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La démolition du Claire-Fontaine de Roberval avance bien

Un édifice en démolition.

Les travaux de démolition du Claire-Fontaine de Roberval se déroulent rondement.

Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

Radio-Canada

Les travaux de démolition du Claire-Fontaine de Roberval se déroulent rondement.

Sous peu, il ne restera plus aucune trace de cet hôpital psychiatrique qui a accueilli des orphelins de Duplessis.

La démolition a débuté après des années d'incertitude et de mobilisation. Dès juin, l'ancien hôpital psychiatrique laissera place à un vaste terrain vide. Il reste maintenant à savoir ce qu'il adviendra du terrain qui appartient au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La décision de démolir l’édifice historique a été prise en 2015, mais la présence d’amiante a occasionné des délais. La mise à terre coûtera environ 930 000 $.

C'est seulement des personnes autorisées qui ont accès au site. Au niveau environnemental, on défait aussi le bâtiment de l'intérieur pour limiter les impacts au niveau du bruit ou encore de la poussière.

Jean-François Rioux, chargé de projet, Excavation René St-Pierre

D'abord destiné à héberger un pensionnat pour garçons, l'immeuble a ouvert ses portes comme un hôpital psychiatrique et un orphelinat en 1952. Au plus fort de ses activités, l'hôpital Sainte-Élisabeth, comme il s'appelait alors, a accueilli jusqu'à 800 patients atteints d'une déficience intellectuelle ou de troubles mentaux.

La seule trace que j'ai retrouvée, c'est qu'il n'y avait pas de commentaires négatifs sur l'hôpital Sainte-Élisabeth. On peut présumer que les soins étaient appropriés. Appropriés, mais pour l'époque. Dans les années 50, 60, la maladie mentale, ça se traitait par des confinements, par de l'isolement, par des électrochocs, par des bains glacés.

Caroline Marcoux, présidente, Société d'histoire Domaine-du-Roy

Qui étaient les orphelins de Duplessis?

La triste histoire des orphelins de Duplessis s'est déroulée entre 1940 et 1970. Des milliers d'enfants abandonnés se sont ainsi retrouvés dans différents instituts au Québec, comme le Mont-Providence, l'hôpital Saint-Julien à Saint-Ferdinand d'Halifax, l'Institut Doréa, l'hôpital Sainte-Anne à Baie-Saint-Paul et l'orphelinat Notre-Dame à Huberdeau. Ces orphelins étaient déclarés malades mentaux, c'était la façon d'obtenir plus d'argent du gouvernement fédéral.

Une évolution des traitements

Benoit Brassard a assisté l'équipe médicale en psychiatrie de 1983 à 1994. Il témoigne que le traitement des patients a grandement évolué entre l'ouverture et la fermeture de l'hôpital, dans les années 90. Ils étaient gardés, nourris, logés. On s'occupait qu'ils aient au moins les ressources normales et pas plus que ça. Avec le fait qu'il y a quelques omnipraticiens qui sont venus prêter main-forte, on a commencé à développer plus facilement des thérapies occupationnelles, les occuper, leur donner une médication quand ils étaient violents plutôt que de les mettre en isolement, a-t-il relaté.

Puis, la désinstitutionnalisation est arrivée, misant sur la réinsertion sociale. On trouvait que c'était presque utopique de faire ça, commencer à envoyer des patients en ville, à travers les gens. On ne pensait pas que ça ferait ça, mais je pense que ça a bien évolué, a-t-il poursuivi.

Un édifice en démolition.

Les travaux de démolition du Claire-Fontaine de Roberval se déroulent rondement.

Photo : Radio-Canada / Mélissa Paradis

Jugé excédentaire en 95

En 1995, le gouvernement du Québec a déclaré le bâtiment excédentaire. Des organismes et le Centre de réadaptation en déficience intellectuelle vont occuper les locaux avant qu'il ne soit définitivement fermé en 2015.

Le problème de ce bâtiment, c'est sa grandeur. C'était trop gros pour tous les projets qui ont été regardés.

Réal Labrecque, ex-chef de service des installations et des approvisionnements de 1980 à 2007

Nombreux ont été les employés à y travailler, parfois pendant toute une carrière. Sous peu, il ne restera presque plus rien de cette époque marquante de Roberval. À l'origine, ça devait être une école de métiers. Donc, il y avait des fresques de métiers qui étaient en façade, qui sont pratiquement huit pieds de haut. On les a conservées. Éventuellement, il faudra voir sur le plan historique comment on valorise ces œuvres-là, a commenté le maire de Roberval, Sabin Côté.

D'après un reportage de Mélissa Paradis

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Saguenay–Lac-St-Jean

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