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Du jus de canneberge ou d'agrumes pour améliorer la salubrité des fruits et légumes

Des légumes à l'épicerie.

Des légumes à l'épicerie.

Photo : iStock / baranozdemir

La Presse canadienne

Asperger les fruits et légumes d'une solution de jus de canneberge ou de jus d'agrumes pourrait aider à en améliorer la salubrité, ont constaté des chercheurs de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS).

Une solution contenant 0,1 % de jus d'agrumes ou 1 % de jus de canneberge est ainsi en mesure d'éliminer le norovirus, qui est une cause courante de gastro-entérite et de diarrhée dans les pays développés, a expliqué en primeur à La Presse canadienne la chercheuse Monique Lacroix.

Toutefois, quand on utilise ces solutions conjointement avec une irradiation aux rayons gamma, des concentrations de 0,01 % de jus d'agrumes et de 0,5 % de jus de canneberge suffisent, a-t-elle dit.

Les industriels veulent avoir des composés qui soient naturels, a rappelé Mme Lacroix.

Ces extraits-là sont naturels, mais évidemment les extraits naturels, ça coûte assez cher. Alors, si on peut les diluer [et] en prendre une moins grande quantité...

Monique Lacroix

Cela aurait aussi l'avantage de réduire de moitié le temps d'irradiation requis pour détruire le virus. Les fruits frais, les légumes frais et aussi la salade, qui est très sensible, ne peuvent pas toujours endurer le temps de traitement nécessaire pour éliminer le virus parce que tu peux produire des oxydations, du brunissement, du ramollissement du tissu, a expliqué Mme Lacroix.

Si on réduit le temps de traitement en utilisant des combinaisons de produits, on peut s'assurer de la salubrité du produit.

Monique Lacroix

Il semblerait que les acides organiques et les polyphénols contenus dans le jus de canneberge et l'extrait d'agrumes altèrent la protéine virale et contribuent à inhiber son activité, rendant le norovirus plus sensible à l'irradiation.

Le Canada ne permet pas pour le moment l'irradiation des fruits et légumes. Le procédé est toutefois utilisé couramment dans une quarantaine de pays, dont les États-Unis, d'où le Canada importe chaque année des quantités incalculables d'aliments.

On permet toutefois au Québec de désinfecter les aliments avec de l'ozone et des rayons UV de courte longueur d'onde (UVC), et Mme Lacroix est d'avis que sa découverte pourrait être utilisée conjointement avec ces deux procédés.

Les combinaisons peuvent se faire aussi avec les UVC et avec l'ozone, a-t-elle dit. Au Québec, il y aurait la possibilité de développer le lavage de la salade avec les produits qu'on a découverts, suivi d'un traitement d'ozone et/ou suivi d'un traitement à l'UVC.

Plus de 77 % des maladies alimentaires seraient dues aux virus, 30 % aux bactéries et 3 % aux parasites, a souligné la chercheuse.

Monique Lacroix

Reste maintenant à voir comment les travaux de Mme Lacroix seront accueillis par l'industrie. Je ne sais pas, a-t-elle confié.

Depuis le début de ma carrière, je voulais essayer de voir (l'effet) des extraits naturels sur les virus et comment on peut développer des combinaisons de traitements pour éliminer les virus, alors je suis très contente d'être arrivée à ces résultats.

Monique Lacroix

Les détails de la découverte de Mme Lacroix ont été publiés dans le Journal of Applied Microbiology (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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