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Un toit pour se sortir de la rue

Frédéric Perreault et sa conjointe Madeleine Carreau ont vécu 4 ans dans la rue.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Nicole Germain

On estime qu'à Québec, près de 600 personnes vivent en situation d'itinérance. Afin de les aider à se sortir de la rue, un projet a permis à 145 d'entre elles personnes depuis 2015 de trouver un logement.

« La rue détruit beaucoup, la rue ampute la santé mentale, ampute la santé physique. Les gens perdent tous les repères. Les gens perdent leur identité », souligne Nathalie Giguère, coordonnatrice du projet Porte-clés.

Photo de Nathalie Giguère coordonnatrice du projet Porte-clés à Québec

Nathalie Giguère, coordonnatrice du projet Porte-clés

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

L'initiative financée par le gouvernement fédéral offre aux personnes sans domicile fixe un appartement à 25 % du prix coûtant.

Pour avoir accès au service, la personne doit signer un bail d'au moins un an et accepter de rencontrer un intervenant au moins une fois par semaine.

« Avant, l'approche, c'était de dire: "On va leur demander de régler leur problème de consommation,  régler leur problème de santé mentale, régler leurs problèmes" », précise Nathalie Giguère.

« Dans ce projet-là, on fait le pari d'offrir un logement à ces gens qui va faire la différence pour,  après ça, qu'ils aient le goût de changer, d'avancer dans leurs projets de vie. »

Ce n'est pas juste offrir un logement, mais d'offrir le support qui vient avec aussi.

Nathalie Giguère, coordonnatrice du projet Porte-clés

Le participant doit aussi accepter que son chèque d'aide sociale soit géré par une fiducie administrée par un organisme communautaire garantissant ainsi au propriétaire d'être payé.

« Les propriétaires sont rassurés de savoir qu'à Québec il y a un projet qui accompagne les gens. Il faut être très présent, car des fois ça arrive que des logements se font briser, qu'ils deviennent insalubres. Une de nos équipes va après boucher les trous, peinturer. On fait avec », ajoute Mme Giguère.

« Les personnes en situation d'itinérance sont en apprentissage. Elles apprennent à se réapproprier l'espace. »

Frédéric Perreault et sa conjointe Madeleine Carreau ont été en situation d'itinérance pendant presque 4 ans, principalement en raison d'un problème de toxicomanie.

« J'ai été entrepreneur, j'ai fait de belles choses dans la vie. J'ai même été à l'université, souligne Frédéric Perreault. Ça arrive à n'importe qui ces choses-là. La difficulté vient avec ce que tu fais avec ta vie. Moi, ç'a été la toxicomanie. Je me suis perdu dans ça. Madeleine était en train de mourir », raconte l'homme dans la cinquantaine.

Le couple Perreault-Carreau vit en appartement depuis 11 mois.

« Ma toxicomanie est rétablie, se réjouit Frédéric. Je quitte l'aide sociale, je recommence à travailler. »

Depuis le début du projet, seulement 10 % des personnes aidées ont dû résilier leur bail pour différentes raisons, notamment pour ne pas avoir respecté les règlements du projet.

« Des retours aux études, on en a eu. Des gens qui font bénévolat, on en a eu. Des gens qui  ont réglé leurs problèmes judiciaires », illustre Nathalie Giguère pour expliquer les bienfaits du projet.

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