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Non, cette carte ne prouve pas que le coronavirus a fait diminuer la pollution en Chine

Malgré les mesures en place pour barrer la route au coronavirus, la qualité de l'air en Chine reste généralement mauvaise.

Deux cartes atmosphériques.

La publication a été partagée plus de 1400 fois en quelques jours.

Photo : Capture d'écran - Facebook

Une image qui circule beaucoup semble montrer que le niveau de pollution atmosphérique en Chine a baissé de façon importante depuis le début de la crise du coronavirus. Or, l'indice de qualité de l'air dans plusieurs villes chinoises à l'heure actuelle indique le contraire.

Mise à jour (13 mars 2019) : depuis la publication de cet article, de nouvelles cartes ont été rendues publiques par la NASA, qui semblent montrer une diminution de la pollution en Chine (Nouvelle fenêtre). Ces cartes sont vraies, mais elles mesurent l'oxyde d'azote (NO2) dans l'air, alors que les cartes que nous examinons dans le présent article montrent l'Indice que qualité de l'air. Cette dernière mesure reste variable malgré la baisse du NO2 depuis l'éclosion de la pandémie de covid-19. Vous pouvez consulter la qualité de l'air en Chine en cliquant ici (Nouvelle fenêtre).

Les images qui suivent circulent un peu partout depuis quelques jours. On y voit deux cartes montrant la qualité de l'air en Chine, l'une prise le 18 janvier, l'autre le 16 février, sur le site AirVisual Earth, un outil de visualisation de la pollution atmosphérique (Nouvelle fenêtre) en temps réel.

760 millions de Chinois en quarantaine [10 % de la population mondiale] les usines à l'arrêt... Et les effets sur la pollution atmosphérique en Chine, en deux images [sic], a écrit l'auteur d'une publication Facebook, partagée plus de 4400 fois.

Les deux cartes sur une publication Facebook.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Ces photos circulent aussi sur Twitter.

Photo :  Capture d’écran - Facebook

En effet, dans l'image prise en janvier, la Chine est recouverte de rouge, ce qui indique un indice de qualité de l'air (IQA) se situant entre 150 et 200, ce qui est mauvais. Pire, la capitale, Pékin, est couverte de mauve, ce qui signifie très mauvais, avec un IQA variant de 200 à 300. Dans l'image prise en février, par contre, la Chine est bleue et verte, ce qui indique un bonIQA, oscillant entre 0 et 50.

Ce qui est suggéré, donc, est que le ralentissement de l'économie en Chine, conséquence des mesures mises en place pour stopper la propagation du coronavirus, a eu un effet marqué sur la qualité de l'air.

La pollution toujours importante en Chine

Toutefois, comme le fait remarquer le South China Morning Post, l'indice de qualité de l'air à Pékin, la capitale chinoise, atteignait jeudi dernier le niveau de 222 (Nouvelle fenêtre), soit 22 points au-dessus du seuil très mauvais pour la santé, fixé à 200. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) établit à 25 le niveau recommandé (Nouvelle fenêtre) de l'IQA sur une période de 24 heures.

D'ailleurs, l'article du quotidien hongkongais mentionne que le niveau de pollution généré par les automobiles a diminué de 77 % et celui des autobus, de 39 %, depuis l'éclosion de l'épidémie, ce qui n'a pas empêché les niveaux de pollution de se maintenir à un niveau élevé.

Même sans les émissions dues aux automobiles, les émissions industrielles et celles provenant des centrales au charbon sont suffisantes pour plonger Pékin dans une période de pollution grave de plusieurs jours, en partie à cause de la météo, a expliqué au journal Ma Jun, directeur de l'Institut des affaires publiques et environnementales, une ONG chinoise.

Au moment d'écrire ces lignes, le 19 février, l'AirVisual Earth montrait des taux de pollution assez élevés en Chine.

Une bonne partie de la Chine est recouverte de rouge, ce qui indique une mauvaise qualité de l'air.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La qualité de l'air en Chine le 19 février, selon le site AirVisual Earth.

Photo :  Capture d’écran - AirVisual Earth

De plus, à Wuhan, lieu d'origine de l'épidémie de coronavirus, toujours sous quarantaine, l'IQA se situait à 114, soit mauvais, mercredi après-midi, d'après le site du World Air Quality Index (Nouvelle fenêtre).

Le tableau indique un IQA de 114, soit « mauvais ».

La qualité de l'air à Wuhan, en Chine, le 19 février

Photo : Capture d'écran - World Air Quality Index

L'ambassade des États-Unis en Chine traque aussi, en temps réel, la qualité de l'air à Pékin sur un compte Twitter. Il est vrai qu'on y faisait état, le 16 février, d'un « bon » IQA, avec un minimum de 11.

Mais déjà, le lendemain, l'IQA bondissait à 52. Le 13 février, quelques jours avant la prise de l'image que nous examinons, l'indice était à 232.

Il est donc faux d'affirmer que le taux de pollution atmosphérique a baissé de façon constante partout en Chine depuis la mise en place des mesures de quarantaine.

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