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Des Métis sur les traces du chemin Dawson en traîneau à chiens

Marc-André Belcourt en expédition sur un traîneau à chiens.

Marc-André Belcourt parcourra 150 km avec son attelage de huit chiens entre Kenora, en Ontario, et la rivière Whitemouth, au Manitoba.

Photo : Radio-Canada / Chloé Dioré de Périgny

Chloé Dioré de Périgny

Pour s’assurer que les Métis auront une représentation dans les célébrations du 150e anniversaire du Manitoba, un couple de Manitobains a mis sur pied une expédition le long du chemin Dawson, la première route à avoir rejoint la Colonie de la rivière Rouge et les Grands Lacs. Sa première portion : un parcours de 150 km en chien de traîneau.

Ce n’est que le début, on écrit l’histoire!, s'enthousiasme Armand Jerome, après le départ de l’expédition 2020 des Métis de la rivière rouge mardi. Ce voyage est l'aboutissement d’un an et demi de préparation pour le Métis et sa femme, Kelly.

Avant d’opter pour un moyen de transport hivernal, Armand Jerome envisageait d'effectuer cette expédition du 150e anniversaire du Manitoba sur des charrettes de la rivière Rouge.

Depuis plus de 20 ans, fier de sa culture, il parcourt toujours le Manitoba et la Saskatchewan en utilisant ces carrioles typiques du 19e siècle dans les Prairies.

Je savais que je devais ralentir la cadence à un moment, témoigne-t-il. Je suis allé voir ma femme, Kelly, et je lui ai dit : "J’aimerais faire une dernière expédition, une grosse, pour le 150e anniversaire du Manitoba."

Pour cette grande dernière, il a choisi de suivre les traces du chemin Dawson, la route historique et symbolique des premières expéditions vers l’Ouest.

Ce chemin, qui relie Thunder Bay, en Ontario, à Fort Garry, à Winnipeg, a été arpenté par S. J. Dawson en 1858. Il a beaucoup été utilisé au 19e siècle, notamment pour l'expédition de la rivière Rouge, envoyée en 1870 pour superviser la passation des pouvoirs entre le gouvernement provisoire dirigé par Louis Riel et le gouvernement fédéral.

En étudiant l’itinéraire, Armand Jerome s’est toutefois rendu compte qu’une partie du trajet n’était pas praticable l’été. Il lui est donc venu l’idée de séparer l’expédition en deux : l’une, en février, en traîneau à chiens, l’autre, en charrette de la rivière Rouge, au printemps, une fois la neige fondue.

Des huskies sont en train d'être attelés à un traîneau.

Après avoir passé deux heures dans des cages pour être amenés à Kenora, les huit huskies de Marc-André Belcourt ont été attelés, débordant d'énergie.

Photo : Radio-Canada / Chloé Dioré de Périgny

150 km dans la nature 

Si l’équipe devait être plus importante pour cette première portion hivernale, un seul pilote d'attelage et ses huit chiens se sont finalement élancés du lac des Bois, en Ontario, avec un représentant de la Fédération métisse du Manitoba.

Marc-André Belcourt, le meneur de chiens, n’en est pas à sa première expédition. L’Ontarien tient une entreprise de chiens de traîneaux à Richer, à une trentaine de minutes de Winnipeg, avec sa femme, Samantha.

Marc-André Belcourt vêtu d'un manteau devant le traîneau.

Le meneur de chiens Marc-André Belcourt a été contacté par les organisateurs pour diriger l'expédition.

Photo : Radio-Canada / Marouane Refak

On parcourt environ 50 km en une journée, les chiens sont habitués à faire ça, indique Marc-André Belcourt. Si ça pousse à 100 km ou 150 km par jour, c’est plus exigeant, mais là ça va être une journée ben relaxe pour eux.

Une équipe de soutien, constituée notamment de Kelly Jerome, d’Armand Jerome et de Samantha Belcourt, sera cependant déployée à certains points du parcours pour s’assurer du bon déroulement de l’expédition.

Un husky aux yeux vairons dans une cage.

Samantha et Marc-André Belcourt ont 17 compagnons à quatre pattes.

Photo : Radio-Canada / Marouane Refak

Des motoneigistes manitobains et ontariens feront également une partie du chemin avec le meneur de chiens pour être certains qu’il suive le bon chemin, précise Kelly Jerome.

Elle explique qu’une portion du chemin Dawson était impraticable et a pu être rouverte notamment grâce à l’appui de la Fédération métisse du Manitoba (MMF).

Carte où sont indiqués les lieux de départ et d'arrivée de l'expédition.

L'expédition en traîneau à chien finira à la rivière Whitemouth, au sud de Hadashville.

Photo : Radio-Canada

Le président du Conseil jeunesse de la MMF pour le sud-est de la province, Tyler Thomas, a parcouru les premiers kilomètres dans le traîneau, avant de se faire ramener par une motoneige à Kenora. Il représentait le président, David Chartrand.

Je n’ai jamais vraiment fait de traîneau à chiens avant ça, je suis plutôt excité!, lance le jeune homme vêtu de fourrure de coyote et de loup pour l’occasion.

Tyler Thomas dans un traîneau à chien, vêtu d'un manteau de fourrure à capuche.

Tyler Thomas a été choisi pour représenter la MMF dans ce traîneau semblable à ceux qui étaient utilisés lors des expéditions de commerces de fourrure au 17e et 18e siècle.

Photo : Radio-Canada / Chloé Dioré de Périgny

« Marquer l’histoire »

Affirmer la place des Métis dans les célébrations du 150e anniversaire du Manitoba était l’un des objectifs de cette expédition pour Armand Jerome.

Je savais qu’il allait y avoir de nombreuses célébrations, mais je voulais m’assurer que les Métis sont mentionnés [et] que l'on reconnaisse qu'avec Louis Riel, ils ont joué un rôle déterminant dans la création de cette province.

Armand Jerome, organisteur de l'expédition 2020 des Métis de la rivière Rouge

Cette dimension symbolique ravit également Marc-André Belcourt. Ça nous donne l’opportunité de réfléchir à ce qu’est vraiment le 150e anniversaire du Manitoba d’un point de vue métis, dit le meneur de chiens.

La veille du lancement de l'expédition, un rassemblement de Métis ontariens et manitobains a par ailleurs eu lieu pour célébrer la Journée Louis-Riel et festoyer avant le grand voyage.

Kelly Jerome est dans un traîneau à chien, exposé en intérieur sur un terrain sportif couvert. David Chartrand le conduit. À côté de lui se trouvent un drapeau métis et Armand Jerome.

David Chartrand (à droite) a tenu à essayer le traîneau de l'expédition à Kenora. À sa gauche se trouvent Armand Jerome et, dans le traîneau, Kelly Jerome.

Photo : Radio-Canada / Marouane Refak

La deuxième partie de l’expédition aura lieu en avril et durera environ un mois. Elle partira de Hadashville et finira à Upper Fort Garry le 12 mai, jour de l’entrée du Manitoba dans la Confédération canadienne.

Les charrettes de la rivière Rouge traverseront divers villages manitobains, dont Sainte-Anne, Île-des-Chênes, La Broquerie et Lorette. Des activités seront organisées dans chacun de ces endroits, explique le président de la MMF.

C’est dommage que ces activités ne soient pas faites en partenariat avec la province du Manitoba.

David Chartrand, président de la Fédération métisse du Manitoba

Le premier ministre a une position différente sur le sujet [...] mais cela ne nous empêchera pas de célébrer le 150e, ajoute-t-il.

Cette expédition est importante, non seulement pour les Métis, mais pour l’ouest du Canada, et le pays tout entier, dit David Chartrand. Malgré les périodes sombres, on célèbre l’entrée de la 5e province dans la Confédération.

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