de sa région, ajoute que la loi modifiant la Loi sur l’instruction publique (LIP) permettra aux parents d’inscrire leurs enfants dans des écoles de leur choix.

Nous, on imagine bien un parent disons de l’île d’Orléans, qui travaille à Québec, et qui pourrait désirer envoyer son enfant à Québec pour l’école, dit-il, ça va vider les services de garde en milieux ruraux et remplir ceux des centres.

Il précise qu’une des craintes serait que la seule technicienne en service de garde de l’île se retrouve à couvrir toutes les périodes du dîner au lieu de faire ses tâches.

Devant la diminution du nombre d'élèves dans une école, la direction pourrait être tentée de couper des postes d'éducateurs, s'inquiète M. Gagné.

Ça ne laisse plus de temps pour la préparation, la facturation, les tâches des techniciens, donne-t-il comme exemple.

Un homme avec un chandail brun et une chemise debout, devant un mur de briques

Éric Gagné, technicien en service de garde

Photo : FPSS-CSQ

Le 7 février à l'Assemblée nationale, l'adjoint parlementaire du ministre de l'Éducation a voulu expliquer pourquoi la réforme de l'éducation enlève le droit de veto des commissions scolaires lorsqu'un parent choisit une école à l'extérieur de son territoire.

Youri Chassin a affirmé que le projet de loi 40, adopté lors de cette séance extraordinaire, reconnaît fondamentalement qu'il est légitime pour les parents d'être les premiers décideurs de ce qui est bon pour leurs enfants et on leur évite donc des vexations bureaucratiques.

Lors de cette même séance, le ministre Jean-François Roberge a aussi assuré avoir rencontré des enseignants, des employés des services de garde et des employés de soutien et qu'ils étaient prêts pour une transition. Le réseau a hâte que ça commence, a-t-il ajouté.

Revoir le règlement

À l’Association québécoise de la garde scolaire (AQGS), la présidente Réjeanne Brodeur admet qu’il existe une certaine déception.

On aurait aimé que les services de garde soient mieux reconnus dans la loi, souligne-t-elle, ainsi les enjeux auraient été mieux compris, ça aurait pu assurer la qualité des services d’un milieu scolaire à l’autre.

Cependant, l’organisme reste optimiste. L’AQGS souhaite que le ministre accepte de revoir le Règlement sur les services de garde en milieu scolaire, annexé à la LIP.

On veut vraiment travailler main dans la main avec le ministre, précise Mme Brodeur, le règlement date de 1998, il faut qu’il soit revu. On a l’engagement verbal du ministre en ce sens.

Le dîner d'un élève sur une table.

L'Association québécoise de la garde scolaire souhaite rappeler que la période du dîner est importante pour permettre aux élèves d'apprendre à vivre en société.

Photo : Radio-Canada / Liz Kloepper

Contrairement au syndicat du personnel de soutien, l’association ne croit pas que la réforme de l’éducation augmentera le nombre de parents qui souhaitent envoyer un enfant dans un établissement à l’extérieur de son territoire.

Ça existe déjà, explique la présidente. La loi vient officialiser le tout. Il manque encore beaucoup de détails, mais pour le moment, je ne pense pas que ça cause de vagues.

Réjeanne Brodeur dit être consciente qu’il y a en ce moment des inquiétudes chez les employés dans les services de garde en milieu scolaire. Il y aura une période de transition de toute façon, nuance-t-elle.

Son association représente quelque 700 services de garde partout au Québec.

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