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Qui sont les manifestants de Saint-Lambert?

Plan rapproché d'un homme cagoulé dont les lunettes reflètent les journalistes devant lui.

Bon nombre des manifestants ont le visage caché et refusent de s’exprimer devant les médias.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Depuis mercredi, des dizaines de manifestants bloquent une voie ferrée du Canadien National à Saint-Lambert, en soutien à la nation Wet’suwet’en. Qui sont-ils?

Difficile de connaître précisément l’origine de ces manifestants qui ont décidé de s’installer pour une troisième journée sur cette voie ferrée. Tous, quasiment, restent cagoulés, discrets, et ne veulent pas s’exprimer devant les médias.

En revanche, à l’image du mouvement des Gilets jaunes en France, ces derniers s’organisent principalement sur les réseaux sociaux et ne semblent pas avoir de leaders officiels.

Depuis le début de cette initiative, un message est relayé par différents groupes pour venir participer au blocage en cours sur la rive-sud de Montréal en solidarité avec les Wet’suwet’en jusqu’au retrait de la GRC.

Il est notamment demandé aux manifestants de venir avec des vêtements (très) chauds, eau et nourriture, stock de camping d’hiver.

Plusieurs sacs de provisions sont visibles près de manifestants chaudement habillés.

La quarantaine de manifestants qui bloquent la voie ferrée à Saint-Lambert ont des vivres pour tenir encore quelque temps.

Photo : Radio-Canada / Romain Schué

D’ailleurs, sur place, les manifestants ne manquent pas de vivres et ont du pain, des fruits, des bouteilles d’eau, du café et des planches de bois pour alimenter leur feu. Tout semble prévu pour tenir dehors, dans le froid. Des tentes ont également été installées.

On est là pour défendre nos enfants.

Message d’un manifestant lancé à un citoyen mécontent

Des associations étudiantes de l’UQAM ont activement participé au relais de ces informations, notamment des élèves en science politique et droit, en sciences humaines et sociologie.

Un manifestant masqué marche le long de la voie ferrée.

Les manifestants se sont installés mercredi sur les rails à Saint-Lambert.

Photo : Ivanoh Demers

L’Association facultaire étudiante de science politique et droit (AFESPED) a indiqué sur sa page Facebook avoir un mandat d’assemblée générale d’appuyer la lutte des Wet’suwet’en. De surcroît, nos membres ont à cœur la sauvegarde de la planète et le respect du droit international, est-il écrit.

J’ai vu du monde de l’événementiel, des travailleurs sociaux, il y a certes des étudiants, mais il y a aussi des travailleurs, a affirmé un rare manifestant aux journalistes, en se disant charpentier-menuisier, sans toutefois dévoiler son identité et en cachant son visage.

Si on laisse faire ça, désolé pour le confort de tout le monde, on va scrapper des vies. Le monde d’en haut ne nous écoute pas. Il faut qu’on se tienne ensemble pour la défense du vivant.

Un manifestant se disant charpentier-menuisier

Extinction Rebellion présent

La branche québécoise d’Extinction Rebellion a aussi invité ses membres à se rendre à Saint-Lambert, tout en demandant de ne pas afficher leurs bannières. Extinction Rebellion avait déjà réalisé un coup d’éclat durant la dernière campagne électorale fédérale en prenant d’assaut le pont Jacques-Cartier.

Des membres d'Extinction Rebellion sont sur place oui, a reconnu un porte-parole du groupe, dans un courriel envoyé à Radio-Canada.

Par contre, il ne s'agit pas d'une action de XR. Nous sommes solidaires avec la nation Wet'suwet'en, est-il ajouté dans ce message.

Un écusson sur lequel on peut lire Black Lives Matter est cousu sur le manteau d'une femme ayant le visage masqué par un foulard.

Une manifestante qui participe au blocage arbore un écusson de Black Lives Matter, un mouvement dénonçant les mauvais traitements subis par la population afro-américaine.

Photo : Radio-Canada / Romain Schué

Sur place, à Saint-Lambert, une manifestante arbore également un autocollant « Black Lives Matter » sur son blouson.

S’il y a une personne à écouter, c’est Greta, clame un manifestant

Henri François Girard contraste avec le reste des manifestants. Visage découvert, il a tenté vendredi matin, à plusieurs reprises, de donner son point de vue à côté de ses acolytes. Mais on lui a ordonné de se taire. Un vif « chut » a été lancé à toutes les personnes qui ont adressé quelques mots aux médias sans l’accord visiblement du groupe.

Des manifestants se rassemblent sur la voie du CN à l'intersection des rues Saint-Georges et Saint-Charles à Saint-Lambert, au Québec, en appui au peuple Wet'suwet'en.

Henri François Girard appuie la nation Wet'suwet'en qui s'oppose à la réalisation du gazoduc Coastal GasLink, en Colombie-Britannique.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Dans ses mains, ce trentenaire brandit la même pancarte que la jeune Suédoise Greta Thunberg. Il a décidé de rejoindre ce groupe, sur les rails de Saint-Lambert, jeudi, en fin d'après midi. C'était improvisé, avance-t-il, en se mettant à l’écart du campement.

Pourquoi a-t-il pris cette décision? Je suis un homme blanc qui supporte les autochtones, explique-t-il.

Les hommes blancs ont la vie facile. Quand il vient le temps de supporter les personnes qui en ont besoin, il faut que quelqu’un soit à leur côté. Je vais rester jusqu’à tant que l’opinion change.

Henri François Girard, un manifestant

Je veux que les gens réalisent à quel point l’environnement est important. S’il y a une personne à écouter, c’est Greta, reprend-il.

Ce dernier juge que ses acolytes envoient cependant un mauvais message en se cachant le visage. Je ne les connais pas, je ne connais pas leurs noms. Ils ont peur qu’un policier infiltre le groupe et ne font pas confiance aux médias. Mais il faut de la transparence, juge-t-il, alors qu’au même moment, plusieurs automobilistes klaxonnent pour leur apporter leur soutien.

Des personnes, au lieu d’être ici, nous apportent des beignes, des pizzas, du café pour rester au chaud, rapporte-t-il.

Même s'il souhaite faire plier le gouvernement libéral, il conserve une opinion positive du premier ministre Trudeau.

Justin, je l’aime, confie-t-il. C’est une opinion étrange, car beaucoup de gens l’haïssent et trouvent que c’est un trou de cul. Il veut faire du bien, je le crois sincèrement. Il veut protéger l’environnement. Mais il y a énormément de pression sur lui avec l’industrie pétrolière.

Cette action, sur la voie du CN, a des séquelles, reconnaît-il. Mais on veut inspirer les autres pays. C’est pas juste au Canada que les industries du pétrole ont un énorme contrôle, ajoute-t-il, avant de retourner aux côtés des manifestants.

Des rails visibles à travers la neige.

Aucun train n'est en mesure de passer sur la voie du CN à Saint-Lambert.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

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