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Retard scolaire : un objectif réaliste pour les commissions scolaires ?

Des chaises sont retournées sur les pupitres d'une salle de classe sans élèves.

Une salle de classe

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Claudie Simard

Les commissions scolaires de la Mauricie et du Centre-du-Québec doivent relever un défi de taille au cours des dix prochaines années : réduire le nombre d'élèves ayant un retard scolaire qui est bien au-delà de la moyenne provinciale.

Difficultés d’apprentissages, handicap, parcours en francisation : plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi un élève fait son entrée au secondaire plus tard que les autres élèves.

Le ministère de l’Éducation évalue qu’un élève a un retard scolaire lorsqu’il fait son entrée à l’école secondaire à 13 ans ou plus, et non à 12 ans comme le prévoit le cursus.

Dans sa Politique de la réussite éducative, le ministère de l’Éducation veut réduire le pourcentage des élèves ayant un retard scolaire à 10 %, soit un élève sur 10, d’ici 2030; c’est ce qui représente la moyenne québécoise actuelle.

Pour obtenir ces résultats, plusieurs commissions scolaires de la région devront réduire de moitié le nombre d’élèves ayant un retard scolaire à leur arrivée au secondaire.

Dans la région, la moyenne se situe à près de 20 %, soit un élève sur cinq.

Les résultats des cinq dernières années montrent le chemin parcouru et laissent entrevoir les défis à venir.

Présentement, le pourcentage des élèves ayant un retard scolaire varie entre 3 % et 25 % à travers la province.

Les commissions scolaires, qui se transforment en centres de services en raison de la loi 40, ont le devoir de mettre en place des stratégies pour soutenir les élèves afin qu’ils suivent le rythme établi. L’obtention d’un diplôme est liée au cheminement scolaire selon les experts; les élèves ayant un retard au primaire auront possiblement plus de difficulté à obtenir un diplôme.

Un objectif réaliste?

Les cinq commissions scolaires du territoire ont été contactées pour commenter les résultats obtenus auprès du ministère de l’Éducation.

Seule la commission scolaire du Chemin-du-Roy a refusé notre demande d’entrevue. Le pourcentage des élèves ayant un retard a augmenté, passant de 18,6 % en 2013-2014, à 19,2 % en 2017-2018.

La commission scolaire de l’Énergie obtient les résultats les plus élevés avec un pourcentage de 22,4 % en 2017-2018. Le directeur général Denis Lemaire souligne par contre l’amélioration de 1,2 % en 5 ans.

Il explique ces résultats en indiquant que 60 % des écoles de cette commission scolaire sont en milieu défavorisé. On est conscients que les jeunes qui arrivent sur nos bancs d’écoles n’ont pas tous les outils dit-il.

Cependant, le taux de diplomation est encourageant selon lui. Quand on se compare à des milieux défavorisés comme nous, on est 3 % supérieur au niveau du taux de diplomation. On part de plus loin , mais quand vous regardez la diplomation finale, on est plus en retard.

Il cite en exemple les profils d’intérêts mis en place au cours des dernières années pour encourager les jeunes à rester à l’école et à obtenir leur diplôme. On a 1 400 élèves dans 24 profils, dit-il. Il cite en exemple le basketball, la musique ou le sport équestre.

La réussite scolaire est un long marathon, parfois on ne commence pas tous à la même place, mais ce qui est important c’est l’arrivée.

Denis Lemaire, directeur général, commission scolaire de l'Énergie.
Denis Lemaire, directeur général, commission scolaire de l'Énergie.

Denis Lemaire, directeur général, commission scolaire de l'Énergie.

Photo : Radio-Canada

Est-ce que la commission scolaire réussira à atteindre la cible du ministère? Il répond : probablement qu’on ne sera pas à 10 %, mais probablement qu’on va s’être beaucoup amélioré.

L’exception des Bois-Francs

Une commission scolaire se démarque du lot; celle des Bois-Francs. Ses résultats sont non seulement près de la cible, mais ils se sont améliorés au cours des cinq dernières années, passant de 15,1 % en 2013-2014, à 12 % en 2017-2018.

Quel est le secret de ce succès? C’est beaucoup de choses, c’est un peu comme la recette de la caramilk. Ce n’est pas un seul élément dit à la blague le directeur Alain Desruisseaux.

Il cite en exemple la préoccupation du personnel au redoublement ou encore l’effort pour différencier l’enseignement selon les besoins des élèves, ainsi que la mobilisation des équipes-écoles qui travaillent depuis plusieurs années pour atteindre l’objectif de 10 %.

Quel rôle joue le contexte socio-économique? C’est sur qu’on a pas un grand indice de défavorisation, admet M. Desruisseau. Je ne qualifierais pas notre commission scolaire comme étant ni favorisée ni très défavorisée, dit-il.

La cible du ministère est un objectif réaliste selon lui mais ça ne sera pas nécessairement facile, ajoute-t-il.

Le syndicat de l’enseignement inquiet

Le Syndicat de l’enseignement des Vieilles-Forges ne croit pas que l’objectif de 10 % fixé par le ministère soit réaliste. Sa présidente Claudia Cousin observe de nombreuses difficultés chez les jeunes et souhaite éviter que les professeurs soient soumis à davantage de pression pour les faire réussir.

Elle craint que l’objectif de 10 % ne pousse le personnel à abaisser les exigences pour que davantage d’élèves réussissent; ce qui aurait pour effet de diminuer les statistiques de retard scolaire. Cependant, les élèves ne seraient pas nécessairement prêts à poursuivre leur cheminement au secondaire pour autant selon elle.

Claudia Cousin dénonce ce qu’elle appelle une gestion axée sur les résultats et estime que ce dont les élèves en difficulté ont besoin est un accompagnement accru avec les différents spécialistes travaillant dans les écoles.

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Mauricie et Centre du Québec

Éducation