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Opposants et partisans de la mine Frontier font pression sur Ottawa

Des Albertains vont manifester en faveur du projet, mais 42 Prix Nobel, dont l'écrivaine canadienne Alice Munro, pressent Ottawa de le rejeter.

L'emplacement du projet Frontier comporte des milieux humides et des forêts anciennes qui risquent de disparaître sur des milliers d'hectares de superficie.

L'emplacement du projet Frontier comporte des milieux humides et des forêts anciennes qui risquent de disparaître sur des milliers d'hectares de superficie.

Photo : Radio-Canada / Louis Blouin

Radio-Canada

Le gouvernement Trudeau continue d’affronter des vents contraires dans le dossier de la mine de sables bitumineux Frontier de la firme Teck Resources, qu’il doit décider d’approuver ou de refuser d'ici quelques jours.

Dans une lettre ouverte publiée vendredi dans le quotidien britannique The Guardian, 42 Prix Nobel le pressent de le laisser tomber au nom de la lutte contre les changements climatiques.

Pendant ce temps, le groupe de pression Canada Action annonce trois rassemblements en faveur du projet au cours des prochains jours en Alberta, en mettant de l’avant ses importantes retombées économiques.

Dans leur lettre adressée au premier ministre Justin Trudeau et à sa vice-première ministre Chrystia Freeland, les Prix Nobel arguent qu’il est honteux que le Canada considère un projet favorisant une exploitation accrue des combustibles fossiles.

Ils rappellent que le Canada a signé l’Accord de Paris, qui cherche à limiter la hausse de la température mondiale à 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, et que M. Trudeau a promis de rendre le pays carboneutre d’ici 2050.

Il y a suffisamment de carbone contenu dans des projets pétroliers, gaziers, houillers et miniers pour que l’on dépasse les 2 °C, encore moins 1,5 °C, écrivent les signataires, parmi lesquels se trouve la Prix Nobel de littérature 2013, la Canadienne Alice Munro.

Les implications de cela sont claires : il n’y a pas de place pour l’expansion du secteur des combustibles fossiles. Il n’y a pas de place pour la mine de sables bitumineux Teck Frontier.

Extrait de la lettre des Prix Nobel

Les projets qui permettent la croissance de cette industrie sont un affront dans notre état d’urgence climatique, et le seul fait qu’ils méritent un débat au Canada devrait être considéré comme une honte, écrivent-ils.

Les Prix Nobel soutiennent en outre que le projet entraînera des violations claires des droits des Premières Nations et vont à l’encontre des prétendus efforts en vue d’une réconciliation entre ces dernières et les autres Canadiens.

Les Prix Nobel de littérature J. M. Coetzee et Elfriede Jelinek, et les Prix Nobel de la paix Sherin Ebadi et Muhammud Yunus, sont parmi les signataires les plus connus de cette lettre.

Plusieurs scientifiques primés pour leurs travaux en chimie et en médecine les appuient.

Le projet Frontier en chiffres

  • Durée de vie : 41 ans
  • Début de l’exploitation projeté : 2026
  • Émissions de CO2 : 4 mégatonnes par année (équivalant à 870 000 voitures de plus sur les routes)
  • Retombées économiques : 70 milliards pour les trois ordres de gouvernement
  • Emplois créés : 7000 pendant la construction, 2500 pour le fonctionnement du projet

Dans un communiqué publié vendredi matin, Canada Action invite pour sa part la population à participer à l’un ou l’autre des rassemblements qu’elle organise en appui au projet au cours des prochains jours en Alberta.

Ils auront lieu samedi à Fort McMurray, lundi à Edmonton ou mercredi à Calgary.

La porte-parole du groupe de pression, Lynn Exner, soutient qu’il est absolument crucial que des Canadiens envoient le message au gouvernement que la mine Frontier est essentielle pour l’économie du pays.

Si les Canadiens ne s’expriment pas en faveur de projets innovateurs comme Teck Frontier, qui mettent en lumière l’incroyable transformation [de l’industrie] des sables bitumineux canadiens en leader mondial de la gestion environnementale, personne ne le fera.

Lynn Exner, porte-parole de Canada Action

Le fondateur du groupe, le promoteur immobilier Cody Battershill, affirme en outre que le projet a l’appui d’une majorité écrasante de communautés autochtones touchées, et que sa mise en œuvre contribuera à une réconciliation économique avec elles.

Des personne vêtues de combinaisons orange portent des masques à l'image de Steven Guilbault et des pancartes sur lesquelles est écrit : Reject Teck Canada.

Des manifestants ont occupé le bureau du ministre du Patrimoine et ancien militant écologiste Steven Guilbault la semaine dernière pour protester contre un projet d'exploitation des sables bitumineux de la minière Teck.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Belhumeur

Le gouvernement Trudeau doit décider au cours des prochains jours s’il donne le feu vert à la mine Frontier. La décision est délicate puisque les députés libéraux sont divisés sur la position à adopter.

Teck Ressources a prévenu vendredi qu’elle prendrait une charge de dépréciation de 1,13 milliard de dollars si le gouvernement Trudeau devait décider de ne pas approuver le projet.

Selon les principes généraux de la comptabilité, une entreprise doit recourir à une charge de dépréciation lorsque l’un de ses actifs perd de la valeur.

Rappelons que Teck Ressources a inscrit une charge pour dépréciation de 999 millions de dollars après impôts dans ses résultats financiers du quatrième trimestre.

Au moins 910 millions de dollars de cette perte de valeur sont liés à sa participation dans la mine de sables bitumineux de Fort Hills en raison de la baisse des prix du pétrole sur les marchés.

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