•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une vision du développement de Matane pour les 10 prochaines années

Une image projetée où on peut lire « Présentation, aménagement du centre-ville avec Pierre Thibault ».

L'architecte Pierre Thibault a présenté, mercredi, sa vision du développement du centre-ville de Matane pour les 10 prochaines années.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Joane Bérubé

Invité en septembre 2018 à présenter l’état de ses réflexions sur l’aménagement du centre-ville de Matane, l’architecte Pierre Thibault était de retour devant la population, mercredi soir, pour exposer plus en détail ce que pourrait être Matane dans 10 ans.

Plus de 150 personnes, soit une assistance comparable à celle de la première présentation, se sont déplacées pour entendre les propositions du célèbre architecte sur le développement urbain de leur municipalité.

Le coeur de la démarche est de remettre en valeur les beautés de la ville de Matane. Pierre Thibault rappelle que peu de ville peut avoir ce lien direct entre la mer, la rivière et le centre-ville. C’est, dit-il, trois secteurs qui sont à distance à pied et qui ont chacun leurs particularités. C’est très rare, le long du fleuve, de voir une ville qui regroupe tout ça à proximité dans son centre-ville.

Un homme debout devant des rideaux noirs

L'architecte estime que le centre-ville de Matane est unique en intégrant dans un secteur relativement petit un accès à la mer, à une rivière à saumon et à un parc.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

La démarche de Pierre Thibault n’a guère changé depuis deux ans. Il souhaite reconnecter ces trois secteurs par des accès piétonniers et des pistes cyclables. Les idées d’aménagement sont axées vers ce lien avec la mer ou la rivière : revitaliser les façades, planter des arbres, créer un réseau d’éclairage, construire de petits abris, diminuer l’espace accordé aux voitures, aménager une place publique près de la rivière, repenser le mobilier urbain pour permettre aux gens d’admirer les couchers de soleil ou aménager un trottoir de bois en bord de mer.

Au cours des derniers mois, le travail de l’architecte avec le comité d'aménagement du centre-ville a été de peaufiner cette vision de l’aménagement. Pierre Thibault donne l’exemple de la rue Saint-Jérôme. On a défini le profil de la rue, qu’elle était la largeur des trottoirs, où étaient les arbres, la largeur de la piste cyclable de la rue, où est le stationnement. On a travaillé sur ces éléments-là pour qu’au moment où les budgets seront là, on sache à ce moment-là quelle est l’empreinte du projet.

Une esquisse des propositions d'aménagement pour la rue Saint-Jérôme de Matane

Si la proposition est acceptée, la rue Saint-Jérôme, la principale rue du centre-ville, deviendrait une rue à sens unique bordée d'arbres qui donne une place prépondérante aux piétons et aux cyclistes.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

Même si certaines idées ont été développées, la vision de l’aménagement proposée par l’architecte demeure un guide pour orienter le choix des élus. Plusieurs projets au cours des prochaines années viendront changer le visage du centre-ville de Matane.

Des occasions à venir

Le maire Jérôme Landry a fait état, lors de la soirée, du projet d’enfouir les poteaux de fils électriques de la rue Saint-Jérôme, à partir de l’intersection de la rue Saint-Christophe au pont Marie-Marsolais. Ces travaux seraient, selon le maire, une occasion de réaménager complètement la rue et de lui donner le cachet imaginé par Pierre Thibault.

De même, le barrage du centre-ville devra être reconstruit.

Le chantier pourrait commencer d’ici deux ou trois ans. Des discussions sont en cours avec le Centre hydrique du Québec, responsable de reconstruction, pour que la Ville puisse conserver un accès pour les piétons et les vélos.

Idéalement, indique le maire, les élus souhaiteraient que cet accès soit assez large pour y planter des végétaux.

Une projection où on voit trois propositions d'aménagement.

Pierre Thibault propose un réaménageant des accès à la rivière ainsi que des rues du centre-ville pour favoriser le transport actif.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

C’est une portion des travaux qui doit être négociée et qui risque de ne pas être financée par le Centre hydrique.

De même, la reconstruction de la passe migratoire, située près du barrage, fera aussi l’objet de nouvelles réflexions.

Pierre Thibault propose la construction d’une tour qui offrirait une vue sur le fleuve et l’embouchure au nord, sur le parc des Îles et la rivière au sud. Les vitrines qui permettent d’observer la montaison des saumons seraient aménagées au sous-sol de la tour dont le financement devra être assurer par la ville si aucun programme n’est adapté à ce type de projet.

La limite

C’est le cas d’ailleurs pour la réfection de la marina qui tarde malgré une détérioration évidente. Des travaux majeurs de plus de 5 millions de dollars auraient dû être lancés en 2018, mais la Ville a refusé d'aller de l'avant sans une aide financière du gouvernement.

L’exemple de la marina a d’ailleurs été soulevé par un citoyen lors de la partie de la soirée consacrée aux questions et commentaires des citoyens.

Des murs qui ont besoin de réparation à la marina de Matane.

La Ville n'a pas voulu investir pour réparer les caissons de la marina.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschenes

La réponse donnée à un autre citoyen, sur la question de la localisation du marché public, a aussi permis de voir que cette vision de l’aménagement devait être partagée pour donner des résultats.

Matane souhaite aménager un nouvel espace pour le marché qui se tient depuis des années à l’aréna municipal, ce qui ne favorise ni son développement ni la fréquentation par les touristes.

Le projet promis pour cette saison ne pourra voir le jour qu’en 2021 en raison, selon le maire, d’un différend sur la localisation.

Les producteurs souhaiteraient s’implanter à la place des Rochelais, tandis que le comité qui a travaillé avec Pierre Thibault privilégie un espace près des bureaux de la commission scolaire.

Un public invité à s'engager

En fin de rencontre, un des membres du comité, Nicolas Rail, s’est d’ailleurs interrogé publiquement sur la volonté politique de faire vivre ce projet qui donnerait un visage complètement différent au centre-ville de Matane. Ce que je ne souhaite pas c’est que ça finisse sur une tablette. Il a été chaudement applaudi. Le maire s’est dit certain d’avoir l’appui des employés et des citoyens.

Des gens assis dans une salle.

Environ 150 personnes ont répondu à l'invitation.

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

La réponse est aussi venue d’Annie Veillette, la plus jeune des membres du conseil municipal, qui espère que le projet sera pris en charge par les citoyens.

Le centre-ville, dit-elle, ce n’est pas le centre-ville du conseil, c’est notre centre-ville, c’est votre centre-ville. On va tous en profiter si le centre-ville est plus intéressant, est mieux aménagé, répond plus à nos besoins, si on peut se promener, profiter de la nature, des beaux attraits qu’on a. Alors, l’idée, c’est de voir comment impliquer le plus de gens possible qui veulent participer. On a besoin de partenaires, de citoyens qui veulent mettre leur grain de sel.

Les citoyens qui veulent s’engager dans un aspect ou l’autre du projet sont invités à communiquer avec la Ville.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Urbanisme