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Santé mentale : le tiers des rendez-vous manqués à l'Île-du-Prince-Édouard

Un médecin tient un crayon en parlant à un patient.

Le nombre de rendez-vous manqués en services de santé mentale serait constant depuis deux ans, selon l'agence de la santé de l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : iStock / wutwhanfoto

François Pierre Dufault

L'agence provinciale de la santé de l'Île-du-Prince-Édouard estime que de 30 % à 40 % des rendez-vous en services de santé mentale dans la province sont manqués, ce qui aurait pour effet d'allonger les temps d'attente alors qu'il est déjà difficile d'obtenir un rendez-vous avec un thérapeute.

L'opposition officielle à l'Assemblée législative croit qu'il y a place à l'amélioration.

La responsable des services communautaires de santé mentale et de lutte contre les dépendances de l'ouest de l'île, Lorna Hutt, dit que, dans de nombreux cas, les personnes oublient tout simplement qu'elles ont un rendez-vous. On entend souvent dire que les gens ont oublié leur rendez-vous, explique-t-elle.

Les rendez-vous manqués concernent des séances individuelles de psychothérapie.

Les absences aux rendez-vous ont un impact négatif sur nos services. Ces rendez-vous manqués empêchent d'autres Insulaires d'avoir un accès plus rapide aux services réclamés.

Lorna Hutt, responsable des services communautaires de santé mentale et de lutte contre les dépendances de l'ouest de l'Île-du-Prince-Édouard

Santé Île-du-Prince-Édouard dit avoir mis en place un système de rappel des rendez-vous par courriel ou par message texte. Je pense que chaque occasion de joindre les gens améliore les chances qu'ils se rendent à leurs rendez-vous, affirme Lorna Hutt.

Le nombre de rendez-vous manqués en services de santé mentale serait constant depuis deux ans, selon l'agence provinciale.

Lorna Hutt reconnaît que d'autres facteurs peuvent mener à des rendez-vous manqués. Des personnes aux prises avec des problèmes liés à la dépression et l'anxiété pourraient avoir plus de difficulté à se rendre à leurs rendez-vous, soutient-elle. Nous examinons un certain nombre de programmes qui peuvent être proposés en ligne ou à domicile, ajoute-t-elle.

Gros plan sur le visage du chef vert.

Le chef du Parti vert de l'Île-du-Prince-Édouard, Peter Bevan-Baker

Photo : Radio-Canada

En réaction à un récent forum citoyen sur la santé mentale, au cours duquel des Insulaires ont écorché le système de santé de l'Île-du-Prince-Édouard, la responsable provinciale des services de santé mentale, la Dre Heather Keizer, a déclaré à son tour au quotidien The Guardian que les temps d'attente sont plus longs à cause du nombre de rendez-vous manqués. C'est un temps extrêmement précieux, a-t-elle insisté.

Le chef de l'opposition officielle, Peter Bevan-Baker, s'insurge contre les propos des responsables des services de santé mentale. Il est inacceptable, selon lui, de blâmer les victimes pour les ratés du système public de santé. Si vous connaissez des personnes qui ont des problèmes de santé mentale, vous savez à quel point ça peut être paralysant. Certaines personnes n'arrivent pas à sortir du lit, littéralement, dit-il.

Suggérer que des Insulaires sont un fardeau pour le système de santé parce que plusieurs d'entre eux sont trop malades pour se rendre à leur rendez-vous, c'est jeter le blâme au mauvais endroit.

Peter Bevan-Baker, chef de l'opposition officielle de l'Île-du-Prince-Édouard

Peter Bevan-Baker estime qu'il y a eu peu d'améliorations aux services de santé mentale de l'Île-du-Prince-Édouard depuis le virage annoncé par l'ancien gouvernement libéral en 2016. Cette équipe a eu quatre ans pour démontrer qu'elle avait des solutions pour améliorer les services de santé mentale, déplore-t-il.

Le chef du Parti vert exhorte l'agence provinciale de la santé à en faire davantage afin de déterminer la raison pour laquelle autant d'Insulaires manquent leurs rendez-vous. Les données actuelles sont insuffisantes pour tirer des conclusions claires, selon lui.

L'idée d'un nouveau ministère évoquée

En marge du forum citoyen sur la santé mentale qui a eu lieu le 11 février dernier à Charlottetown, le ministre de la Santé et du Mieux-être, James Aylward, a évoqué la possibilité de scinder en deux son ministère afin de créer un portefeuille consacré uniquement à la santé mentale et au traitement des dépendances.

Peter Bevan-Baker s'oppose vigoureusement à cette proposition. C'est une très mauvaise idée, martèle-t-il. Les personnes qui souffrent de problèmes de santé mentale ont souvent plus d'un problème de santé, plaide-t-il.

Le ministre James Aylward n'était pas immédiatement disponible pour une entrevue, jeudi.

Avec des renseignements de CBC

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Île-du-Prince-Édouard

Santé physique et mentale