•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Saint-Lambert : la police remet l'injonction aux manifestants qui refusent de partir

Un homme tend une feuille de papier à un homme assis, tenant une pancarte, dehors.

Le CN a obtenu une injonction pour forcer les manifestants à quitter les lieux.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Desrosiers

Radio-Canada

Après avoir remis, peu avant 19 h, l'injonction visant à démanteler la barricade installée mercredi après-midi, les policiers de l'agglomération de Longueuil ont quitté les lieux vers 20 h 30. Les manifestants – non autochtones, pour la plupart – n'ont pas l'intention de cesser de bloquer une voie ferrée du Canadien National (CN) qui traverse la ville de Saint-Lambert, en banlieue de Montréal.

L'injonction est en vigueur jusqu'au 28 février à 16 h.

Selon le document du tribunal, les manifestants doivent s'abstenir d'entraver physiquement, de gêner, de retarder, de porter physiquement atteinte [...] ou de nuire à l'exploitation du service de train.

Le CN a indiqué qu’il continuera à collaborer avec les autorités policières locales afin de de faire respecter ces injonctions, mais la compagnie n’accordera pas d’entrevues.

Les policiers ont indiqué qu'ils donnaient un délais raisonnable aux manifestants afin qu'ils prennent connaissance de l'injonction, sans donner d'autres précisions.

De leur côté, les manifestants ont lancé des appels aux renforts sur les réseaux sociaux. Selon notre journaliste sur place, les manifestants ont reçu du bois pour se réchauffer ainsi que de la nourriture.

Legault veut une intervention rapide

Plus tôt, le premier ministre François Legault avait souhaité un démantèlement rapide de la barricade.

Il y a une injonction qui a été demandée et, dès que l’injonction sera obtenue, on va démanteler, a déclaré M. Legault.

Or, le CN a obtenu cette injonction mercredi soir, selon son porte-parole Olivier Quenneville.

Des sources ont toutefois indiqué à Radio-Canada que la livraison de l’injonction aux manifestants avait été retardée en raison d'un enjeu de traduction. Les avocats du CN ont en effet utilisé un modèle en anglais qui devait être traduit et soumis à nouveau au juge.

Il fallait ensuite imprimer un nombre suffisant de copies pour les remettre aux manifestants.

Si ceux-ci refusent de plier bagage, les policiers devront alors intervenir.

Plus tôt dans la soirée, dans une brève déclaration aux médias, une porte-parole du groupe a affirmé que les manifestants, qui sont quelques dizaines, n’avaient pas l’intention de quitter les lieux. Le Canada est bloqué jusqu’à nouvel ordre. La proposition est simple, les protecteurs et protectrices de l’eau et de la terre sont appelés à bloquer le pouvoir colonial : ports, ponts, routes, rails, partout, maintenant.

Des manifestants sur une butte de neige; l'un d'eux tient une banderole.

Des manifestants bloquent la voie ferrée à Saint-Lambert depuis mercredi.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

C’est sur un territoire qui est québécois, ce n’est pas sur un territoire qui appartient aux Autochtones, a souligné M. Legault, quand il a été invité à expliquer pourquoi cette barricade ne serait pas tolérée aussi longtemps que d'autres, comme celle de Kahnawake.

N'est-ce pas du deux poids, deux mesures? lui a demandé un journaliste.

À Kahnawake, techniquement, ce sont les Peacekeepers qui sont responsables de faire appliquer les lois, c’est un territoire autochtone. Oui, il y a une différence entre les deux, a convenu le premier ministre Legault, qui a dit attendre avec impatience de connaître le plan de sortie de crise d'Ottawa.

Une banderole flotte au vent.

Banderole en appui à la nation Wet'suwet'en à l'intersection des rues Saint-Georges et Saint-Charles à Saint-Lambert, au Québec.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Des gens de divers horizons font partie des manifestants. Le gros message de ça, c’est de [montrer] que les gens se sentent concernés autant par la question de l’environnement que la souveraineté autochtone, a souligné l'un d'eux à Radio-Canada.

Il faut qu’on soit solidaires de ces gens-là parce que, ce qui arrive là-bas – l’imposition d’un projet comme celui du gazoduc – ça peut arriver ailleurs. Et ici avec GNL, ça se peut que ça arrive.

Un manifestant, travailleur de la construction

Opposé au projet de gazoduc Coastal GasLink en construction en Colombie-Britannique, ce manifestant réclame aussi le départ des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) près des territoires traditionnels de la nation Wet'suwet'en.

La voie ferrée occupée par des manifestants.

La voie ferrée empruntée par notamment les trains d'exo est bloquée à Saint-Lambert.

Photo : Radio-Canada / Diana Gonzalez

Les transports perturbés

Pendant ce temps, des milliers d'usagers des trains de banlieue d'exo et de VIA Rail sont toujours privés de service.

Dans la région de Montréal, les 5000 usagers quotidiens de la ligne exo 3 qui relie Mont-Saint-Hilaire au centre-ville de Montréal devront trouver un autre moyen de transport jusqu'à nouvel ordre.

Exo est déjà touché depuis une dizaine de jours par une interruption du service de train de banlieue sur la ligne exo 4 entre Candiac et le centre-ville de Montréal, car des manifestants autochtones ont mis en place une barricade dans la réserve mohawk de Kahnawake.

VIA Rail a, de son côté, repoussé à samedi la reprise du service de trains entre Montréal et Québec, qui était prévue pour jeudi.

Le transport de marchandises est également paralysé depuis deux semaines maintenant.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !