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Les demandes de règlement ont traumatisé certains survivants des pensionnats autochtones

Une femme aux cheveux blancs.

La survivante des pensionnats autochtones du centre et Chef de la Première nation Tahtlan, en Colombie-Britannique, Terri Brown

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Radio-Canada

Certains survivants du système des pensionnats autochtones disent qu’ils se sont sentis frustrés et traumatisés à nouveau face à la nature bureaucratique de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens, selon un nouveau rapport.

Celui-ci a été publié par le Centre national pour la vérité et la réconciliation de l'Université du Manitoba. Le document s'appuie sur des entrevues menées auprès de plus de 300 survivants des pensionnats autochtones.

Il décrit la manière dont les survivants ont dû raconter leurs expériences traumatisantes à plusieurs reprises pour obtenir une indemnité. Celle-ci était accordée sur la base de “ preuves ” suffisantes, qui exigeaient souvent une divulgation précise et approfondie, selon le document.

Une expérience « horrible »

La présidente du conseil de survivants du centre et cheffe de la Première Nation Tahtlan, en Colombie-Britannique, Terri Brown, dit qu’elle a souffert une expérience « horrible » lors de ce processus, qui s'est soldé par le refus de sa demande.

Elle dit avoir tenté d’obtenir l’aide d’un avocat pour préparer sa demande, mais qu’il ne pouvait pas prendre son cas parce qu’elle n’avait aucune documentation pour soutenir ses allégations.

Parce que je n’en avais pas parlé avec quelqu’un au pensionnat, il a dit que ma demande n’aurait aucun poids et qu’il ne pouvait pas m'aider, poursuit-elle.

À qui est-ce que j’aurais pu le dire? J’avais dix ans. Je ne savais même pas que ce qui se passait était mal, ajoute Terri Brown, qui renchérit qu’elle avait l’impression que le processus était simplement l’occasion pour certains de se faire de l’argent sur le dos de notre misère.

« Manque de sensibilité culturelle »

La mise en place de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens remonte à 2007, lorsque le gouvernement fédéral, des églises et des survivants se sont entendus sur un règlement de deux milliards de dollars, dont une partie est destinée à des indemnités.

Le rapport souligne que beaucoup de survivants sentaient que les avocats, les juges et les représentants du gouvernement doutaient de l’abus qu’ils avaient souffert, bien que le processus était censé leur accorder le bénéfice du doute.

Le rapport souligne aussi un manque de sensibilité culturelle de la part des avocats, des juges et des représentants du gouvernement, ainsi il recommande qu’à l’avenir ceux-ci suivent des formations pour qu’ils puissent accomplir leurs devoirs de manière non discriminatoire.

Ça, c'est le grand but de ce rapport, améliorer toutes ces choses pour s'assurer que les personnes au centre de ce processus, les survivants des pensionnats, sont bien protégées, conclut le directeur du Centre national pour la vérité et la réconciliation de l'Université du Manitoba, Ry Moran.

Avec des informations de Sarah Petz

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