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De nouveaux indices des comportements funéraires des Néandertaliens

L'espèce est disparue de la surface terrestre depuis 30 000 à 40 000 ans.

Gros plan sur le visage d'un Néandertalien.

Représentation de l'apparence d'un Néandertalien.

Photo : Université de York/Allan Henderson

La mise au jour d’un premier squelette articulé de Néandarlien en 25 ans tend à confirmer l’idée que ces cousins aujourd’hui disparus de l’Homo sapiens observaient certains comportements funéraires.

Les os d'une cage thoracique.

Les restes ont été mis au jour dans la grotte de Shanidar, au nord de Bagdad.

Photo : Université de Cambridge/Graeme Barker

Un squelette est dit articulé lorsque ses os sont disposés dans leur position d'origine.

Celui-ci a été mis au jour dans la grotte de Shanidar, en Irak, où avaient été découverts les ossements de dix autres individus dans les années 1960.

Les restes comprennent la partie supérieure du torse et le crâne d'un adulte de 35 à 55 ans. Ce crâne est complet, mais il est aplati par l'accumulation de sédiments pendant des milliers d'années. La main gauche était placée sous la tête, comme un petit coussin.

Le dessin représente une personne couchée sur le côté, les yeux fermées, la main sous la tête..

Un croquis de la Dre Emma Pomeroy montre la position du défunt.

Photo : Université de Cambridge/Emma Pomeroy

Le corps du spécimen nommé Shanidar Z reposait sur le côté gauche, en position fœtale.

Il pourrait d’ailleurs s’agir de la moitié supérieure d’un squelette découvert dans les années 1960.

Les premières analyses montrent que Shanidar Z, dont le sexe reste à déterminer, a vécu il y a plus de 70 000 ans.

Des os posés sur le sol.

Les restes fossilisés d'un Néandertalien.

Photo : Université de Cambridge/Graeme Barker

Repères

  • Les Homo neanderthalensis ont vécu en même temps que nos ancêtres Homo sapiens pendant plusieurs milliers d’années en Eurasie.
  • Les premiers ossements retrouvés associés à l’espèce ont été découverts en 1856 dans une carrière du vallon de Neander en Allemagne (Neandertal en allemand). Ce n’est que plus tard que d’autres restes fossilisés mis au jour plus tôt lui ont été associés.

Des comportements funéraires

Lors de fouilles menées au siècle dernier, l’archéologue américain Ralph Solecki et ses collègues de l'Université de Columbia avaient découvert que certains des corps étaient regroupés. Les scientifiques avaient aussi remarqué la présence de pollen autour de certains squelettes.

Trois hommes sur un site de fouilles.

Le Pr Ralph Solecki apparaît à gauche sur cette photo prise lors des premières fouilles en 1960.

Photo : Smithsonian Institution

Le Pr Solecki avait même avancé qu’il s’agissait probablement d’une preuve que les Néandertaliens enterraient leurs morts en présence de fleurs.

Certains de ses collègues avaient critiqué cette théorie, affirmant que des animaux, ou même les archéologues eux-mêmes, avaient peut-être transporté le pollen dans la grotte.

Il faut savoir que l’interprétation du Pr Solecki était controversée pour l’époque, puisqu’elle laissait à penser que cette espèce disparue du genre Homo était capable d’un certain raffinement culturel. Ce qui défiait l’idée selon laquelle ces sous-hommes trapus n’étaient pas très intelligents et qu'ils étaient plus proches de l’animal que de l’humain.

D’autres études menées plus récemment ont montré que l’Homo neanderthalensi était une espèce complexe, capable de compassion et d’entraide, mais surtout qu’elle était plus intelligente qu’on le pensait.

Les plus récentes fouilles

Lors de fouilles menées en 2018 et 2019, l’archéologue Emma Pomeroy et ses collègues associés à l’Université de Cambridge ont analysé les sédiments autour du squelette à l’aide des techniques actuelles pour constater la présence de pollen ancien et d'autres restes de plantes minéralisées.

La Pre Emma Pomeroy, qui porte un casque protecteur, est penchée sur un morceau de roc..

La Pre Emma Pomeroy au travail dans la grotte de Shanidar.

Photo : Université de Cambridge

Si la Pre Pomeroy était sceptique au départ, elle estime maintenant que cette découverte ravive la possibilité que ces morts aient été inhumés en présence de fleurs.

Je commence à penser que ce scénario est plausible, et je suis impatiente de voir les résultats complets des nouvelles analyses.

Emma Pomeroy

Ce qui est important, c'est l'intention derrière l'enterrement. Vous pouvez enterrer un corps pour des raisons purement pratiques, pour éviter d'attirer des animaux, explique-t-elle.

Si l’intention va au-delà des éléments pratiques, cela indique une pensée plus complexe, symbolique et abstraite, de la compassion et des soins pour les morts, et peut-être des sentiments de deuil et de perte.

Emma Pomeroy

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Antiquity (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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