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Des employés d’EDC craignent d'avoir été exposés au coronavirus

La devanture d'un siège social à Ottawa.

Le siège social d'EDC au 150 rue Slater à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Antoine Trépanier

Un cas de coronavirus a été répertorié dans l’immeuble qui abrite les bureaux d’Exportation et développement Canada (EDC) à Singapour. Si aucun employé de la société de la Couronne n’a ressenti de symptôme, certains d’entre eux sont rentrés au pays, selon ce qu’a appris Radio-Canada, et ont depuis fréquenté les bureaux d’EDC à Québec et à Ottawa avant d’être mis en isolement préventif et contraints de retourner à Singapour.

Ce sont 10 employés d’EDC qui travaillent dans les bureaux situés au 34e étage de la tour 3 du Centre financier Marina Bay. Cet immeuble de 46 étages abrite quelque 5000 travailleurs et, la semaine dernière, le média local The Straits Times signalait que 300 employés ont été évacués de l’édifice. Une lettre a depuis été envoyée aux locataires de la tour pour les informer de la situation.

Le gouvernement de Singapour confirme que l’employé de DBS Asia Central contaminé par le coronavirus, un homme de Singapour âgé de 62 ans qui n’avait pas voyagé en Chine récemment, a visité les bureaux avant d’être admis à l’hôpital. À ce jour, on compte 84 cas de coronavirus à Singapour, dont 34 ont obtenu leur congé de l’hôpital.

Par courriel, EDC assure que l’immeuble demeure ouvert et que l’agence reçoit régulièrement des nouvelles du personnel de Singapour. D’ailleurs, aucun employé d’EDC n’a signalé de symptôme et tous semblent bien se porter, soutient la société d’État.

Les bureaux d'EDC à Québec.

Des employés d'EDC ont depuis fréquenté les bureaux d’EDC à Québec et à Ottawa avant d’être mis en isolement préventif et contraints de retourner à Singapour. Ici l'édifice d'EDC à Québec.

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

Toutefois, selon les informations obtenues par Radio-Canada, quelques employés de l’organisme à Singapour ont fréquenté durant cette période ses bureaux de Québec et d’Ottawa. EDC a son siège social au 150 rue Slater à Ottawa et son bureau de Québec est situé au 2875 boulevard Laurier.

Le cas de coronavirus a été officiellement déclaré le 12 février à Singapour, mais on ignore à quelle date exacte les employés de ce bureau ont visité le Canada la semaine dernière et à quel moment ils ont été contraints de s’isoler de façon préventive.

Employés renvoyés à Singapour

Bon nombre d’employés de partout au pays et de l’étranger sont présentement à Ottawa pour la semaine des conférences d’EDC avec comme point culminant une grande rencontre au Centre Shaw vendredi. Les employés de Singapour devaient assister à cet événement.

Dans une note interne envoyée à tous les employés mardi soir, la première vice-présidente aux ressources humaines d’EDC, Stephanie Butt Thibodeau, a écrit que les employés du bureau de Singapour qui ont voyagé au Canada avant que nous soyons au fait de la situation ont depuis quitté le Canada et nous les remercions encore pour leur coopération.

Deux photos de bureaux et leur emplacement respectif.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le siège social d'EDC à Ottawa et les bureaux d'EDC à Singapour.

Photo : Radio-Canada / Montage photo : Laury Dubé

EDC a refusé notre demande d’entrevue, mais, par courriel, la société de la Couronne affirmait lundi qu’aussitôt que nous avons été informés de la situation, nous leur avons demandé de ne plus se rendre dans nos bureaux et d’éviter toute activité publique, et ce, même s’ils n’ont signalé aucun symptôme.

Nous avons mis ces mesures en place afin de faire preuve d’une extrême prudence et nous nous sommes assurés qu’elles étaient appropriées en consultant des responsables de la santé publique, écrit la porte-parole de l’organisme, Zoé de Bellefeuille.

On est inquiets et on a peur, dit un membre du personnel

Bien que ce soit une société de la Couronne, EDC ne compte pas de syndicat pour représenter ses employés. Selon nos informations, bon nombre d’entre eux s’inquiètent des mesures en place pour prévenir la propagation du virus et du manque de communications internes.

Une source confidentielle a confié à Radio-Canada qu’elle s’inquiète du manque de transparence de son employeur. De plus, cette personne craint que des employés ayant été en contact avec un cas de coronavirus aient côtoyé les employés de Québec et d’Ottawa sans être au courant de la situation.

Le siège social de la société d'État à Ottawa.

Bien que ce soit une société de la Couronne, EDC ne compte pas de syndicat pour représenter ses employés. Ici le siège social de la société d'État à Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

C’est vraiment stressant. Nous, ici, on est inquiets et on a peur. On ne comprend pas pourquoi on est mis à risque. On n’est pas informés. On apprend des choses entre employés, raconte cette personne qui a accepté de témoigner sous le sceau de la confidentialité, par crainte d’être congédiée.

Par courriel, EDC soutient qu’afin de pouvoir continuer à prendre toutes les précautions nécessaires pour assurer la santé et la sécurité de nos employés, nous avons formé une équipe chargée de suivre de près l’évolution de la situation et les conseils des autorités sanitaires.

Rappelons qu’au Canada, on compte huit cas confirmés à ce jour.

Un réel risque?

Selon le microbiologiste clinicien à l’Hôpital d’Ottawa Marc Desjardins, il est difficile de dire si les gestes posés par la société d’État sont adéquats. Ce dernier soutient que plusieurs choses doivent être considérées lorsqu’une telle situation survient, notamment par l’entremise des agences de santé publique et des gouvernements impliqués.

Mais a priori, dit-il, des employés d’un immeuble qui ne se trouvent pas sur le même étage qu’une personne atteinte du coronavirus ne sont pas nécessairement exposés à la maladie et ne sont pas particulièrement à risque.

Au niveau de cette situation-là, on prend des mesures de sécurité parce qu’on n’est pas encore conscient de l’ensemble des données. Il faut trouver l’équilibre entre faire la bonne chose et ne pas alarmer la population.

Marc Desjardins, le microbiologiste clinicien à l’Hôpital d’Ottawa

Pour contracter la maladie, dit-il, il faut généralement deux modes de transmission primaire, soit par contact direct ou indirect. Toutefois, il est tout à fait possible selon lui d’être atteint de la maladie sans ressentir des symptômes.

On n’a pas encore l'ensemble de toutes les données qui nous permettent définitivement de préciser à quel point les personnes infectées peuvent devenir malades. Mais il y a l’évidence qui suggère que plusieurs cas sont soit symptomatiques avec des symptômes modestes ou légers qui ne précipitent pas une attention médicale, explique-t-il.

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Ottawa-Gatineau

Santé publique