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Trump furieux d'un breffage sur l'appui de la Russie à sa réélection

Le président Donald Trump, la bouche entrouverte, regardant devant lui.

Selon une source du « Washington Post », la séance de breffage a contribué à la décision de Donald Trump de ne pas officialiser la nomination de Joseph Maguire à la tête du DNI.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

Moscou fourbit ses armes pour s'ingérer dans l'élection présidentielle américaine de 2020 avec l'objectif d'aider Donald Trump : voilà l'avertissement lancé la semaine dernière devant un comité du Congrès par la communauté du renseignement américain, selon des médias américains. Et le message n'aurait pas plu au président républicain.

Jeudi dernier, la responsable de la sécurité électorale au sein du bureau du directeur du renseignement national (DNI), Shelby Pierson, a sonné l'alarme sur la Russie au cours d'une séance d'information devant le comité du renseignement de la Chambre des représentants, ont précisé des médias américains. L'information a d'abord été rapportée par le Washington Post.

D'après le New York Times, des membres républicains du comité auraient à cette occasion mis en doute la préférence de Moscou pour le président républicain.

Après avoir été informé de la tenue de la réunion par l'un d'eux, le président aurait été si mécontent qu'il aurait réprimandé le directeur du DNI par intérim, Joseph Maguire, au cours d'une rencontre au bureau ovale le lendemain.

D'après les sources du Washington Post, le président Trump, furieux, aurait considéré le fait que M. Maguire permette la tenue de la séance de breffage comme un manque de loyauté, ce qui a compromis ses chances d'être nommé officiellement au poste qu'il occupait depuis août 2019.

Le président Trump a annoncé mercredi sur Twitter que M. Maguire serait relevé de ses fonctions et a communiqué l'identité de son successeur par intérim.

Donald Trump se serait plaint de ce que les démocrates se serviraient des informations contre lui, ont confié des sources du New York Times. Il aurait particulièrement déploré la présence à la rencontre du président du Comité du renseignement de la Chambre, Adam Schiff.

C'est Adam Schiff qui avait mené l'enquête en destitution sur l'affaire ukrainienne à l'automne 2019, puis la mise en accusation devant le Sénat, en début d'année, une procédure dénoncée par M. Trump comme une chasse aux sorcières.

Le président Trump avait apposé le même qualificatif à l'enquête sur l'ingérence de Moscou dans la présidentielle de 2016.

Au cours de la séance de breffage, la responsable de la sécurité électorale au sein du DNI aurait par ailleurs fait savoir aux élus que Moscou avait également l'intention d'interférer avec les primaires démocrates.

Une répétition de 2016?

Publié en avril 2019, le rapport du procureur spécial chargé de l'enquête, Robert Mueller, avait fait état d'une interférence vaste et systématique de la part de la Russie, en 2016, pour favoriser l'élection de M. Trump, jugée dans son intérêt.

Moscou est ainsi intervenue de deux façons : en lançant une campagne sur les réseaux sociaux pour favoriser le candidat républicain et dénigrer la candidate démocrate Hillary Clinton, puis en menant des opérations de piratage informatique visant le camp démocrate.

S'il ne concluait pas à un complot entre Moscou et les membres de l'équipe de campagne du milliardaire, le rapport Mueller indiquait que ces derniers s'attendaient à bénéficier des actions illégales des Russes et s'étaient montrés dans certains cas réceptifs à leur aide.

Contestant à répétition les conclusions des services de renseignement américains sur cet enjeu, Donald Trump s'était publiquement rangé derrière l'homme fort du Kremlin lors d'une rencontre avec le président russe, Vladimir Poutine, en 2018.

Selon le président Trump, la véritable collusion unit les démocrates à des responsables ukrainiens. En 2019, il avait même, au cours d'un entretien téléphonique, demandé à son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, d'enquêter sur l'interférence de Kiev dans la dernière présidentielle américaine, une requête, au centre de la plainte d'un lanceur d'alerte, à l'origine de l'enquête en destitution.

Joseph Maguire avait refusé de transmettre la plainte du lanceur d'alerte au Congrès, avançant qu'elle n'était pas de son ressort, puisqu'elle ne visait pas un employé d'une des 17 agences de renseignement sous sa responsabilité.

Un partisan loyal à la tête du DNI

Richard Grenell, en été, souriant.

Richard Grenell a écrit sur son compte Twitter que le président Trump annoncerait bientôt qui serait officiellement nommé à la tête du bureau du DNI, en précisant que ça ne serait pas lui.

Photo : Reuters / Denis Balibouse

Le président Trump a annoncé mercredi qu'il faisait de l'ambassadeur américain en Allemagne, Richard Grenell, reconnu pour être un de ses partisans enthousiastes, le directeur intérimaire du DNI.

À ce titre, il sera responsable des efforts des services de renseignement pour combattre la désinformation et l'ingérence étrangère dans les élections. M. Grenell a déjà minimisé l'ampleur des gestes posés par Moscou en 2016.

Dans un communiqué, le sénateur démocrate Mark Warner, vice-président du comité sénatorial du renseignement, a déploré le fait que le président ait porté son choix sur une personne sans aucune expérience du renseignement. Il lui a également reproché de ne pas avoir nommé de successeur permanent à M. Deguire, apparemment dans le but de contourner l'autorité constitutionnelle du Sénat.

La nomination à une telle fonction nécessite une confirmation par le Sénat, sauf si le poste n'est pourvu que de façon intérimaire.

Dans la foulée de son acquittement des deux chefs d'accusation qui pesaient contre lui dans le dossier ukrainien – abus de pouvoir et entrave au travail du Congrès – au début du mois, Donald Trump a évincé des responsables gouvernementaux du Conseil de sécurité nationale, du Pentagone et du département d'État.

Deux jours après le verdict du Sénat, il a par exemple congédié deux témoins importants de l'enquête en destitution, le lieutenant-colonel Alexander Vindman, expert de l'Ukraine au Conseil de sécurité nationale (NSC), et l'ambassadeur des États-Unis auprès de l'Union européenne, Gordon Sondland.

Avec les informations de Washington Post, et New York Times

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