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  • Envoyé spécial
  • My Salinger Year de Philippe Falardeau est critiqué à la Berlinale

    L'homme porte des lunettes et parle dans un micro.

    Philippe Falardeau prononce un discours à l'ouverture de la Berlinale, où était présenté son film «My Salinger Year».

    Photo : Getty Images / Andreas Rentz

    Lors de la grande première mondiale de son film en ouverture de la Berlinale, jeudi, le réalisateur Philippe Falardeau a reçu une pluie de compliments de la part des vedettes de My Salinger Year, Margaret Qualley et Sigourney Weaver. Le lendemain, les critiques ont cependant été dures envers le nouveau film du cinéaste québécois.

    Parmi les premières critiques publiées, The Guardian accorde une étoile sur cinq à My Salinger Year, ajoutant que la Berlinale 2020 ne peut pas descendre plus bas après avoir présenté ce film. Brutal.

    Le site IndieWire est plus généreux, donnant deux étoiles et demie, tout en expliquant que le film n’a pas été capable de réconcilier la caricature et le réalisme. Le Variety critique sévèrement le jeu de la comédienne Margaret Qualley. Enfin, le Hollywood Reporter écrit qu’il s’agit d’un film qui tente de trop en dire tout en demeurant léger.

    Il y a du vrai dans ces critiques sur cette histoire d’une femme (Margaret Qualley) qui, dans les années 1990, devient l’assistante de l’agente littéraire de l’écrivain fantôme américain J.D. Salinger. My Salinger Year demeure un film souvent léger et, en effet, le jeu de l’actrice Margaret Qualley est somme toute limité, elle qui, pourtant, excellait dans le film de Quentin Tarantino, Il était une fois à... Hollywood.

    Certaines scènes tombent à plat, mais d’autres sont franchement réussies, comme celle dans le train. Les scènes mettant en vedette Théodore Pellerin dans le rôle d’un admirateur de J.D. Salinger passent la rampe et ajoutent un certain rythme à l’arc narratif.

    Une femme fume une cigarette, assise sur un meuble dans un bureau. En arrière-plan, on aperçoit une autre femme qui parle au téléphone, assise derrière un bureau.

    L'actrice Sigourney Weaver, dans le film «My Salinger Year». En arrière-plan, l'actrice Margaret Qualley.

    Photo : micro_scope

    Il ne faut donc pas jeter le bébé avec l’eau du bain. My Salinger Year n’est sans doute pas un grand film, mais il n’est pas un navet pour autant. Sigourney Weaver est au sommet de sa forme, elle qui vient de célébrer ses 70 ans. Pour les amateurs et amatrices de l’écrivain J.D. Salinger, l’œuvre demeure intéressante. My Salinger Year est un long métrage commercial comme tant d’autres – qui ferait le bonheur de plateformes comme Netflix – et peut-être que, dans le contexte de la Berlinale, les critiques s’attendaient à beaucoup plus. Avec raison.

    Le point de vue de Philippe Falardeau

    Le film My Salinger Year vit donc un dur lendemain de veille. En entrevue, son réalisateur admet ne jamais lire les critiques.

    Je ne lis pas les critiques parce que je n’ai pas de contrôle là-dessus, dit-il. En fait, je pourrais sûrement écrire moi-même toutes les critiques de ce film-là, sans aucune retenue et sans aucun cynisme. Je n’ai pas besoin de les lire, de me les faire dire. […] Je sais exactement les faiblesses du film.

    Philippe Falardeau défend son œuvre en disant que la force du film est de raconter une histoire qui ne repose pas sur des artifices dramatiques ou des coups de théâtre. [...] Si les gens ont vécu quelque chose comme ça dans la début vingtaine, ils vont se reconnaître. Ça, je pense que c’est la force du film.

    Il relève également quelques points faibles, notamment le fait que ce n'est peut-être pas tout le monde qui se retrouve dans la manière dont est représentée l'émotivité des personnages. Une des faiblesses du film aussi est que ça traite du monde littéraire, et c’est quelque chose de difficile à filmer, ajoute-t-il. Ce n’est pas excitant cinématographiquement. [...] C’est difficile d’aller chercher un plus grand public quand on est dans cette sphère-là.

    Les deux femmes sont assises sur des sièges de velours rouge et se lancent un regard complice.

    Les comédiennes Margaret Qualley et Sigourney Weaver à la présentation du film «My Salinger Year» de Philippe Falardeau à la Berlinale

    Photo : Getty Images / Andreas Rentz

    Philippe Falardeau affirme tout de même que lorsque le générique a défilé lors de la première mondiale, Sigourney Weaver a pleuré même si elle avait déjà vu le film.

    Elle avait les larmes aux yeux, et ça, c’était joli, souligne-t-il. En nous quittant, il a ajouté avoir reçu une tonne de courriels de femmes jeunes et moins jeunes qui ont été touchées par son film, qui est actuellement à la recherche d’un distributeur américain.

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