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Un juge suspend l'enquête sur une mère qui a tué sa fille

Christine Longridge et ses deux enfants posent pour la photo debout dans un jardin.

Christine Longridge (à gauche) avec son fils Michael et sa fille Rachael sur cette photo non datée.

Photo : Facebook

Radio-Canada

Un juge d'Edmonton a décidé à la fin du mois de janvier que l'enquête sur la mort de Rachael Longridge, assassinée par sa mère en 2016, devait être suspendue. Il explique que cette enquête n’est pas la bonne voie pour chercher des réponses sur les raisons du passage à l’acte de Christine Longridge, qui était dans un état psychotique délirant à l'époque.

Cette décision est un coup dur pour la famille, qui espérait que l'enquête clarifierait les soins médicaux reçus par Christine Longridge dans les semaines précédant son attaque contre sa fille, âgée de 21 ans au moment des faits.

« Cette enquête mène directement dans des domaines où le tribunal ne peut pas aller, et la frustration de commencer à emprunter des routes dans lesquelles on sera refoulé ne sert à personne », a conclu le juge de la cour provinciale, Larry Anderson.

« Ma mère n'était pas bien quand elle a quitté l'hôpital en novembre 2016 », explique dans un communiqué Michael Longridge qui avait 17 ans lorsque sa mère a tué sa sœur.

Elle n'était pas prête à rentrer à la maison.

Michael Longridge, frère de la victime.

« J'ai perdu une grande partie de ma vie ce soir-là et je pense que nous devrions avoir le droit de savoir pourquoi on a laissé l’état de santé mentale de ma mère se détériorer jusqu'à ce passage à l’acte », écrit-il.

Rachael Longridge, sur une photo scolaire.

Rachael Longridge, 21 ans, pose pour ses photos de fin d'études. Elle était sur le point d'obtenir son diplôme du programme de soins infirmiers de l'Université de l'Alberta.

Photo : Facebook

Pénalement irresponsable

En décembre 2016, Christine Longridge a poignardé sa fille à plusieurs reprises. Elle avait été hospitalisée pour un état psychotique délirant environ cinq semaines avant le meurtre. Bien que sa santé se soit détériorée, elle a été renvoyée à la maison.

Christine Longridge a été jugée non criminellement responsable du meurtre de sa fille en février 2018 en raison se de troubles mentaux. Elle est, depuis, sous la supervision de l'Alberta Review Board, qui a le pouvoir de prendre des décisions concernant la détention et le traitement.

Âgée d'une cinquantaine d’années, elle est aujourd'hui traitée par l’Hôpital de l'Alberta. « Son état s'est stabilisé et elle va bien, mais des questions sur son traitement médical en novembre 2016 la hantent », dit son avocat.

La mort de Rachael Longridge n'a pas déclenché une enquête automatique, comme cela aurait dû être le cas. Celle-ci a été demandée.

Dans ces situations, des preuves sont déposées et des témoins sont interrogés, mais le juge ne peut que recommander des changements pour aider à prévenir des cas similaires.

Lors d'une conférence préalable à l'enquête, l'avocat de la province, les avocats de Services de Santé Alberta et du psychiatre traitant Christine Longridge posaient déjà la question de la pertinence d’une enquête.

Dans un courriel datant de mardi, l'avocat du psychiatre a précisé que son client ne s'opposait cependant pas à l'enquête.

Dans sa décision, le juge a estimé qu'il serait difficile de lier le traitement de Christine Longridge à l'hôpital à la mort de sa fille plusieurs semaines plus tard. Il explique n’être pas « convaincu » qu'on pourrait y répondre par une enquête.

Autres recours

Selon lui, il existe d'autres voies légales pour savoir si quelque chose a mal tourné dans les soins médicaux prodigués avant le meurtre.

Pour la famille, une autre option consiste à faire appel de la décision du juge et à demander un contrôle judiciaire. Dans un communiqué, un porte-parole de Services de santé Alberta a déclaré que l'autorité sanitaire soutenait la position du juge en précisant qu'une enquête ne révélera rien de plus que la procédure pénale.

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Alberta

Santé mentale