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Envoyé spécial

Le cinéma d’ici s’éclate à Berlin

Une femme fume une cigarette, assise sur un meuble dans un bureau. En arrière-plan, on aperçoit une autre femme qui parle au téléphone, assise derrière un bureau.

L'actrice Sigourney Weaver, dans le film My Salinger Year. En arrière-plan, l'actrice Margaret Qualley.

Photo : micro_scope

De mémoire, on n'avait jamais vu ça auparavant à Berlin : 16 films canadiens, dont quatre longs métrages, et 5 courts métrages du Québec ont été sélectionnés pour la 70e Berlinale. Ajoutez à cela que le grand honneur d’ouvrir le festival a été confié cette année au réalisateur québécois Philippe Falardeau.

Dès le premier coup d’œil, le Berlinale Palast nous en met plein la vue. Immense, majestueux et tout décoré de rouge, cet amphithéâtre est le palais qui accueillera le film d’ouverture hors compétition du Festival international du film de Berlin de 2020, My Salinger Year, de Philippe Falardeau. Le tapis rouge est presque prêt et demain, jeudi, tous les projecteurs seront braqués sur le réalisateur québécois et les vedettes de son film, Sigourney Weaver (Alien et Quand les femmes s’en mêlent) et Margaret Qualley (Il était une fois à... Hollywood).

Il s'agit d'une chance unique de faire rayonner l’œuvre de Philippe Falardeau. On arrive à un moment critique où le marché principal pour ce film en anglais, c’est les États-Unis. Il n’y a pas de distributeur encore. C’est une stratégie qui était voulue. […] Faire l’ouverture de la Berlinale, ça devient ta première fenêtre de vente, explique le réalisateur.

Une année faste

La Berlinale accueillera pendant deux semaines près de 3500 journalistes et vendra près de 300 000 billets à des cinéphiles avides de voir la sélection de la cuvée 2020. Philippe Falardeau n'est pas l’unique cinéaste du Québec à vouloir en mettre plein la vue. Anaïs Barbeau-Lavalette est en compétition dans la catégorie Generation 14plus. Elle y présentera en grande première mondiale son nouveau film tiré du roman de Geneviève Pettersen, La déesse des mouches à feu.

J’ai très hâte, je suis très fière du film. Je suis fébrile. Le fait de le présenter là-bas avant de le présenter ici… Le grand vertige vient de là, nous a confié la réalisatrice qui avait aussi présenté Le ring (2008) et Inch’Allah (2013) à la Berlinale.

Des jeunes marchent sur un chemin avec un chien.

Le film La déesse des mouches à feu a été réalisé par la Québécoise Anaïs Barbeau-Lavalette.

Photo : Entract Films

Parmi les 400 films choisis par l'équipe de la Berlinale 2020, il y a aussi les longs métrages canadiens Pompei d’Anna Falguères et John Shank, Le vingtième siècle de Matthew Rankin, Anne at 13,000 ft de Kazik Radwanski, et The Two Sights de Joshua Bonnetta. Parmi les courts métrages, soulignons entre autres la présentation de Goodbye Golovin, de Mathieu Grimard, et d’Écume, d’Omar Elhamy. Le Canada est bien représenté.

Grande première cette année, la nouvelle série télé des créateurs de Série noire et des Invincibles s’est taillé une place dans le volet Berlinale Series du festival, qui existe depuis huit ans. Pour présenter en première mondiale C’est comme ça que je t’aime, qui sera télédiffusée en mars sur ICI Tou.tv Extra, le scénariste et comédien François Létourneau et le réalisateur Jean-François Rivard se rendront à Berlin.

Les acteurs et actrices posent habillés et coiffés comme dans les années 1970 devant une voiture d'époque.

François Létourneau, Marilyn Castonguay, Karine Gonthier-Hyndman et Patrice Robitaille dans la série C’est comme ça que je t’aime.

Photo : Jocelyn Michel

André Béraud, directeur des émissions dramatiques et des longs métrages à Radio-Canada, se réjouit : C’est une tape dans le dos pour notre télévision, parce que c’est vrai que le fait d'être choisi parmi toutes les séries soumises et de figurer parmi les huit sélectionnées, c’est une bonne façon d’avoir une fenêtre pour montrer notre talent à travers le monde.

Berlin : une longue histoire d’amour

Visiblement, il y a une histoire d’amour entre la Berlinale et les créateurs et créatrices d’ici. Souvenez-vous qu’en 2009, Philippe Falardeau avait entre autres remporté un Ours de cristal avec son film C’est pas moi je le jure!.

Le même prix avait été remporté en 2018 par Luc Picard pour son film Les rois mongols, et en 2019 par Geneviève Dulude-De Celles pour son film Une colonie. Et qui ne se souvient pas du triomphe en 2012 du film Rebelle de Kim Nguyen ou encore des présences répétées à ce festival du réalisateur Denis Côté (Répertoire des villes disparues).

Une jeune fille blonde regarde au loin.

Émilie Bierre dans le film Une colonie

Photo : Fun Film

Au fil des années, l’intérêt pour le cinéma canadien et le cinéma québécois s’est précisé. Il y a plusieurs années, il y a eu Léa Pool, mais ces dernières années, il y a eu davantage d’ouverture dans toutes les sections, pense le chroniqueur cinéma Michel Coulombe, qui considère la Berlinale comme étant le troisième plus grand festival au monde après celui de Cannes et de Venise.

Dans les coulisses, on brasse des affaires

Tandis que les réalisateurs, les réalisatrices et les vedettes fêteront après avoir foulé le tapis rouge, à l’arrière-scène, les producteurs et productrices s’activeront à la Berlinale pour trouver des acheteurs.

Dans ce festival de catégorie A, il y a un marché du film pour développer des projets cinéma. Téléfilm Canada et la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) seront en mode « affaire » pendant tout l’événement. C’est vraiment l’occasion de faire des affaires, de monter des projets. Nous, la SODEC, on ne va pas juste voir des films. [...] On organise des rencontres entre producteurs pour trouver des coproducteurs. On a 16 producteurs qui ont [demandé d'y participer], explique Louise Lantagne, présidente et chef de la direction de la SODEC.

La Berlinale aura lieu du 20 février au 1er mars. Ce sera sans aucun doute l’occasion pour les cinéastes d’ici de montrer leur talent, mais surtout de le développer à l’international.

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