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Commission Laurent : une meilleure collaboration avec la DPJ réclamée par le SPS

Danny McConnell

Danny McConnell, directeur du Service de police de Sherbrooke, a témoigné jeudi à la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

« Les délais, la confidentialité et la communication » de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) sont trois points à améliorer selon le directeur du Service de police de Sherbrooke, Danny McConnell.

Lors de son passage, jeudi, à la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEP), Danny McConnell a souligné d’emblée l’excellente collaboration de la DPJ. Il a tout de même indiqué que dans tous les cas de signalement, nous n’obtenons que très rarement un retour [de la DPJ] des actions prises.

Selon Danny McConnell, les patrouilleurs du SPS font de nombreux signalements, mais reçoivent peu ou pas de suivi par la suite. Le Service de police gagnerait en efficacité de connaître les conclusions de ces actions prises par la DPJ [...] les patrouilleurs pourraient par la suite adapter leurs interventions avec les actions qu’ils ont en main.

On vit de la récurrence, souvent on revoit les jeunes. Si on avait un meilleur suivi, on pourrait peut-être intervenir d’une meilleure façon.

Danny McConnell, directeur du Service de police de Sherbrooke

Danny McConnell déplore également les délais entre le signalement des policiers ou de témoins et le déclenchement d’une enquête multisectorielle, qui implique une collaboration entres les intervenants de différents milieux et la police dans les cas d’abus ou de mauvais traitements envers les enfants.

Il n’est pas rare qu’une situation ait dû être prise en charge rapidement par un enquêteur pour préserver les preuves nécessaires ou les pistes d’enquête, mentionne-t-il. Par exemple les photos des blessures, les versions des personnes impliquées, les scènes de crimes, les trousses médicolégales...

Les délais augmentent le risque que les enquêteurs perdent ces éléments de preuve là, que les versions des témoins soient contaminées ou que les versions des victimes soient influencées, ajoute le directeur.

Les Centres jeunesse sous le radar

La Ville de Sherbrooke compte trois centres d’hébergement pour les mineurs sur son territoire. En 2019, les policiers ont dénombré 261 dossiers concernant des fugues ou des disparitions de jeunes de moins de 18 ans. De ce nombre, environ 60 % des jeunes provenaient du Centre jeunesse Val-du-Lac.

Pour Danny McConnell, donner plus de pouvoir aux intervenants dans ces centres jeunesse permettrait de diminuer grandement le nombre de fugues et les risques qui y sont rattachés.

La DPJ semble craintive de nous donner de l’information sur les fugueurs, même s’il s’agit de cas prioritaires, révèle-t-il. Des détails importants comme les dépendances à certaines drogues, les maladies mentales ou les risques de comportement violents sont des éléments souvent omis lors du signalement qui permettent d’adapter l’intervention ou de la prioriser.

Le directeur du SPS recommande à la DPJ d’augmenter les informations partagées avec les policiers en cas de fugues. Ces informations devraient contenir une photo du jeune, ses anciennes adresses, son numéro de téléphone cellulaire, le compte Facebook, des choses que bien souvent la DPJ a déjà en main et qui nous aideraient fortement à localiser rapidement le jeune.

Éclairage juridique

En après-midi, Carmen Lavallée, professeure de la Faculté de Droit de l'Université de Sherbrooke est venu mettre en garde les commissaires de miser sur des amendements à la loi, comme premier moteur de changement.

Selon elle, bien qu'imparfait, le cadre légal des adoptions et placements des jeunes au Québec remplit ses promesses.

Je continue quand même de penser que dans la majorité des cas où les enfants sont en relation avec la Direction de la protection de la jeunesse, malgré tous les défis qu'on a à relever c'est la bonne décision qui est prise pour eux et le retour dans leur milieu familial est la bonne décision.

Est-ce qu'on pourrait avoir dans la loi l'assurance de ne pas se tromper, j'aimerais ça vous dire oui.

Carmen Lavallée, professeure de la Faculté de Droit de l'Université de Sherbrooke

La professeure avoue qu'il y a certainement des améliorations qu'on pourrait faire à la loi, mais qu'il faut aussi investir dans la prévention.

Modifier la loi, c'est concret, c'est réel et c'est probablement ce qui est le plus accessible à court terme pour faire face à l'intolérable, alors qu'améliorer la prévention, changer des mentalités, changer des pratiques, exiger et obtenir des budgets, réorganiser des services, c'est vraiment des actions à plus long terme.

Les audiences de la Commission à Sherbrooke sont maintenant terminées. Elles reprendront le 25 février à Montréal.

Avec les informations de Marie-Ève Lacas.

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