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La plainte des Wet'suwet'en contre la GRC ne sera pas étudiée, malgré son « importance »

Plan moyen de M. Phillip, vu de profil devant un micro.

Stewart Phillip, grand chef de la nation Okanagan et président de l’Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / Chad Hipolito

Geneviève Lasalle

La plainte des Wet’suwet’en auprès de la Commission civile d'examen et de traitement des plaintes relatives à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) est d'un « intérêt public important » et correspond à des questions soulevées lors d'une enquête précédente, selon la présidente de l'organisme indépendant, Micheline Lahaie, qui indique toutefois que la Commission n'ouvrira pas d'enquête sur les événements en cours.

Des chefs autochtones et l'Association des libertés civiles de la Colombie-Britannique ont récemment demandé à la Commission de se pencher sur la présence et l’intervention policière dans des points de contrôle le long du tracé du projet de gazoduc Coastal GasLink dans le nord de la province.

Dans une lettre, Mme Lahaie annonce que la Commission n'enquêtera pas sur les événements en cours, mais renvoie plutôt les plaignants à une enquête approfondie menée après des manifestations tenues en 2013 contre la fracturation hydraulique au Nouveau-Brunswick.

Des policiers, la nuit.

La présence de points de contrôle de la GRC sur le territoire Wet'suwet'en est l'un des points de tension dans le conflit entre des communautés autochtones et la compagnie gazière.

Photo : Radio-Canada / Chantelle Bellrichard

Cette enquête a conduit la Commission à formuler 12 recommandations sur une série de sujets liés aux interventions policières pendant des manifestations, en particulier celles menées par des groupes autochtones, dans un rapport dit du comté de Kent.

Déposé en mars 2019, ce rapport n’a pas été rendu public, et la GRC n’y a pas encore répondu.

Dans le cas du comté de Kent, le document dit ceci : Les contrôles aléatoires ont été jugés incompatibles avec les droits garantis par la Charte.

Les arrêts aux points de contrôle vont au-delà des fins pour lesquelles les tribunaux ont déclaré que des barrages routiers pouvaient être établis, lit-on dans la lettre adressée aux plaignants.

Des chefs autochtones et représentant de l'association des libertés civiles de la Colombie-Britannique en conférence de presse à Vancouver.

Des chefs autochtones et des représentants de l'association des libertés civiles de la Colombie-Britannique ont tenu une conférence de presse à Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms

Les conclusions de la Commission sont explosives, choquantes et honteuses, selon le grand chef Stewart Phillip, président de l’Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique.

Pour l'ancienne juge Mary Ellen Turpel-Lafond Akikw, directrice du Centre d'histoire et de dialogue sur les pensionnats autochtones de l'Université de la Colombie-Britannique, la révélation qu’une enquête indiquant que la GRC avait outrepassé son mandat est restée sans réponse pendant un an est « choquante ».

Les interventions policières auprès des Premières Nations et d'autres doivent être examinées attentivement.

Mary Ellen Turpel-Lafond Akikw, ancienne juge

La GRC assure pour sa part que les recommandations sont prises au sérieux et que les plaintes sont traitées le plus rapidement possible, mais elle soutient qu’il s’agit « d’enjeux complexes qui peuvent avoir des répercussions importantes sur l'organisation et le public. »

Par conséquent, de nombreux facteurs doivent être pris en compte lors de la préparation d'une réponse, lit-on dans un communiqué.

Des agents de la GRC négocient avec des membres des Premières Nations derrière un fil de fer barbelé.

Les points de contrôle de la GRC le long du tracé du projet de gazoduc Coastal GasLink font l'objet de tensions.

Photo : Radio-Canada / Chantelle Bellrichard

Les points de contrôle installés le long du tracé du gazoduc Coastal GasLink en territoire ancestral Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique, sont à l'avant-plan de la plainte, qui fait état du caractère arbitraire du traitement des personnes essayant d’entrer sur le territoire par les agents de la GRC.

En réaction à la réponse de la Commission, en conférence de presse, des Wet'suwet'en ont dit qu'ils se sentaient assiégés et criminalisés par les forces de l'ordre, qui, selon eux, outrepassent leur mandat.

La GRC offre de se retirer

Jeudi, la GRC a offert de retirer ses agents le long du tracé du projet de gazoduc Coastal GasLink dans le but de désamorcer les tensions avec les manifestants, confirme le ministre fédéral de la sécurité publique, Bill Blair.

La porte-parole Wet'suwet'en, Molly Wickam, trouve « irrespectueux » qu'une telle annonce ait été faite sans consulter d'abord les chefs héréditaires. « Ça ressemble davantage à une stratégie médiatique », déplore-t-elle.

L'intervention policière au début du mois de février a semé l'émoi dans la province et à travers le pays. Depuis, plusieurs manifestations ont eu lieu un peu partout au Canada, empêchant notamment les trains de rouler sur la plupart des voies ferrées du pays.

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